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(IPS) – ENVIRONNEMENT : L'extinction massive des animaux est encours.

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Par Danielle Knight
WASHINGTON, 23 mai (IPS) – Les taux d'extinction des mammifères
tels que le
poisson, les oiseaux, les amphibiens et les reptiles, seraient de
100 à 1000
fois supérieures à la normale, et seraient nettement en hausse,
selon un
sondage publié samedi dernier par le Worldwatch Institute.
"Nous sommes au milieu d'une extinction massive, un événement
jamais
remarqué depuis la disparition des dinosaures, il y a 65 millions
d'années", a déclaré John Tuxill, membre du comité des
écologistes de
Washington. "Mais, contrairement aux dinosaures, nous ne sommes
pas
seulement témoins de l'extinction massive des animaux, mais nous
en sommes
la cause".
Près d'un vertébré sur quatre est en danger, a révélé l'enquête.
La plupart
des espèces en péril seraient limitées à de petites populations ou
feraient
face au déblayage, à la construction des routes, à la chasse
excessive, à la
pêche et à d'autres activités.
En 1996, l'union mondiale pour la conservation de la nature (IUCN)
dont le
siège est en Suisse, a découvert, conjointement avec 600
scientifiques, que
25 pour cent des mammifères et des amphibiens, 11 pour cent des
oiseaux, 20
pour cent des reptiles et 34 pour cent des espèces de poisson,
étudiés sont
menacés d'extinction.
Entre 5 et 14 pour cent des espèces de ces groupes, sont
"menacées".
L'examen du fossile des invertébrés marins suggère que le taux
naturel
d'extinction ayant prévalu pendant des millions d'années avoisine
une espèce
sur 10 par an, selon l'enquête. La diminution du nombre des
invertébrés est
le signe du déclin général de plusieurs aspects du monde naturel,
a expliqué
Tuxill.
"Les plantes, les insectes, les escargots et plusieurs autres
organismes
sont aussi menacés", a-t-il dit. "Ensemble, toutes ces formes de
vie
représentent ce que les scientifiques appellent la biodiversité :
La
diversité de la vie qui est à la base de tout, depuis la
production
alimentaire jusqu'à la kyrielle des médicaments essentiels".
Contrairement à la destruction d'autres aspects de
l'environnement, la perte
de la diversité des espèces ne peut pas être inversée, à en croire
Tuxill.
"La grande partie de ce que nous perdons demeure un mystère", a
précisé
Tuxill. "Nous avons, à peine, commencé à déchiffrer les rapports
écologiques qui assurent le bon fonctionnement des systèmes
naturels".
D'après les études des scientifiques, la cause majeure du déclin
des
vertébrés est la destruction des anciennes forêts de croissance,
des marais,
des denses broussailles et autres habitats biologiques par
l'homme.
Tuxill a cité des études illustrant que près de la moitié des 233
espèces
primates du monde serait actuellement menacée, notamment à cause
de leur
dépendance vis-à-vis des vastes étendues de forêt tropicale et de
l'accélération de la disparition de leur habitat dans le monde.
Dans les régions de déforestation rapide, telles que le
Madagascar, la forêt
humide (atlantique) de l'est du Brl et l'Asie du sud est, près de
70 %
des primates sont menacés d'extinction. En Asie du sud-est, l'un
des grands
facteurs entraînant l'exploitation de la faune et de la flore est
la demande
des organes animaux par la médecine traditionnelle.
Les tigres, qui étaient autrefois répandus sur les territoires de
la
Turquie, de Bali et de l'extrême est de la Russie, sont
actuellement au
nombre de 3.000 à 5.000 têtes, et plusieurs forment de petites
populations
isolées. Etant donné que les os, la peau et les autres organes
d'un seul
tigre ont une valeur potentielle de cinq millions de dollars, la
chasse
illégale s'est particulièrement intensifiée en Inde.
Quoique moins visible, la destruction des habitats sous-marins,
présenterait
également des dangers pour les vertébrés. Certaines espèces
indigènes de
poisson seraient éteintes ou menacées de l'être dans le monde, en
raison des
changements de températures de l'eau, des rythmes d'écoulement
saisonniers
et d'autres conditions liées aux grands et petits barrages.
L'altération des habitats aquatiques aurait un effet
particulièrement nocif
sur les espèces de poisson indigènes dans les régions semi-arides
et arides
où la demande humaine en eau est forte. Dans le Colorado (rivière
située au
sud-ouest des Etats-Unis) dont le système est très altéré, et au
nord du
Mexique, où certaines régions sont sèches, 29 sur 50 espèces de
poisson
indigènes seraient éteintes ou en danger, selon le rapport.
Près de 30 % des récifs coralliens du monde (contenant la plupart
des
diversités biologiques des océans ), seraient menacés par la
pollution, la
sédimentation et les effets destructeurs de la pêche et des mines,
a indiqué
Tuxill.
Plusieurs espèces de poisson seraient également surexploitées par
les
pêcheries commerciales. Environ 68 pour cent de toutes les espèces
de
poisson de mer menacées souffrent de la pêche excessive. Les
espèces de
poisson ayant alimenté les pêcheries commerciales pendant des
siècles
seraient actuellement incapables de continuer à les alimenter,
compte tenu
des menaces supplémentaires liées à la destruction de leur
habitat, à la
hausse de la demande et à la pollution.
D'autres risques moins apparents, tels que la pollution,
contribuent à la
disparition des vertébrés. Aucun coin de la terre n'est, à l'abri
des
pesticides, des solvants et de plusieurs autres composés chimiques
largement
utilisés dans les pays développés et dans les pays en
développement, a
souligné le rapport de Worldwatch.
Tandis que plusieurs efforts sont actuellement déployés au niveau
national
et international pour sauver les espèces menacées et celles qui
sont en
danger, bon nombre de ces efforts manquent de financement ou ne
sont pas
mis en application. La convention de 1973 sur le trafic
international des
espèces en danger représenterait un puissant instrument juridique
de
contrôle du commerce international des animaux et des plantes,
mais la
demande des ressources naturelles serait en hausse et la
disparition des
espèces est constante.
Certaines autres lois internationales, notamment la convention sur
la
diversité biologique, promulguées à l'issue du sommet de la Terre
de Rio, en
1992, contraignent juridiquement les signataires à créer des parcs
nationaux
et des réserves forestières, et àaire des ressources d'une façon
écologiquement plus saine.
Cependant, les pays qui observent ces recommandations sont rares.
Certains
pays comme les Etats-Unis n'ont même pas ratifié la convention.
Tuxill s'est concentré sur les facteurs humains qui provoquent le
déclin des
vertébrés. Au nombre de ces facteurs, il y a la consommation et la
pression
démographique. Hwe a donné l'exemple des incendies massifs qui ont
ravagé
l'Indonésie en 1997 et qui ont détruit 100.000 hectares de forêt
tropicale
(l'habitat rare des animaux en danger tels que les éléphants et
orangs-outangs asiatiques).
Ces incendies étaient délibérément allumés par des entreprises
pour déblayer
le terrain et faire place au bois industriel destiné à la
fabrication de la
pâte à papier et aux plantations d'huile de palme. Une partie de
la
production du bois à pâte à papier indonésien est destinée au
Japon et aux
Etats-Unis. Par contre, le plus grand marché mondial de l'huile de
palme
indonésienne est la Chine, d'après le rapport de Worldwatch.
"Soit nous redoublons d'efforts pour protéger les espèces et
renverser la
tendance des problèmes relatifs à la dégradation des habitats,
soit nous
garderons des systèmes écologiques usés qui n'offrent plus les
avantages que
nous avons pendant longtemps considéré comme étant naturels", a
laissé
entendre Tuxill.
"Nous avons encore la possibilité de sauver la plupart des
espèces, mais
nos enfants n'auront peut-être pas cette possibilité".