DEVELOPPEMENT-TANZANIE: Un sceau d'approbation présidentiel

DAR ES SALAAM, 8 fév (IPS) – Le président des Etats-Unis George W. Bush passera la plupart de son temps d'une tournée de cinq nations africaines vers la fin de ce mois en Tanzanie pour mettre en lumière les gains en matière de développement dans cette nation d'Afrique de l'est.

"Voici est une histoire de réussite", a déclaré le responsable des affaires publiques de l'ambassade des Etats-Unis en Tanzanie, Jeffery Salaiz, au cours d'une conférence de presse tenue mardi dans la capitale économique, Dar es Salaam.

Dans ce qui constituera sa seconde visite présidentielle en Afrique, Bush doit aller en Tanzanie, au Rwanda, au Bénin, au Ghana et au Libéria du 15 au 21 février pour des discussions avec leurs chefs d'Etat et pour visiter des projets financés par le gouvernement américain. La plus grande partie du voyage — du 16 au 19 février — sera passée à et autour de Dar es Salaam et Arusha, une ville dans le nord de la Tanzanie. "Ce sera une occasion de voir la beauté naturelle de la Tanzanie… et son puissant leadership", a indiqué Salaiz. Durant sa tournée, Bush envisage de mettre l'accent sur les efforts de son gouvernement pour améliorer la santé en Afrique, en partie à travers le Plan d'urgence du président pour l'aide au VIH/SIDA (PEPFAR) et l'Initiative du président contre le paludisme (PMI), a ajouté Salaiz.

Le PEPFAR, dévoilé dans l'allocution de Bush de 2003 sur l'état de l'Union, est un programme de cinq ans d'une valeur de 15 milliards de dollars, pour lutter contre la pandémie du SIDA en fournissant le traitement anti-rétroviral aux personnes séropositives et en améliorant l'accès aux services de santé pour les malades du SIDA.

Le PEPFAR vise également à réduire les taux d'infection au VIH à travers l'approche "ABC" : s'abstenir, être fidèle et utiliser des préservatifs. Toutefois, des critiques de l'initiative prétendent qu'elle met trop d'accent sur l'abstinence et la fidélité. Le PMI met l'accent sur les stratégies pour combattre le paludisme véhiculé par les moustiques, telles que la pulvérisation des maisons avec l'insecticide, la distribution de moustiquaires et la fourniture de médicaments pour sauver du paludisme. Ce plan de 1,2 milliard de dollar vise à réduire de moitié le nombre de décès liés au paludisme dans 15 nations africaines entre 2005 et 2010. La Tanzanie seule recevra 334 millions de dollars dans le budget des Etats-Unis de cette année dans le cadre du PEPFAR et du PMI, a souligné Salaiz. Ceci vient dans le sillage de la subvention de 698 millions de dollars sur cinq ans accordée au pays en septembre dernier par la 'Millenium Challenge Corporation' (MCC) pour moderniser l'électricité et les infrastructures routières. Les arrangements de cette subvention, la plus élevée octroyée par la corporation, seront probablement finalisés ce mois, a indiqué Salaiz. La MCC a été créée par Bush en 2004, et accorde de l'aide aux pays pauvres pour les aider à augmenter la croissance économique et à réduire la pauvreté. Les récipiendaires doivent faire preuve de bonne gouvernance. Bush n'est pas censé mettre l'accent sur le commerce bilatéral ou sur d'autres questions commerciales pendant son séjour en Tanzanie, a affirmé Salaiz. Ces questions seront plutôt soulevées au huitième sommet de Leon H. Sullivan, qui se tiendra en Tanzanie en juin. Sullivan, un ministre baptiste et activiste, a défendu l'égalité raciale sur le lieu du travail aux Etats-Unis et à l'extérieur avant sa mort en 2001, notamment à travers les 'Principes de Sullivan' : directives pour des entreprises qui opéraient en Afrique du Sud sous l'apartheid.

Le sommet se fondera sur son héritage en réunissant des hommes et femmes d'affaires africains et africains-américains, des activistes, des universitaires et des responsables de gouvernement pour chercher des réponses aux problèmes économiques du continent et pour renforcer les liens entre l'Afrique et les Etats-Unis.

Des statistiques montrent que le commerce entre les Etats-Unis et la Tanzanie laisse à désirer. Selon une fiche d'informations sur le site Internet du ministère du Commerce des Etats-Unis, la Tanzanie a juste expédié des biens d'une valeur de 23 millions de dollars vers les Etats-Unis en 2006. Environ la moitié de ces biens était constituée de produits agricoles. De leur côté, les Etats-Unis ont exporté des biens d'une valeur totale de 111 millions de dollars en Tanzanie au cours de la même année, notamment des équipements de transport, des produits agricoles et des machines.

Les importations des Etats-Unis en provenance des nations africaines ont augmenté de 17 pour cent, atteignant 59,2 milliards de dollars en 2006, selon des statistiques américaines.

De ce montant, 44,2 milliards de dollars ont été expédiés conformément au 'African Growth and Opportunity Act' (AGOA), une initiative des Etats-Unis introduite en 2004 pour réduire la pauvreté à travers le commerce. L'AGOA a vu la réduction des taxes et quotas sur 6.000 produits venant de 39 Etats africains.

La Tanzanie — qui produit du café, du thé, du coton et de l'or (le pays est le troisième plus grand producteur de l'or en Afrique) — est en train de jouir d'un boom de biens et d'investissements accrus, après que la majeure partie de sa dette auprès du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement a été annulée (la dette a été annulée en 2006). Le président Jakaya Kikwete veut que la croissance économique atteigne 7,8 pour cent en 2008, contre environ 7,3 pour cent l'année dernière et 6,2 pour cent en 2006.

Toutefois, la Tanzanie demeure l'un des Etats les plus pauvres d'Afrique, avec environ 36 pour cent de sa population de 38 millions qui vit en dessous du seuil de la pauvreté, selon les chiffres des Nations Unies — et avec environ 42 pour cent de son budget 2007/2008 financé par des donateurs.