Rome, le 18 juin 2019 (IPS) – Le monde se rétrécit un peu chaque jour : Internet et les téléphones portables resserrent nos communautés, révèlent nos défis communs et mettent à nu nos défaillances. En tant que citoyens du monde, nous sommes tous concernés par le nombre croissant de personnes touchées par la faim dans le monde et par les menaces pesant sur la sécurité alimentaire. Le fait est que chaque jour, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim. Si ce nombre vous choque, sachez que les experts prédisent qu’il augmentera nettement lors des dix prochaines années.

Kip Tom est l’ambassadeur des États-Unis auprès des organes des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture à Rome.

Les États-Unis sont conscients et inquiets de cette crise grandissante. Notre pays est depuis longtemps le leader mondial du développement agricole grâce à nos innovations techniques, qui nous permettent d’être le premier donateur des programmes d’assistance agricole partout dans le monde depuis des dizaines d’années. Même si ces efforts ont eu un vrai impact, les besoins sont si énormes qu’une seule nation – même la nôtre – ne peut y répondre. Étant ambassadeur des États-Unis auprès des organes des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, et ayant travaillé toute ma vie dans le secteur agricole, jour après jour je perçois non seulement l’immensité des besoins, mais aussi l’énorme opportunité offerte à la communauté internationale d’avoir un impact profond sur la faim et sur la sécurité alimentaire.

C’est une des raisons pour lesquelles les États-Unis collaborent étroitement avec d’autres nations, ces 75 dernières années, au sein de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La FAO est le forum où les nations du monde entier peuvent identifier des outils et des pratiques permettant d’améliorer la production agricole, de faciliter le commerce, d’augmenter la durabilité et d’étendre les connaissances de façon à améliorer partout la santé et le bien-être des familles.

Comme d’autres importantes entités internationales, la FAO ne peut avoir que la force que lui confèrent ses membres, l’efficacité que lui confèrent ses dirigeants. Au cours de son histoire, la FAO a connu des périodes d’excellent leadership, et d’autres marquées par le gâchis, la mauvaise gestion et la déception. À ce moment précis de l’histoire, vu l’étendue des besoins évoquée ci-dessus, la communauté mondiale a besoin d’une FAO qui soit efficace, audacieuse et rapide. Au cours de ce mois, les États membres de la FAO se réuniront à Rome pour élire un nouveau directeur général, et par ce vote, définiront la trajectoire que prendra l’organisation ces quatre prochaines années, qui vont s’avérer cruciales.

Je ne vous ennuierai pas avec une analyse détaillée des élections onusiennes ; je mentionnerai seulement qu’il y a trois candidats pour le poste, représentant la Chine, la France et la Géorgie. Loin de moi l’intention de me prononcer en faveur de l’un ou de l’autre – mais je pense qu’il est vital de souligner quelles qualités sont à notre avis indispensables pour ce poste.

Tout nouveau directeur général doit s’engager à entretenir la réputation de la FAO, centre mondial de connaissances sur le développement agricole. Il ou elle devra travailler aux côtés de divers partenaires, notamment les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les universités et le secteur privé afin de favoriser des innovations fondées sur la recherche scientifique, des technologies émergentes ainsi que l’indispensable valeur des marchés qui fonctionnent bien.

Le nouveau directeur général doit être un administrateur hors pair, dévoué à la transparence, à la responsabilisation, à l’autonomisation des femmes et à la neutralité entre les différents membres. Il est très important que ce nouveau directeur général, ou cette nouvelle directrice, représente tous les États membres et qu’il ou elle ne se serve pas de sa position pour faire progresser les intérêts du gouvernement de son pays.

Au Conseil de la FAO en avril, les trois candidats ont fourni aux membres des communiqués exposant leurs compétences et leurs expériences. Ces documents peuvent être consultés sur le site web de la FAO. J’ai l’espoir, et je compte sur le fait, que tous les États membres prendront le temps de se familiariser avec ces candidats avant l’élection du 23 juin et qu’ils accorderont une attention particulière à la question de l’indépendance. De cette façon, chaque membre pourra voter de façon éclairée, protégé par le scrutin à bulletin secret qui garantit à tous l’anonymat du vote.

Je demande que les États membres de la FAO abordent cette élection avec un seul objectif : choisir comme directeur général le candidat le plus à même de diriger cette institution vitale de façon honnête, transparente et efficace. Le monde a désespérément besoin d’une FAO qui obéisse à ces principes.

Kip Tom est l’ambassadeur des États-Unis auprès des organes des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, basées à Rome.

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Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.