ACCRA, 23 oct (IPS) – Mawusi Awity et son mari étaient disposés à compromettre la carrière militaire de ce dernier au profit du rêve de son épouse de se présenter aux élections législatives au Ghana, mais il y avait un autre prix à payer qu'elle ne pouvait se le permettre.
"L'usage excessif de l'argent pour gagner l'esprit et le cœur des électeurs rend la tâche difficile aux femmes d'être au premier plan dans la politique", a déclaré Awity à IPS.
Assistante sociale et députée de zone pour le Nouveau parti patriotique (NPP) au pouvoir, Awity, 46 ans, fait partie de la poignée de femmes qui essaient de rentrer dans l'arène politique du Ghana. Son histoire montre la nécessité de rédiger de nouveau des règles politiques dans ce pays démocratique d'Afrique de l'oust (23 millions d'habitants). En août, Awity a perdu l'élection primaire pour choisir le candidat parlementaire pour la circonscription électorale de South Tongu, dans le sud-est. Ne vous occupez pas des conséquences possibles de son choix pour son mari, un officier des Forces armées. "Mon mari s'est résigné au destin que si mon parti perd les élections, c'est la fin de sa carrière", a-t-elle ajouté. "Mais il est un homme merveilleux et me soutient".
Le problème insurmontable est l'achat de voix au sein des délégués de partis, une pratique commune au Ghana, selon des analystes politiques.
"L'utilisation de l'argent en politique a sérieusement affecté toutes les tentatives que nous avons menées pour impliquer davantage de femmes en politique", a déclaré Hamida Harrison, chargée de programme du groupe de plaidoyer des femmes, Abantu pour le développement. La décision de Awity de ne pas acheter des voix lui a probablement coûté son élection. "Les gens savent que je suis la meilleure candidate, mais ils ont également décidé de prendre de l'argent pour voter pour quiconque donne de l'argent", a-t-elle affirmé. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Pour les élections générales de cette année prévues pour décembre, seulement 70 femmes se présentent pour les 230 sièges du parlement.
La leçon des dernières élections de 2004 n'est peut-être pas perdue sur les femmes. Entre les deux principaux partis et quelques autres petits, un total de 101 femmes s'étaient présentées. Au total 24 ont été élues — juste en dessous des 11 pour cent des députés. Le NPP a présenté 227 candidats dont 27 femmes. Vingt femmes et 107 hommes ont été élus. Le Congrès démocratique national (NDC) a présenté 212 candidats hommes, dont 90 ont été élus, et 16 femmes, dont quatre ont été élues. Les candidats du Parti de la convention du peuple (CPP) ont présenté 150 hommes et 18 femmes. Seuls deux hommes ont été élus. "Penser qu'après le lancement du Manifeste des femmes, c'est tout ce que nous avons réalisé, montre que qu'il y a des problèmes fondamentaux qui doivent être abordés", a indiqué Harrison. Le Manifeste, lancé en 2004, est un appel impartial pour promouvoir l'égalité de genre en politique. "Nous avons pu utiliser ce Manifeste pour changer la perception de nos femmes au sujet de la politique qui n'est pas leur affaire", a déclaré Harrison à IPS. On peut observer certains progrès. Le juge en chef, l'inspecteur général adjoint de la police et le recteur d'une grande université publique sont des femmes. "Ce qui maintient les femmes en arrière est la manière dont la politique est gérée dans le pays", a souligné Harrison. L'argent parle, l'argent vote Thelma Lamptey, qui a gagné la primaire du CPP pour représenter la circonscription électorale de Pokuase, près d'Accra, la capitale, n'en pouvait plus. Lamptey, enseignante, a perdu deux fois la proposition de candidature au profit des hommes. "Le problème principal est comment mobiliser des fonds pour mener mes campagnes", a-t-elle dit. "Pendant qu'il est facile aux hommes de mobiliser des fonds, les femmes ne peuvent pas aller facilement vers les hommes qui pouvaient les aider. En outre, les hommes qui pourraient vouloir aider ne se sentent pas bien pour approcher les femmes", a-t-elle ajouté. Harrison attribue l'attitude des hommes à la structure sociale du pays : "Soyons honnêtes, le Ghana est un pays patriarcal et une société très traditionnelle et ceci ne laisse pas de place aux femmes. Nous sommes informés des pressions conjugales sur certaines femmes pour leur faire abandonner leurs carrières politiques et certains mariages ont été cassés". C'est probablement sans surprise que deux femmes haut placées, pressenties pour être de probables vice-présidentes par divers partis, n'étaient pas intéressées. Anna Bossman, présidente intérimaire de la Commission sur les droits de l'Homme et la justice administrative, a refusé une offre venant du CPP, alléguant qu'elle était heureuse dans son travail. Rose Mensah-Kutin, directrice exécutive de Abantu, s'est très tôt désistée lorsque le NPP faisait parler d'elle. Que faire? Awity soutient des mesures de discrimination positive avec un certain nombre de sièges parlementaires réservés aux femmes. Lamptey suggère d'exonérer les femmes candidates du payement des frais d'inscription au parti avant les primaires et d'autres frais plus tard à la Commission électorale. Awity, qui malgré sa défaite amère, travaille avec l'équipe présidentielle consultative du NPP, a déclaré que "le parti est devenu conscient du facteur argent comme une chose qui empêche la participation des femmes et qui doit être combattue sérieusement".
Elle a admis qu'on devrait laisser tomber les frais pour les femmes ou que le gouvernement devrait créer un fonds pour soutenir les femmes candidates. Toutefois, elle a averti qu'une surveillance stricte serait nécessaire pour empêcher le détournement. Alors Awity peut s'inquiéter de gagner des voix, au lieu de les acheter.

