JOHANNESBURG, 26 sept (IPS) – Le ministre des Finances de l'Afrique du Sud, Trevor Manuel, qui préside également le Comité de développement de la Banque mondiale, compte sur les pays industrialisés pour qu'ils mettent leur argent là se trouvent leurs intérêts, au cours des réunions annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), ce week-end à Washington. Manuel a notamment indiqué qu'ils verront si l'aide supplémentaire promise au début de cette année, commence à circuler, qu'ils évalueront si l'allègement de la dette réussit et qu'ils chercheront d'autres engagements pour l'élimination progressive des subventions agricoles. Les pays riches paient en moyenne un milliard de dollars US par jour pour leur secteur agricole. "Pour nous, le plus important est qu'il faut que nous nous engagions, de tous les pays, dans une série centrale d'accords relatifs à la réduction de l'énorme inégalité, de l'immense pauvreté dans le monde", a déclaré Manuel avant son départ.
Selon le gouvernement sud-africain, le lancement d'un nouveau round de négociations commerciales à Doha, au Qatar en novembre dernier, a promis de financer le développement à une réunion des Nations Unies à Monterrey, au Mexique en mars. Il promet également le renouvellement d'un engagement mondial dans une série d'objectifs de développement pour le millénaire, dans les relations de développement. Cela ne réussira que si les promesses faites à chacun sont honorées.
Les Etats-Unis ont accepté à Monterrey de donner un supplément de 5 milliards de dollars US par an jusqu'à 2006, tandis que l'Union européenne augmentera son aide budgétaire de 15 milliards de dollars US par an.
A Monterrey, l'administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mark Malloch-Brown, a déclaré que ces promesses marquaient un tournant dans la baisse de l'aide qui a commencé à la fin de la Guerre froide.
Actuellement, selon Manuel et d'autres dirigeants des pays en développement, les réunions de Washington pendant le week-end verront la mise en œuvre de ces accords. Le monde est maintenant au-dessus des arguties, souligne-t-il.
Selon le porte-parole de Manuel, Logan Wort, l'aide n'est pas la seule manière de financer le développement. L'allègement de la dette et l'accès aux marchés offrent aux économies nationales des chances de se développer.
Faisant allusion à l'initiative d'un allègement accru de la dette des Pays pauvres très endettés (PPTE), Wort déclare : "Nous avons l'impression que les programmes d'allègement de la dette peuvent être améliorés parce qu'il y a si peu de pays qui en bénéficient".
C'était un appel que Manuel espérait que les ministres du Commonwealth soutiendraient lorsqu'il assistait précédemment à une réunion des ministres des Finances à Londres, en prélude aux réunions de la Banque mondiale et du FMI.
De plus, ajoute Wort, l'Afrique du Sud continuera à chercher le soutien du lobby contre les subventions agricoles. Ces subventions sont parvenues à dominer le sommet mondial tenu ce mois à Johannesburg, en Afrique du Sud, comme leur impact sur le développement a été prouvé par des recherches de la part d'organismes aussi divers que la Banque mondiale et l'agence de développement Oxfam.
"Les agriculteurs des pays en développement doivent être en mesure de faire la concurrence sur une base égale", affirme Wort.
Manuel indiquait, au début de cette année, que les réunions de Washington devaient développer une stratégie pour satisfaire chacun des objectifs de développement du millénaire. Les objectifs fixés par les Nations Unies en 1999, visent à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d'ici à 2015, à travers une série d'initiatives dont une scolarisation, des soins de santé et une alimentation améliorés. "Tous les objectifs de développement doivent être associés à des programmes d'action clairs qui donnent à l'expression 'efficacité de l'aide' une signification", déclarait-il au début de cette année. Ceci demande des estimations et des engagements financiers pour chaque objectif; un "guide directeur" défini ainsi que des indicateurs spécifiques mesurables et des points de référence. La délégation sud-africaine se focalisera également sur les appels à la réforme des agences internationales et de l'architecture financière mondiale. Il est temps, souligne Wort, de commencer à chercher des voies et moyens de protéger les pays en développement contre les mouvements de capitaux mondiaux à court terme.
"Nous ne parlons pas de réglementation des marchés, mais plutôt d'un cadre qui peut guider les flux financiers internationaux", ajoute-t-il.

