CHANGEMENT CLIMATIQUE: Les pays les moins avancés présentent des demandes claires

COPENHAGUE, 14 déc (IPS) – Les pays les plus pauvres du monde veulent deux milliards de dollars auprès du monde développé pour reconstituer le Fonds pour les pays les moins avancés.

C'est l'une des cinq principales priorités formulées par les pays les moins avancés (PMA) à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique au cours d’une conférence de presse le 11 décembre.

Ephraim Mwepya Shitima, un délégué venu de la Zambie, a déclaré aux journalistes que les demandes qu'ils ont formulées doivent être respectées dans l'accord de Copenhague et dans son application.

Le Fonds pour les pays les moins avancés a été établi sous les Accords de Marrakech en 2001 et est administré par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM).

Les représentants des PMA disent que l'argent a été utilisé pour soutenir la préparation des Plans d'action nationaux d'adaptation (NAPA) pour 43 des PMA. Le FEM a déjà demandé la capitalisation immédiate du Fonds pour les pays les moins avancés. Les deux milliards de dollars demandés par les PMA constituent le coût prévu de l’application totale des NAPA.

Bruno Tseliso Sekoli, le négociateur en chef pour le Lesotho, indique qu’un financement garanti, à long terme pour… la technologie et le renforcement des capacités, sera nécessaire si les pays les moins développés doivent éviter de sombrer davantage dans la pauvreté.

“Il y a un besoin pour une aide financière supplémentaire considérable et d’autres formes d'assistance pour l'adaptation”.

Tseliso Sekoli se plaint que pendant que les fonds ont été disponibles pour l'adaptation, il a été difficile pour les pays pauvres d’y accéder.

Il y a 49 pays classés comme moins développés, principalement en Afrique et en Asie. Les PMA sont membres du Groupe des 77 et la Chine négociant en bloc ici, mais ont de plus en plus développé entre eux une position distincte partagée, avec une opposition aux membres beaucoup plus développés du bloc, comme l'Inde et la Chine.

Mais Adao Soares Barbosa, représentant du Timor Leste, affirme que ceci n'est pas une approche vers une sortie du bloc, mais une tentative de renforcer le G77 plus la position de la Chine.

Le document “Négociations sur le changement climatique en 2009: Une perspective des PMA” appelle à des engagements contraignants, à partir des parties de l'annexe I, à réduire nettement les émissions.

Il estime que quelle que soit la façon dont l'adaptation est soutenue et mise en œuvre dans les PMA, elle ne sera pas suffisante pour faire face aux changements climatiques drastiques qui se produisent, à moins que des réductions drastiques des émissions soient également réalisées rapidement.

“L'adaptation est un complément à l'atténuation et non une alternative”, affirme Fatou Ndèye Gaye, responsable principale du climat venue de Gambie.

Elle exige également des réductions correspondantes de la poignée de pays en développement qui sont des principaux pollueurs.

Le Groupe intergouvernemental sur le changement climatique – les plus de 2.000 scientifiques qui évaluent le réchauffement de la planète – a prédit que les pays les moins développés seront les plus touchés par ses effets désastreux, et n’ont pas encore la moindre capacité à faire face et s'adapter aux défis climatiques.

Les représentants des PMA ont dit aux journalistes que pendant que leur vulnérabilité est reconnue et que leurs besoins particuliers sont généralement admis par toutes les parties au processus de négociation sur le changement climatique, les décisions et les réponses aux PMA, avec les projets de propositions pour un traité, ont été très faibles.

Plus de 750 millions des personnes les plus vulnérables de la planète veulent que leurs voix soient entendues.