CARACAS, 16 oct. (IPS) – Le marché international du pétrole a
réagi par des
cours à la hausse suite à la détérioration de la situation
politique au
Moyen Orient. Les prix ont atteint des niveaux jamais vus depuis
la Guerre
du Golfe en 1991.
Le Ministre vénézuélien de l'Energie a confirmé vendredi dernier
que les
prix étaient à la hausse pour toutes les catégories de base du
pétro le brut
sur le marché international. Les agents de cemarché international
suivent de
près non seulement le conflit israélo-arable, mais également la
grèv e des
pétroliers du Vénézuela.
Sept types de pétrole brut produits par l'Organisation des Pays
Exportateurs
de Pétrole (OPEP) ont bouclé la semaine avec une hausse des cours,
à l'image
de deux autres bruts de référence, 'West Texas Intermediate' et
'North Sea
Brent'.
Les prix de bruts produits par les pays de l'OPEP ont augmenté de
1,84
dollars, pour atteindre 30,93 dollars le baril (159 litres) au
cours de la
semaine qui s'est terminée vendredi. Cette période a été marquée
par
l'escalade de la violence en Israël et dans les territoires
palestiniens.
'West Texas Intermediate" a augmenté de 2,02 dollars le baril,
tandis que
'North Sea Brent' a enregistré une hausse de 1,90 dollar au cours
de la semaine.
L'augmentation la plus forte a eu lieu le jeudi, lorsque la
compagnie
américaine 'West Texas' a atteint plus de 36 dollars le baril, et
que
'Brent' approchait les 35 dollars – un prix sans précédent pour
cette
qualité de brut au cours de la décennie passée.
'West Texas Intermediate' a également approché son cours le plus
élev é en
l'espace de dix ans – plus de 37 dollars, un niveau atteint le 20
septembre,
pendant "la spéculation sur le marché", selon l'OPEP.
Selon les analystes de marché, le conflit israélo-palestinien
pourrait
affecter la fourniture de pétrole aux pays industrialisés. La
situation est
également marquée par l'explosion d'un navire de guerre américain
dans les
eaux du Yémen, explosion que Washington assimile à une attaque
terroriste.
Les prix actuels peuvent seulement être comparés à ceux pratiqués
au cours
de la Guerre du Golfe, and représentent presque le double des prix
moyens de
1999, c'est-à-dire aux alentours de 17 dollars le baril.
A présent, l'arrivée de l'hiver dans l'hémisphère Nord a également
un
impact, parce que la plupart des nations industrialisées y sont
situées.
Elle sont les plus gros consommateurs de pétrole, et leur demandes
en
carburant augmenteront au cours des mois d'hiver, ce qui poussera
les prix à
la hausse.
Au Vénézuela, un membre fondateur de l'OPEP, la grève des
travailleurs du
pétrole "n'a pas affecté la production", a déclaré la compagnie
gouvernementale 'Petroleos de Venezuela' (PDVSA), bien que cette
grève ait
créé des ruptures de fourniture. Ce pays est actuellement le
deuxième plus
grand fournisseur de pétrole aux Etats Unis, après l'Arabie
Saoudite.
L'OPEP, qui contrôle 40 pour cent du marché international du
pétrole,
s'attendait à une variation modérée des prix qui se
stabiliseraient
finalement dans la fourchette de 22 à 28 dollars le baril.
Cette échelle de prix a été soulignée au cours du second sommet de
l'organisation tenu à Caracas il y a trois semaines.
L'OPEP a décidé de mettre chaque jour sur le marché 800.000 barils
supplémentaires de pétrole à partir du 1er octobre, comme preuve
de sa
préoccupation à faire baisser les prix.
Ni cette action, encore moins la décision des Etats Unis de lâcher
une
partie de ses réserves stratégiques sur le marché mondial, n'ont
eu un
impact significatif sur les variations des cours du pétrole, qui a
connu
deux semaines d'accalmie à la suite du sommet de Caracas, la
capitale du
Vénézuela.
L'OPEP doit tenir une réunion ministérielle spéciale le 12
novembre, dans le
but d'évaluer l'évolution des cours du pétrole dans le monde.
L'organisation
a annoncé qu'elle pourrait ajouter 500.000 barils supplémentaires
quotidiens
si nécessaire, en vue de faire baisser les prix.
Dans le contexte actuel marqué par le conflit entre Israël et les
territoires de la Palestine, le malaise enveloppe la décision des
Etats Unis
de lâcher 30 millions de barils de pétrole sur le marché, puisant
ainsi dans
leurs 571 millions de barils de réserves.
Au fur et à mesure que la crise s'aggrave au Moyen Orient, ces
réserves
seront plus que jamais nécessaires pour les Etats Unis.

