AFRIQUE DU SUD: Gérer les inondations sur le fleuve Orange

JOHANNESBURG, 19 avr (IPS) – Beaucoup de fermes et de cultures ont été ravagées lorsque les inondations de janvier ont touché l'Afrique du Sud au début de cette année. L’organisation des agriculteurs, 'Agri South Africa' (AgriSA), a évalué les dommages à 270 millions de dollars.

Certains critiques estiment, comme les gestionnaires des ressources en eau du pays, que le ministère des Affaires de l'Eau aurait dû faire plus pour prévenir les ravages. IPS Afrique a parlé, avec Peter Pyke du ministère, de l'importance de stratégies d'atténuation des inondations. Q: Les mesures d'atténuation des inondations mises en place par le ministère des Affaires de l'Eau ont-elles échoué cette année? R: Depuis longtemps, le système a été de tenter de manipuler les inondations afin que les pics dans le fleuve Vaal et le fleuve Orange ne se produisent pas en même temps lorsqu’ils se rencontrent au niveau de la confluence. La stratégie était de laisser l'eau d’un fleuve partir, et garder l'eau dans l'autre. Il s'agit de réduire l'impact sur les utilisateurs en aval. Dans le cas des dernières inondations, quelqu'un avait fait des estimations des flux d'eau et selon notre examen de ces données, le 10 avril, nous aurions eu l'équivalent de sept fois la capacité du Barrage de Vaal au niveau d’Upington. Q: Quand trop d'eau est retenue dans les barrages, cela n’amène-t-il pas les rives du fleuve à déborder et inonder les zones qui les entourent? R: Si vous regardez la morphologie du fleuve, vous verrez que très peu d’inondations sont causées par le débordement des rives du fleuve, et c'est probablement un flux survenant dans un intervalle d’environ un an sur deux et toute chose au-delà de cela va vers les plaines inondables. Le problème est que nous avons eu beaucoup de développements sur les plaines inondables. Ce sont des zones qui sont naturellement sujettes aux inondations et ont été toujours inondées périodiquement dans le passé historique et elles seront inondées à l’avenir parce qu’il n'est pas possible d'éradiquer totalement les inondations. Q: Pourquoi les gens se déplacent-ils vers les plaines inondables? R: Eh bien, la première chose est que c'est une surface plane et c'est la zone la plus proche de l'eau. C’est évidemment un terrain fertile, et ainsi les gens y vont pour l'agriculture. Nous avons des exigences légales selon lesquelles tout développeur doit montrer les limites d'inondation sur tout projet de développement proposé. Nous ne pouvons pas les empêcher de construire sur la plaine inondable, mais nous pouvons au moins nous assurer qu'ils sont conscients du fait qu'ils sont sur une plaine inondable. Q: Existe-t-il un système d'alerte précoce pour informer les gens qui sont dans des zones inondables sur les crues prévues pour survenir? R: Oui. Vous constaterez que dans le cas de l'Orange, les gens dans le bassin du fleuve Orange sont prévenus plus d'une semaine avant que l'eau ne les atteigne. De toute évidence, les gens plus proches des barrages avaient moins de temps. Mais nous avons des informations en temps réel sur Internet, disponibles sur le site web du ministère. Pendant les périodes d'inondation, il y a des prévisions par rapport à la quantité d'eau qu’on trouvera selon l’endroit et la quantité qui se jettera dans le fleuve. Q: Qu'en est-il de ceux qui n'ont pas accès à Internet: comment obtiennent-ils l'information? R: Les informations sont mises à la disposition de la direction de gestion des catastrophes de chaque municipalité, des autorités locales à travers la radio et la télévision afin que ces informations soient diffusées partout. Rappelez-vous, il est possible de prévenir les inondations plus petites, mais lorsque les fortes pluies arrivent, les barrages sont pleins et l'eau en sort comme si les barrages n’étaient pas là.