ENVIRONNEMENT: Un nouveau fonds lancé pour le Bassin du Congo

OSLO, 27 juin (IPS) – Les Premiers ministres de Norvège et de Grande-Bretagne ont lancé un fonds de 200 millions de dollars pour s'attaquer à la déforestation dans le Bassin du Congo, la deuxième forêt tropicale la plus grande du monde.

Lancé à Londres la semaine dernière, le Fonds forestier du Bassin du Congo soutiendra les initiatives venant des gouvernements, de la société civile et du secteur privé qui visent à réduire l'exploitation du bois. Ce fonds financera des projets de subsistance qui cherchent à rendre plus profitable aux communautés locales la préservation de la forêt plutôt que son abattage, de même que le développement de nouvelles approches novatrices. Ceci comprend un nouveau système satellite qui surveillera la forêt — qui fait deux fois la taille de la France et couvre une région de plus d'un million de kilomètres carrés. La forêt tropicale humide du Bassin du Congo abrite environ 50 millions de personnes, 10.000 espèces de plantes, 1.000 espèces d'oiseaux, et 400 espèces d'animaux. Elle couvre la République démocratique du Congo, la plus grande partie de la République du Congo, le sud-est du Cameroun, le sud de la République centrafricaine, le Gabon et la Guinée équatoriale continentale. Les Nations Unies estiment que deux-tiers de cette forêt disparaîtront d'ici à 2040 si rien n'est fait pour empêcher la déforestation. La Grande-Bretagne donne environ 106 millions de dollars et la Norvège, environ 98 millions de dollars au fonds, qui durera jusqu'à 2012. Il sera présidé par le lauréat kenyan du Prix Nobel de la paix, Wangari Maathai, et l'ancien Premier ministre canadien, Paul Martin, et implique la coopération avec les 10 Etats membres de la Commission pour les forêts d'Afrique centrale (COMIFAC). La Banque africaine de développement gèrera directement les plus grands projets et abritera également le secrétariat du fonds. "Le Fonds forestier du Bassin du Congo est une réponse commune à un problème mondial à travers laquelle un mécanisme novateur et consensuel a été adopté", a déclaré Maathai au lancement. "Il implique divers partenaires engagés à préserver et à protéger l'un des écosystèmes les plus rares au monde, la forêt tropicale humide du Bassin du Congo".

Il y a un consensus croissant selon lequel le changement climatique est en train d'être causé et renforcé par l'activité humaine. Le Premier ministre de Norvège, Jens Stoltenberg, estime qu'il n'y a pas de temps à perdre si le monde doit réduire les émissions. "Un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre est causé par la déforestation et la dégradation des forêts. Les forêts du Bassin du Congo seules peuvent contenir plus de 90 milliards de tonnes de CO2 (dioxyde de carbone), qui équivalent approximativement à deux années d'émissions mondiales au taux actuel", a-t-il dit au lancement. "Pour réduire les émissions totales, la communauté mondiale devra prendre des mesures urgentes. Une réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts est essentielle pour s'attaquer au changement climatique". Le fonds vient après l'annonce de la Norvège selon laquelle elle dépensera jusqu'à 580 millions de dollars par an pour préserver la forêt tropicale humide au cours des cinq prochaines années. Il fait également partie d'un fonds pour l'environnement de 1,5 milliard de dollars annoncé par le gouvernement britannique l'année dernière, lequel financera des projets aidant les pays en développement à s'adapter au changement climatique, à développer des technologies propres et à réduire la déforestation. Le programme de surveillance par satellite, l'un des premiers projets à être soutenu par le fonds du Bassin du Congo, comprend l'envoi d'un satellite dans l'espace avec une caméra de pointe pour surveiller les niveaux de la déforestation. Cette caméra, qui devrait être opérationnelle d'ici à la fin de 2010, montrera les clairières et les tentatives des bûcherons qui indiquent le degré de la déforestation. Elle surveillera également les changements environnementaux et la pollution offshore.