LUAND, 19 Oct. (IPS) – L'Angola continue de plonger dans un abîme
d'insécurité et de regain de conflit, ce qui l'éloigne de plus en
plus de
l'application du plan de paix de 1994.
La communauté internationale en a apparemment marre du
gouvernement du
président Eduardo dos Santos et du mouvement rebelle, l'Union
nationale pour
l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). Jeudi dernier, les
Nations Unies
ont menacé de déployer de nouveau des troupes dans cette nation
troublée, si
les deux parties en guerre ne mettent pas en application le plan
de paix
d'ici le début du mois de décembre.
Cependant, les événements se produisant à l'intérieur du pays
indiquent que
le gouvernement et l'UNITA sont à deux doigts d'une guerre de
grande
envergure. En effet, les groupes religieux et les organisations
non
gouvernementales prédisent l'imminence d'une énorme crise
humanitaire dans
le pays.
Un certain nombre de responsables de l'UNITA appartenant à la
faction
dirigée par Savimbi, ont été arrêtés la semaine dernière. Cette
semaine, les
députés de l'UNITA appartenant au camp de Savimbi ont annoncé que
Joaquim
Paulo Somakesenje, le vice-gouverneur de la province de Bie, a été
arrêté le
week-end dernier par la police nationale.
La police a apparemment arrêté Somakesenje, suite à une tentative
d'assassinat perpétrée le 2 octobre contre Abel Chivukuvuku, le
responsable
du groupe parlementaire de l'UNITA. Un autre député de l'UNITA,
Sabino
Sakutala, a été aussi arrêté, suite à la tentative d'assassinat de
Chivukuvuku.
Des avocats, qui ont requis l'anonymat, ont déclaré qu'ils pensent
que le
gouvernement trouve toutes sortes de raisons pour harceler les
membres de la
faction de Savimbi, car il (le gouvernement) a ouvertement
supporté le
comité séparatiste de rénovation de l'UNITA (UNITA Renovada).
Chivukuvuku fait partie de plusieurs représentants de l'UNITA qui
ont
refusé, à Luanda, de se joindre à la faction rebelle. Lorsque les
membres et
les députés de l'UNITA, ont été suspendus du gouvernement à la fin
du mois
d'août, le gouvernement a confisqué leurs voitures officielles, il
a arrêté
de payer leurs salaires et leur loyer, il leur a coupé
l'électricité et le
téléphone et leur a interdit d'effectuer des voyages.
Le gouvernement angolais a accepté l'UNITA Renovada comme sa
partenaire
légitime dans le processus de paix. La communauté internationale,
notamment
les Nations Unies et les Etats-Unis, a cependant exhorté le
gouvernement et
l'UNITA dirigée par Savimbi à retourner à la table de négociation.
D'après le chef d'état major des forces angolaises, le général
Joao de
Matos, "la guerre (entre les rebelles de l'UNITA et les forces
gouvernementales) s'étend à tout le pays". "La situation est
mauvaise",
a-t-il affirmé.
Des combats ont été signalés dans la province de Uige, au nord de
l'Angola,
dans la province diamantifère de Luanda, à l'est, et à Malange, au
nord-est.
La semaine dernière, des sources proches de l'Eglise catholique,
qui a des
missions dans la province de Uige, ont révélé que plusieurs zones
de la
province ont été bombardées à l'arme lourde par des avions, et le
diocèse a
perdu contact avec plusieurs de ses infirmières qui travaillaient
dans la
province.
Les nouveaux combats ont fait déplacer davantage de personnes de
leurs
maisons. D'après les estimations officielles, il y actuellement
trois
millions de déplacés en Angola.

