NAIROBI, 25 mars (IPS) – De l’extérieur, peu de choses ont changé au Centre de santé de la mère et de l’enfant: des femmes enceintes et des mères allaitantes attendent patiemment assises sur des bancs en bois. Un concert d’appels et de réponses des enfants trahit l’impression d’une longue attente moins douloureuse pour ces enfants.
Mais entrez dans la maternité de l’Hôpital général de la province de Kakamega, et un important changement administratif apparaît: des kits de dépistage du VIH, une pharmacie stockant des médicaments anti-rétroviraux et des agents de santé formés pour s’occuper du dépistage du VIH, de la fourniture de conseils et du traitement.
“Cela ressemble à un guichet unique pour les services du VIH et de santé maternelle et infantile. Les femmes qui y viennent pour des soins de santé de la mère et de l’enfant, reçoivent des conseils ici, elles subissent ensuite le test de dépistage du VIH, et si leur test est positif, elles commencent leur traitement à partir de ce moment”, a déclaré Khadija Nalinya, l’infirmière en chef de l’Hôpital de Kakamega.
Des repêchées La maternité de Kakamega a intégré les services du VIH dans les soins de santé maternelle et infantile de routine il y a trois ans, après qu’une évaluation de la qualité a révélé que plus de la moitié des mères séropositives enceintes et celles qui fréquentent le centre n’étaient pas inscrites aux programmes de soins et de traitement.
Il a été noté que beaucoup de femmes abandonnaient parce qu’elles ne voulaient pas rejoindre une nouvelle et longue queue au centre des soins généraux, pendant que d’autres évitaient la stigmatisation.
“Il a été découvert que la stigmatisation était la cause principale des abandons puisqu’il était de notoriété publique que toute personne envoyée au centre des soins généraux était séropositive. Cela faisait peur à plusieurs femmes”, a expliqué l’infirmière.
Avec le soutien de la Fondation Elizabeth Glaser pour la lutte contre le SIDA pédiatrique, l’Hôpital général de la province de Kakamega est devenu l’un des premiers centres de santé publique au Kenya à intégrer le VIH dans les services de santé maternelle et infantile (SSMI).
“Trois ans après, nous pouvons confirmer que l’adoption des [mesures] de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant dans cette hôpital s’est améliorée par un pourcentage impressionnant de 80 pour cent”, a déclaré Nalinya.
Application des résultats de recherche La réussite de ce modèle d’intégration au Kenya confirme les conclusions d’une étude précédente réalisée par 'Family Health International' au Rwanda. L’étude du Rwanda a démontré que l’intégration des services du VIH dans les soins de santé primaires a amélioré la fourniture du service en général, servant comme une composante pour renforcer et revigorer les soins de santé primaires.
Des remarques faites à l’Hôpital de Kakamega montrent un avantage supplémentaire dans la réduction de la stigmatisation pour celles qui vont dans le centre pour le traitement du VIH. En conséquence, le gouvernement du Kenya est actuellement en train d’abandonner systématiquement le compartimentage du traitement du VIH pour s’occuper de cela comme toute autre maladie chronique. “Nous travaillons en collaboration avec d’autres organisations dans le pays pour parvenir à cela”, a indiqué Dr Sirengo Martin, directeur du Programme de prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) à NASCOP (Programme national kenyan de contrôle du SIDA et des maladies sexuellement transmissibles).
Cela signifie que les salles spéciales dans les centres de santé, qui sont réservées spécifiquement pour les services tels que les conseils et le dépistage volontaire, les pharmacies spéciales destinées aux personnes vivant avec le VIH, entre autres, seront progressivement supprimées dans tout le pays d’ici à la fin de l’année prochaine. Martin soutient qu’avec des services de diagnostic et de traitement précoces en place, le VIH n’est plus un gros problème. “C’est simplement comme toute autre maladie parce que nous avons maintenant l’expertise et la connaissance sur elle, nous avons les médicaments, et presque tout le monde a quelque connaissance de base à ce sujet”.
“Pour une intégration effective, le gouvernement est en train de faire une formation croisée des fournisseurs de SSMI et de service du VIH pour qu’ils puissent offrir des services prénatals et de PTME au cours de la même visite”, a ajouté le docteur.

