NAIROBI, 31 déc (IPS) – La maternité de Pumwani, dans le quartier pauvre de Eastlands à Nairobi, est le site d’un projet pilote qui utilise les téléphones mobiles pour aider les mères séropositives à éviter de transmettre le virus à leurs enfants.
Juliet Wangari Njuguna est une infirmière de recherche dans le projet de contrôle du SIDA au Kenya. Elle travaille dans la clinique de Pumwani pour assister les mères séropositives.
“Nous aidons pour l’inscription, et les patientes sont séparées à leur arrivée. Nous nous adressons à celles qui se trouvent être séropositives et nous cherchons à voir depuis combien de temps elles ont connaissance de leur état et si elles l’ont révélé à quelqu’un”. Les agents de santé cherchent aussi à voir si les femmes ont un téléphone mobile.
En juillet, le projet de contrôle du SIDA au Kenya a commencé à utiliser l’hôpital de Pumwani comme un site pour étudier le potentiel du suivi des patientes séropositives avec l’utilisation des téléphones portables. Le contact téléphonique est destiné à s’assurer que les mères sont à jour dans la prise de leurs médicaments et qu’elles restent informées sur leur devoir pendant leur grossesse afin de réduire le risque de transmission du virus à leur enfant.
Les téléphones mobiles sont devenus un moyen populaire de communication au Kenya. La baisse récente des coûts par les différents prestataires encourage même davantage de gens à adopter le téléphone mobile.
La pédiatre Frida Govedi, directrice générale de la maternité de Pumwani, déclare: “à travers cette téléphonie, elles sont en train d’être autonomisées en matière d’information. Comment doivent-elles manger, quand doivent-elles prendre leurs vitamines, quand doivent-elles venir pour leurs comptes de CD4 ? Il s’agit d’un moyen interactif entre la mère et l’agent de santé”.
Njuguna et les autres infirmiers de recherche de Pumwani orientent les mères séropositives de la clinique à travers un questionnaire visant à déterminer si ces dernières sont candidates au programme de l’utilisation du téléphone mobile. Le questionnaire recueille les détails tels que l’âge de la femme, son état de santé général, le moment où elle a su qu’elle est séropositive et si elle est déjà sous traitement.
La mère doit également habiter à une distance raisonnable de l’hôpital et être en mesure de comprendre l’anglais ou le kiswahili. Les réponses recueillies dans le questionnaire sont introduites dans une base de données. Toutes les femmes recevront une thérapie antirétrovirale, mais un groupe choisi au hasard recevra aussi des messages SMS.
Toutes les femmes seront suivies après l’accouchement pour évaluer la réussite du traitement. Cela vise aussi à évaluer l’efficacité des SMS d’invite pour les femmes qui reçoivent les messages par rapport aux résultats d’un groupe de contrôle.
“Les femmes commencent à recevoir par semaine un message leur rappelant de venir aux soins prénatals”, déclare Njuguna. “Ensuite, au cours de leur dernier mois de grossesse, le message change pour leur rappeler de prendre leurs médicaments”, poursuit-elle.
“Mais nous écrivons: 'souvenez-vous de prendre vos vitamines'. Nous ne voulons pas mettre le terme 'ARV' dans un texte de message parce que nous ne connaissons pas celui qui peut tomber sur leurs téléphones”. Njuguna déclare que la stigmatisation et la pression les poussant à cacher leur état sérologique sont les principaux défis pour les femmes séropositives.
La pauvreté extrême est un autre défi, avec les femmes manquant parfois aux rendez-vous en raison du manque d’argent pour le transport ou de leurs difficultés à joindre les deux bouts.
L’alphabétisation est encore un autre obstacle. “Une autre chose est que certaines d’entre elles comprennent l’anglais et le Kiswahili, mais elles ne peuvent pas lire, donc les textes de messages ne les aideront pas. Ainsi, certaines estiment que nous devrions faire des appels à l’avenir.
Govedi craint que les avantages potentiels du système de notification par SMS soient aussi limités par l’inscription tardive au programme de nombreuses femmes dont l’état de grossesse est avancé au moment où elles arrivent à Pumwani la première fois. “Nous aurions aimé les recevoir dès les 14 premières semaines, le moment où nous pouvons démarrer la thérapie antirétrovirale contre la PTME (prévention de la transmission de la mère à l’enfant). Mais vous constatez que la plupart des mères viennent vers nous bien après 20 semaines”, explique Govedi.
Une journée dans la vie des agents de santé, qui fournissent un soutien par l’utilisation du mobile, est un moment chargé de travail. Njuguna doit être à jour en envoyant les réponses aux différents textes de messages et appels venant des plus de 90 femmes inscrites au programme, ainsi qu’en veillant à ce que l’information cruciale soit envoyée au bon moment.
Les messages de routine sont programmés dans un ordinateur et envoyés automatiquement, mais lorsque ce système est en panne, un agent de santé doit les envoyer manuellement aux femmes qui dépendent des rappels.
She feels it’s worth the extra work. “It feels good that you are doing something and they are grateful. Then they tend to ask you all sorts of questions, which is better than being at home and assuming things. So you feel like you are having an impact in people’s lives.” The initiative is expected to end in mid-2013. Researchers hope to find positive results in empowering women living with HIV to protect their own health and that of their newborn children. Elle pense que cela vaut le travail supplémentaire. “Ça fait du bien de faire quelque chose et elles sont reconnaissantes. Alors, elles ont tendance à vous poser toutes sortes de questions, ce qui est mieux que d’être à la maison et de faire des suppositions sur les choses. Donc, vous avez l’impression d’avoir un impact sur la vie des gens” L’initiative est censée prendre fin mi-2013. Les chercheurs espèrent trouver des résultats positifs dans l’autonomisation des femmes vivant avec le VIH, en vue de protéger leur propre santé et celle de leurs nouveau–nés.

