DEVELOPPEMENT-AFRIQUE AUSTRALE: Beaucoup plus defemmes, s'il vous plaît

MASERU, 23 août (IPS) – Le sommet annuel de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) a pris fin vendredi par un appel en vue d'accélérer le processus d'accroissement de la représentation des femmes à tous les niveaux de gouvernement dans l'ensemble des 14 nations.

“Lorsque nous allons nous rencontrer encore à Maseru, disons dans dix ans, j'aurais aimé voir au moins trois ou quatre femmes chefs d'Etat parmi vous”, a déclaré Letsie III, monarque du Lesotho, au cours d'un banquet qui a rassemblé les dirigeants de la SADC — tous des hommes — offert dans la capitale Maseru, où s'est déroulée la réunion de deux jours. Les dames déléguées présentes à la cérémonie ont répondu à ses remarques par un hululement assourdissant.

La SADC avait fixé 2005 comme année butoir pour obtenir les 30 pour cent des postes de prise de décision occupés par des femmes dans les Etats membres, répondant aux exigences contenues dans la Plate-forme d'action développées à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, tenue dans la capitale chinoise, Beijing en 1995.

Alors que tous les pays n'ont pas atteint cet objectif, le sommet de l'année passé — tenue dans la capitale du Botswana, Gaborone — s'est fixé l'objectif de 50 pour cent de représentation, en rapport avec les objectifs de l'Union africaine.

“Nous avions noté le progrès lent fait par les Etats membres dans la réalisation des objectifs fixés et avions vivement exhorté les Etats membres à s'efforcer de réaliser les 50 pour cent de représentation des femmes à ces postes comme approuvé par le Sommet de 2005”, a indiqué aux journalistes Timothy Thahane, ministre des Finances du Lesotho et président du Conseil des ministres de la SADC.

Selon l'édition de juin 2006 de 'SADC Gender Monitor', publié par le Centre de recherche et de documentation d'Afrique australe, basé à Harare, “L'Afrique australe a connu une plus grande augmentation de femmes aux postes de prise de décision, depuis la conférence de Beijing, que partout ailleurs dans le monde”. “La représentation moyenne des femmes aux parlements de la région se trouve maintenant à 20 pour cent avec le Mozambique et l'Afrique du Sud ayant atteint 30 pour cent ou plus”, note le document. Le président Zimbabwéen Robert Mugabe est également intervenu sur cette question.

“Nous n'avons pas juste besoin de femmes présidents parce qu'elles sont des femmes, mais nous avons besoin de bons présidents. Nous avons un certain nombre de femmes vice-présidents dans cette région; un jour, des femmes présidents émergeraient peut-être parmi elles”, a-t-il dit.

Ceci était une référence à la vice-présidente zimbabwéenne Joyce Majuru, et à son homologue sud-africaine Phumzile Mlambo-Ngcuka. Luisa Diogo était nommée la première femme Premier ministre du Mozambique en 2004.

Un communiqué publié à la fin du sommet a en outre réaffirmé l'engagement de la SADC à réaliser les 50 pour cent de représentation des femmes aux postes de prise de décision. Il y avait de la déception dans les actes de l'organisation sur d'autres sujets.

“Au (sommet de la SADC) en Ile Maurice en 2004, j'avais alors expliqué que j'étais un vieil homme pressé. Je suis maintenant un vieil homme plus vieux que je ne l'étais en 2004. Vous comprendrez alors pourquoi je suis perturbé par la lenteur dans la mise en oeuvre de nos programmes”, a déclaré au sommet Festus Mogae, président en exercice sortant de la SADC et président du Botswana.

“La mise en oeuvre de nos programmes ne montre pas que nous demeurons engagés à la réalisation des objectifs majeurs pouvant nous conduire à une pleine intégration de la SADC, notamment la zone de libre échange, l'union douanière et le marché commun”, a-t-il dit. L'organisation a promis d'instituer la zone de libre échange d'ici à 2008, une union douanière vers 2010, un marché commun vers 2015, l'union monétaire vers 2016 — et une monnaie unique d'ici à 2018.

En plus, l'Afrique australe — où vivent 230 millions d'âmes — fait face à de nombreux périls qui se présentent sous la forme de pandémie du SIDA. Selon le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA, environ le tiers de toutes les personnes porteuses du VIH vivent dans la région.

“Nous demeurons toujours l'épicentre du VIH et du SIDA, du paludisme et de la tuberculose qui, couplés à l'insécurité alimentaire, sont parmi les défis majeurs de notre région”, a observé Mogae.

“L'année passée seule, les décès de trois millions de personnes liés au VIH et au SIDA ont été enregistrés, dont deux millions dans la région de la SADC.

L'insécurité alimentaire aggrave sans doute le taux d'infection”.

Mogae s'est également lamenté que la construction de nouveaux locaux pour le secrétariat de la SADC à Gaborone, et le recrutement du personnel soient en train d'être réalisés avec quelque cinq années de retard. La construction doit commencer en mars 2007.

Dans son communiqué final, le sommet a noté que pendant que la SADC a enregistré une croissance globale de cinq pour cent en 2005, la région est demeurée en dessous de l'objectif des sept pour cent fixé par les Nations Unies pour les nations en développement en vue d'atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Les dirigeants de la planète étaient tombés d'accord sur huit objectifs au Sommet du millénaire en 2000, dans l'intention d'attaquer les principales causes du sous-développement d'ici à 2015.

Les OMD visent à réduire de moitié la faim extrême et la pauvreté, atteindre l'éducation primaire universelle, réduire la mortalité maternelle et infantile et promouvoir l'égalité de genre.

Les objectifs se focalisent également sur l'inversion de l'expansion du SIDA et d'autres maladies, la garantie d'un environnement durable et la création de partenariats sur toute la planète pour s'attaquer aux problèmes comme les règles du commerce inégal.