SANTE: L'OMS assure que les vaccins anti-polio ne sont pas infectés par le virus du SIDA

GENEVE, 15 sept. (IPS) – L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
assure
que les vaccins anti-polio utilisés actuellement dans le monde ne
contiennent pas le virus VIH qui cause le SIDA.

L'institution internationale a fait cette annonce dans le but de
mettre fin
aux rumeurs selon lesquelles le SIDA a été transmis à travers les
vaccins
anti-polio mis au point en Afrique dans les années 50. On pense
que ces
vaccins ont été infectés par le virus VIH, qui cause le SIDA.
"Les mères d'enfants et les communautés en général peuvent sans
crainte
utiliser les vaccins disponibles actuellement, parce qu'il n'y a
aucun
risque d'infection accidentelle", a déclaré Jos Esparza,
coordonnateur de
l'Initiative Vaccin contre le VIH, un projet conjoint de l'OMS et
de
l'ONUSIDA, auquel participent un certain nombre d'agences des
Nations Unies,
plus la Banque Mondiale.
Selon l'OMS, une clarification de la situation s'impose, parce que
l'agence
entreprend actuellement une campagne d'éradication complète de la
polio dans
le monde à l'horizon 2005. Les quelques poches où sévit encore la
maladie se
trouvent principalement en Afrique et en Asie.
Les vaccins en cours d'inoculation ont été testés avec soin, et il
n'existe
aucune possibilité d'infection à VIH par ces vaccins, ni par aucun
autre
médicament de la même famille, a expliqué Esparza, un chercheur
médical
d'origine vénézuélienne.
Le SIDA est devenu la pandémie la plus meurtrière au cours de ces
vingt
dernières années, tuant 20 millions de personnes. On compte
actuellement
dans le monde 34 millions de personnes vivant avec le VIH, dont 28
millions
dans les pays en développement, la plupart étant des Africains.
L'hypothèse selon laquelle la pandémie du SIDA s'est
accidentellement
répandue en Afrique dans les années 50 – au cours des tests
conduits par des
chercheurs des pays industrialisés de l'hémisphère Nord – a refait
surface
cette semaine à Londres dans les discussions entre experts du
SIDA.
Cette hypothèse a également attiré l'attention à travers le monde
avec la
publication en 1999 d'un livre intitulé "La Rivière : Un Voyage à
la Source
du VIH/SIDA", écrit par le journaliste britannique Edward Hooper.
L'auteur
écrit que le virus VIH a été transmis du chimpanzé à l'homme à la
faveur
d'un test de vaccin oral anti-polio fabriqué en Afrique.
Le vaccin, mis au point par des chercheurs belges et américains,
avait été
utilisé pour immuniser environ 1 million de personnes vivant dans
l'ancien
Congo belge et dans les territoires actuels du Rwanda et du
Burundi.
Hooper affirme que les reins de chimpanzé ont été utilisés dans la
mise au
point du vaccin expérimental. La communauté scientifique admet
généralement
que le virus VIH, qui cause le SIDA, provient de cette espèce de
singe.
La première étude scientifique qui a établi un lien étroit entre
le VIH
humain et le virus qui infecte la sous-espèce des chimpanzés en
Afrique de
l'Ouest, fa été publiée par un groupe de chercheurs dirigé par
l'oncologiste
Béatrice Hahn, de l'Université d'Alabama à Birmingham, aux Etats
Unis.
La transmission de la maladie à l'homme s'est produite lors de
contacts
physiques avec les singes, que les chasseurs de cette région
consommaient.
Lors du dépeçage des carcasses des chimpanzés, les humains
venaient au
contact du sang des animaux, explique Esparza.
L'infection par voie sanguine était possible si les personnes
maniant les
carcasses portaient des plaies ouvertes sur leurs mains.
Ceux des chercheurs belges et américains encore en vie, ont nié
avoir
utilisé des organes de chimpanzés dans la fabrication du vaccin
anti-polio
lui-même, estimant plutôt que les animaux ont uniquement été
utilisés pour
tester l'efficacité du vaccin.
Les analyses effectuées sur les doses de vaccins anti-polio
utilisées dans
les années 50, et qui ont été gardées au frais à l'Institut Wistar
de
Philadelphie, aux Etats Unis, n'ont montré aucun signe de
contamination par
le VIH, ni par un virus provenant de chimpanzés.
Les toutes dernières techniques ont été utilisées dans ces tests
pour
vérifier l'existence de cellules de chimpanzés ou de leur ADN, et
les
résultats étaient négatifs, a déclaré Esparza.
La conclusion de la réunion de la Royal Society à Londres indique
qu'il n'y
a aucune preuve scientifique, ni aucun rapport écrit qui indique
que des
chimpanzés ont été utilisés dans la mise au point des vaccins qui
ont été
administrés aux Africains au cours des années 50.
"Ces résultats sont conformes aux autres preuves
épidémiologiques,
biologiques et virologiques, et suggèrent que l'hypothèse de M.
Hopper,
l'auteur du livre, ne peut être étayée par des faits", estime
l'OMS.
Les vaccins utilisés actuellement dans la campagne anti-polio ont
été
produits à partir de cellules prélevées sur les reins de singes
d'Asie, qui
ne portent pas le virus du SIDA, a souligné Esparza.
Avec ces vaccins, la campagne mondiale de l'OMS pour éradiquer la
polio a pu
réduire le nombre total de cas de 95 pour cent depuis son
démarrage il y a
12 ans. Le monde est bien engagé sur la voie de la disparition de
la
maladie, estime l'OMS.