SANTE: L’ONU intensifie la campagne contre la mutilation génitale féminine

NATIONS UNIES, 25 mars (IPS) – Les Nations Unies intensifient leur campagne mondiale visant à éliminer l'un des rituels religieux et culturels les plus largement condamnés dans le monde aujourd'hui, principalement en Afrique et en Asie: la mutilation génitale féminine/excision (MGF/E).

Les efforts conjoints des deux agences de l'ONU – le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) – ont amené plus de 6.000 communautés à abandonner cette pratique physiquement nuisible dans des pays tels que l'Ethiopie, l'Egypte, le Kenya, le Sénégal, le Burkina Faso, la Gambie, la Guinée et la Somalie. Dr Nafissatou J. Diop, coordinatrice du Programme commun UNFPA/UNICEF sur la MGF/E, a déclaré à IPS que la pratique se produit principalement dans 28 pays d'Afrique et d'Asie occidentale. Jusqu'à trois millions de filles sont excisées en Afrique seule. “Mais elle existe aussi dans certains pays d’Asie, tels que l'Indonésie, la Malaisie et le Kurdistan, et également parmi les communautés de migrants”, a-t-elle indiqué. En tant que pratique, elle précède la religion organisée. “Alors, [elle] ne se limite pas à un seul groupe religieux”, a-t-elle ajouté. La MGF/E, qui désigne la suppression de tout ou partie des organes génitaux féminins, est également connue pour être pratiquée chez les communautés de migrants d’Asie et d’Afrique en Europe et en Amérique du nord. Cette pratique, selon l'UNFPA/UNICEF, est entreprise pour des raisons culturelles ou autres raisons non médicales – causant souvent de graves douleurs et entraînant parfois des saignements prolongés, l’infection, la stérilité et même la mort. L’initiative conjointe UNFPA/UNICEF contre la MGF/E, mise en place en 2008, vise à encourager les communautés à abandonner collectivement la pratique, utilisant une approche culturellement sensible, y compris le dialogue et le réseautage social, conduisant à l'abandon en moins d'une génération. Au Sénégal, a-t-elle dit, l'organisation non gouvernementale 'Tostan' estime que 5.000 communautés pratiquent la MGF/E alors que 4.625 communautés l’ont abandonnée. “Nous ne disposons pas de ce chiffre clair dans d'autres pays. Le succès du programme dans un délai aussi court nous montre que nous avons un modèle efficace prouvé qui peut conduire à un changement social rapide dans la communauté”, a souligné Diop. En Ethiopie, le taux de prévalence a baissé, de 80 pour cent à 74 pour cent, au Kenya, de 32 à 27 pour cent, et en Egypte, de 97 à 91 pour cent. “Les normes sociales et les pratiques culturelles changent, et les femmes et les hommes dans les communautés s'unissent pour protéger les droits des filles”, indiquait la déclaration conjointe faite par Babatunde Osotimehin, directeur exécutif de l’UNFPA, et Anthony Lake, directeur exécutif de l’UNICEF, le 6 février. “Nous invitons la communauté internationale à se joindre à nous dans cet effort critique. Ensemble, nous pouvons abolir la MGF/E en une génération et aider des millions de filles et de femmes à vivre en meilleure santé, une vie plus complète”, ont-ils déclaré.