NAIROBI, 25 jan (IPS) – Malgré le bilan dévastateur des privatisations de sociétés distributrices d'eau en Afrique, des donateurs internationaux et des gouvernements continuent de promouvoir la participation comme la solution à la crise d'eau en Afrique, déclare Al Hassan Adam, organisateur du Réseau africain de l'eau.
Il s'exprimait au lancement du réseau qui a connu la participation de plus de 250 activistes — représentant des groupes de la société civile de plus de 40 pays africains — au Forum social mondial à Nairobi, au Kenya, mercredi.
"Ce réseau ira à l'encontre de cette campagne malencontreuse de privatisation de l'eau dans les pays africains et luttera plutôt pour le bien commun des pauvres à avoir accès à l'eau potable", a indiqué Al Hassan Adam qui est un activiste ghanéen.
"Le lancement de ce réseau devrait faire savoir aux commanditaires de la privatisation, aux gouvernements et aux institutions financières internationales que les Africains résisteront à la privatisation", a-t-il ajouté. "L'eau est un droit de l’Homme et requiert que les gouvernements fournissent l'eau à travers une distribution publique efficace".
Dans une déclaration énergique, le réseau a souligné cinq principes non négociables qu’il défendra. Ils comprennent, entre autres, la lutte contre la privatisation sous toutes ses formes, la participation du public au contrôle et à la gestion des ressources en eau, l'opposition à toutes les formes de compteurs prépayés d'eau, la garantie que l'eau est partie intégrante de nos constitutions nationales en tant que droit de l'Homme, la garantie que la fourniture de l'eau est un projet national seulement dans le domaine public.
"Aujourd'hui, nous célébrons la naissance de ce réseau pour résister au vol de notre eau, demain nous célébrerons l'accès à l'eau potable pour tous", a déclaré Virginia Setshedi, de la Coalition sud-africaine contre la privatisation de l'eau.

