ENVIRONNEMENT: Le Bénin prend des mesures pour protéger la couche d’ozone

COTONOU, 29 sep (IPS) – Des produits utilisés pour l’obtention du froid, des gaz spéciaux notamment, ainsi que des insecticides, des aérosols et autres destructeurs de la couche d’ozone, seront interdits au Bénin à partir de janvier 2010 et d’autres en janvier 2013, selon le ministère de l’Environnement de ce pays.

C’est une façon pour ce pays d’Afrique de l’ouest de s’engager dans la lutte contre la destruction de la couche d’ozone et contre les catastrophes écologiques, à l’instar des autres pays de la communauté internationale, alors que les effets néfastes des changements climatiques se font de plus remarquables partout dans le monde. Le Bénin, comme nombre de ses voisins de la sous-région, a enregistré, cette année, de graves inondations qui ont fait beaucoup de victimes, détruit des centaines de maisons et de cultures, laissant de milliers de sinistrés sans abri. Arrêter l’érosion de la couche d’ozone stratosphérique qui protège la terre contre les niveaux élevés du rayonnement ultra violet du soleil, c’est l’une des préoccupations des autorités en charge de l’environnement au Bénin. Les produits qui contribuent à dégrader la couche d’ozone sont les produits inventés pour l’obtention du froid, des insecticides, des aérosols, ou pour lutter contre l’incendie, a expliqué à IPS, Zakary Moussa, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature. Les Substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) sont les chlorofluorocarbures (CFC) et les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) dans une moindre mesure, utilisés dans la réfrigération, la climatisation, les aérosols, et dans les mousses. Il s’agit également du tétrachlorure, utilisé comme solvant; des halons qui sont des agents extincteurs; du bromure de méthyle contenu dans les pesticides en agriculture, et d’autres. Les gaz frigorigènes R-11, R-12, R-22 du bromure de méthylène et les halons sont en grande partie responsables de la destruction de la couche d’ozone, a précisé Moussa. «Conformément au calendrier établi par la communauté internationale et unanimement adopté par l’ensemble des parties, nos opérateurs économiques ne pourront plus importer les fréons R-11 et R-12, à partir du 1er janvier 2010… Dans le même ordre d’idée, le gel du gaz R-22, utilisé dans la climatisation, suivra à partir du 1er janvier 2013», a annoncé Justin Sossou Adanmayi, ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature du Bénin, dans un message à l’occasion de la Journée mondiale de la préservation de la couche d’ozone (16 septembre). A l’annonce de la mesure, l’inquiétude a gagné certains utilisateurs de ces produits, notamment les frigoristes qui voyaient déjà la fin de leurs activités. Mais, ils ont été rassurés car il existe déjà sur le marché des substances inoffensives pour la couche d’ozone et l’environnement. Selon Moussa, il faudra désormais «conseiller les utilisateurs dans l’achat de nouveaux appareils frigorifiques ou la reconversion des anciens appareils à l’utilisation des nouvelles substances». D’après les statistiques du ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature, la consommation du Bénin était en 1993 d’environ 41 tonnes de tous ces produits confondus, dont 54 pour cent des CFC et HCFC – les statistiques les plus récentes disponibles. «Sans l’application du Protocole de Montréal et avec la croissance démographique, le Bénin serait aujourd’hui à plus de 100 tonnes de SAO (Substances appauvrissant la couche d’ozone) consommées annuellement», a expliqué à IPS, Wabi Marcos, responsable du Bureau national ozone. Dans le cadre du programme national d’élimination des SAO, le Bénin a adhéré à la Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone (1985) et au Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone (1987), et a ratifié ces deux traités en 1993. Il a également ratifié les quatre amendements au Protocole de Montréal. Suite à l’adhésion du Bénin à ces différents accords, un programme national d’élimination des SAO a été mis en place en 1994 sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). L’une des actions menées dans le cadre de ce programme est la réduction significative de la consommation des SAO, en particulier la cessation quasi-définitive de l’utilisation du bromure de méthyle et la formation des frigoristes aux bonnes pratiques dans le secteur du froid. D’autres actions sont également menées : la reconversion de l’usine Plastique élastomère du Bénin à l’utilisation du chlorure de méthylène pour le gonflage des mousses, en lieu et place du CFC-11. «Ce qui diminuera la consommation actuelle (60 tonnes) de plus de la moitié d’ici à la fin de l’année», a souligné Marcos. Selon Moussa, les inspecteurs de l’environnement et les douaniers sont aussi instruits pour la poursuite des fraudes et le commerce des Substances appauvrissant la couche d’ozone. Le Bénin participe également au projet régional d’élimination des halons. «L’objectif des autorités béninoises est d’atteindre 100 pour cent d’élimination pour les chlorofluorocarbures (CFC), les halons et autres substances nocives», a-t-il ajouté.