ECONOMIE-DROITS: L'Afique de l'Est divisée au sujet de l'Action Affirmative.

NAIROB, 25 mai (IPS) – A l'instar de plusieurs documents produits
après la
conférence des Nations Unies sur les femmes et le développement en
1995 à
Beijing, un protocole d'accord pour la réimplantation d'une
Communauté de
l'Afrique de l'Est (EAC) consacre quelques lignes aux questions
liées au genre.

Mais plusieurs participants présents se demandent si ce protocole
va être
suivi et contribuer réellement à la suppression des barrières qui
empêchent
la participation des femmes au développement économique dans les
trois pays
membres de l'ECA que le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda.
En effet, le ministre kenyan chargé de la coopération régionale,
Nicholas
Biwott, a clairement notifié ce mois, lors du lancement du
protocole
d'accord qu'aucune mesure particulière ne serait prise en faveur
des femmes.
"Nos femmes sont décidées, elles n'ont pas besoin d'une action
affirmative", a laissé entendre Biwott". Nous représentons les
sexes
sensibles au sein de la communauté et les femmes sont pour la
plupart les
bienvenues à y participer, mais nous n'avons pas introduit
l'action
affirmative".
L'approbation n'est pas totale. Selon Grace Onyango, une
couturière ici,
l'absence d'action affirmative signifie que les Etats membres de
l'ECA ne
sont prêts à relever le statut des femmes." Ceci n'est pas le
premier
document qui relate la manière dont les femmes seront mandatées et
rien ne
ressort de cela", déclare-t-elle.
Pendant que Biwott évite la possibilité d'une action affirmative
en matière
d'intégration économique, au moins un pays sur les trois que
compte l'ECA
-Ouganda- l'a essayé pour tenter de minimiser les déséquilibres.
En Ouganda, l'action affirmative a contribué à l'amélioration de
l'éducation
des filles à travers le système universel d'éducation primaire
(UPE), selon
lequel deux enfants sur quatre de chaque famille, dont l'éducation
est
sponsorisée par le gouvernement doivent être des filles.
Le gouvernement du président Yoweri Museveni a également
promulgué une loi
stipulant qu'au moins un tiers des sièges parlementaires et
municipaux
serait destiné aux femmes, et l'Ouganda est le seul pays africain
qui a une
femme comme vice-président.
Pourtant le protocole d'accord de l'ECA n'ignore pas les
inégalités qui
caractérisent les sociétés de l'Afrique de l'Est. Son chapitre 22
est
consacré à de telles questions. Il note, par exemple, que l'ECA,
dont le
secrétariat est basé à Arusha au Nord de la Tanzanie, proposera
des mesures
pour éliminer les préjudices portés contre les femmes. Ces mesures
englobent
les programmes d'éducation visant à changer les comportements
négatifs
adoptés envers les femmes.
Si le protocole d'accord est adopté, il pourrait préparer le
terrain à la
suppression des lois comme celle qui oblige à la femme kenyane
d'obtenir le
consentement rédigé de son époux, son père ou son frère pour avoir
accès à
un passeport ou une autorisation de voyager hors de son pays.
Le chapitre 22 vise aussi l'abolition des coutumes et autres
règlements qui
établissent une discrimination à l'encontre des femmes, l'idée
étant de
paver la voie pour les femmes, qui constituent la majorité des
petits
entrepreneurs, à fin qu'elles soient davantage impliquées dans le
commerce
extérieur.
L'avant projet soutient qu'avec la création d'un marché commun Est
Africain
– l'un des objectifs de la CEA- tous les pays de l'Afrique de
l'Est pourront
avoir un passeport commun, qui assurerait la libre circulation des
personnes
et des biens à travers les frontières, indique Biwott.
La Communauté des Etats de l'Afrique de l'Est envisage aussi
d'avoir un
Parlement et un Tribunal commun en vue de consolider l'intégration
des trois
pays et leur population de 80 millions d'habitants. "Nous ne
voulons pas en
arriver à la situation de 1977 lorsque l'ECA s'était dissoute", a
affirmé
Biwott.
L'absence des idéaux politiques communs et la répartition inégale
des
bénéfices résultant de la coopération étaient citées comme raisons
principales pour de la dislocation l'ECA en 1977. "La communauté
ne
pouvait plus alors survivre puis que l'Ouganda était sous un
régime
militaire, la Tanzanie sous un système socialiste, pendant que le
Kenya
pratiquait un système capitaliste", a indiqué Biwott.
En 1993, les présidents Daniel Arap Moi du Kenya, Yoweri Museveni
de
l'Ouganda et Ali Hassan Mwinyi (de la Tanzanie -plus tard
remplacé par
Benjamin Mkapa) ont engagés des pourparlers pour reprendre la
communauté. Le
dernier résultat des négociations est le protocole d'accord, rendu
public en
début du mois de mai et soumis à trois mois d'étude pour être
ensuite signé
par les Etats respectifs.
Jusqu'à présent aucune réaction substantielle n'a été observée au
sujet de
l'avant projet de la part des Organisations Non Gouvernementales,
mais les
femmes interviewées par IPS se sont plaintes du fait que bien
que l'ECA
ait affirmé qu'elle dispose d'une politique de genre, elle n'a
pas atteint
ses objectifs.
"Cette attitude de 'elles pourront y parvenir n'importe comment'
ne va
jamais améliorer les conditions de vie des femmes africaines", a
déclaré
Njeri Mwaura, une grande femme d'affaires kenyane. "Nous ne
voulons que
l'action affirmative".
D'autres sources ont indiqué que bien que les femmes gèrent la
plupart des
petites affaires dans les trois pays, elles sont confrontées à de
véritables problèmes tels que la concurrence déloyale des
importations
secondaires avec l'avènement de l'économie libérale et ceci doit
être
mentionnée.
"J'aurais voulu d'abord et avant tout que nous soyons à l'abri
des
concurrences déloyales occasionnées par les vendeurs de chaussures
d'occasion", a commenté Anila Patel, gérante d'un magasin de
chaussures à
Nairobi.
Les femmes veulent aussi avoir l'accès facile aux
télécommunications pour
accélérer leurs transactions et faciliter le passage rapide de
leurs
*DESTSERVFRE
*CATAF IP
ECONOMIE-DROITS : L'Afique de l'Est divisE9e au sujet de l'Action
Affirmative.
Par Judith Achieng
NAIROBI, 25 mai (IPS) – A l'instar de plusieurs documents produits
aprE8s la
confE9rence des Nations Unies sur les femmes et le dE9veloppement
en
1995 E0
Beijing, un protocole d'accord pour la rE9implantation d'une
CommunautE9 de
l'Afrique de l'Est (EAC) consacre quelques lignes aux questions
liE9es
au genre.
Mais plusieurs participants prE9sents se demandent si ce protocole
va
EAtre
suivi et contribuer rE9ellement E0 la suppression des barriE8res
qui
empEAchent
la participation des femmes au dE9veloppement E9conomique dans les
trois pays
membres de l'ECA que le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda.
En effet, le ministre kenyan chargE9 de la coopE9ration
rE9gionale,
Nicholas
Biwott, a clairement notifiE9 ce mois, lors du lancement du
protocole
d'accord qu'aucune mesure particuliE8re ne serait prise en faveur
des
femmes.
"Nos femmes sont dE9cidE9es, elles n'ont pas besoin d'une action
affirmative", a laissE9 entendre Biwott". Nous reprE9sentons les
sexes
sensibles au sein de la communautE9 et les femmes sont pour la
plupart
les
bienvenues E0 y participer, mais nous n'avons pas introduit
l'action
affirmative".
L'approbation n'est pas totale. Selon Grace Onyango, une
couturiE8re
ici,
l'absence d'action affirmative signifie que les Etats membres de
l'ECA
ne
sont prEAts E0 relever le statut des femmes." Ceci n'est pas le
premier
document qui relate la maniE8re dont les femmes seront mandatE9es
et
rien ne
ressort de cela", dE9clare-t-elle.
Pendant que Biwott E9vite la possibilitE9 d'une action affirmative
en
matiE8re
d'intE9gration E9conomique, au moins un pays sur les trois que
compte
l'ECA
-Ouganda- l'a essayE9 pour tenter de minimiser les
dE9sE9quilibres.
En Ouganda, l'action affirmative a contribuE9 E0 l'amE9lioration
de
l'E9ducation
des filles E0 travers le systE8me universel d'E9ducation primaire
(UPE), selon
lequel deux enfants sur quatre de chaque famille, dont
l'E9ducation
est
sponsorisE9e par le gouvernement doivent EAtre des filles.
Le gouvernement du prE9sident Yoweri Museveni a E9galement
promulguE9 une loi
stipulant qu'au moins un tiers des siE8ges parlementaires et
municipaux
serait destinE9 aux femmes, et l'Ouganda est le seul pays
africain
qui a une
femme comme vice-prE9sident.
Pourtant le protocole d'accord de l'ECA n'ignore pas les
inE9galitE9s
qui
caractE9risent les sociE9tE9s de l'Afrique de l'Est. Son chapitre
22
est
consacrE9 E0 de telles questions. Il note, par exemple, que l'ECA,
dont le
secrE9tariat est basE9 E0 Arusha au Nord de la Tanzanie, proposera
des mesures
pour E9liminer les prE9judices portE9s contre les femmes. Ces
mesures englobent
les programmes d'E9ducation visant E0 changer les comportements
nE9gatifs
adoptE9s envers les femmes.
Si le protocole d'accord est adoptE9, il pourrait prE9parer le
terrain E0 la
suppression des lois comme celle qui oblige E0 la femme kenyane
d'obtenir le
consentement rE9digE9 de son E9poux, son pE8re ou son frE8re pour
avoir accE8s E0
un passeport ou une autorisation de voyager hors de son pays.
Le chapitre 22 vise aussi l'abolition des coutumes et autres
rE8glements qui
E9tablissent une discrimination E0 l'encontre des femmes, l'idE9e
E9tant de
paver la voie pour les femmes, qui constituent la majoritE9 des
petits
entrepreneurs, E0 fin qu'elles soient davantage impliquE9es dans
le
commerce
extE9rieur.
L'avant projet soutient qu'avec la crE9ation d'un marchE9 commun
Est
Africain
– l'un des objectifs de la CEA- tous les pays de l'Afrique de
l'Est
pourront
avoir un passeport commun, qui assurerait la libre circulation des
personnes
et des biens E0 travers les frontiE8res, indique Biwott.
La CommunautE9 des Etats de l'Afrique de l'Est envisage aussi
d'avoir
un
Parlement et un Tribunal commun en vue de consolider
l'intE9gration
des trois
pays et leur population de 80 millions d'habitants. "Nous ne
voulons
pas en
arriver E0 la situation de 1977 lorsque l'ECA s'E9tait dissoute",
a
affirmE9
Biwott.
L'absence des idE9aux politiques communs et la rE9partition
inE9gale
des
bE9nE9fices rE9sultant de la coopE9ration E9taient citE9es comme
raisons
principales pour de la dislocation l'ECA en 1977. "La
communautE9 ne
pouvait plus alors survivre puis que l'Ouganda E9tait sous un
rE9gime
militaire, la Tanzanie sous un systE8me socialiste, pendant que le
Kenya
pratiquait un systE8me capitaliste", a indiquE9 Biwott.
En 1993, les prE9sidents Daniel Arap Moi du Kenya, Yoweri Museveni
de
l'Ouganda et Ali Hassan Mwinyi (de la Tanzanie -plus tard
remplacE9
par
Benjamin Mkapa) ont engagE9s des pourparlers pour reprendre la
communautE9. Le
dernier rE9sultat des nE9gociations est le protocole d'accord,
rendu
public en
dE9but du mois de mai et soumis E0 trois mois d'E9tude pour EAtre
ensuite signE9
par les Etats respectifs.
Jusqu'E0 prE9sent aucune rE9action substantielle n'a E9tE9
observE9e au sujet de
l'avant projet de la part des Organisations Non Gouvernementales,
mais
les
femmes interviewE9es par IPS se sont plaintes du fait que bien
que
l'ECA
ait affirmE9 qu'elle dispose d'une politique de genre, elle n'a
pas
atteint
ses objectifs.
"Cette attitude de 'elles pourront y parvenir n'importe comment'
ne va
jamais amE9liorer les conditions de vie des femmes africaines", a
dE9clarE9
Njeri Mwaura, une grande femme d'affaires kenyane. "Nous ne
voulons
que
l'action affirmative".
D'autres sources ont indiquE9 que bien que les femmes gE8rent la
plupart des
petites affaires dans les trois pays, elles sont confrontE9es E0
de
vE9ritables problE8mes tels que la concurrence dE9loyale des
importations
secondaires avec l'avE8nement de l'E9conomie libE9rale et ceci
doit
EAtre
mentionnE9e.
"J'aurais voulu d'abord et avant tout que nous soyons E0 l'abri
des
concurrences dE9loyales occasionnE9es par les vendeurs de
chaussures
d'occasion", a commentE9 Anila Patel, gE9rante d'un magasin de
chaussures E0
Nairobi.
Les femmes veulent aussi avoir l'accE8s facile aux
tE9lE9communications pour
accE9lE9rer leurs transactions et faciliter le passage rapide de
leurs