JOHANNESBURG, 18 oct (IPS) – L'enthousiasme tempéré par des notes de prudence a caractérisé le Forum des affaires du groupe IBSA (Inde, Brésil et Afrique du Sud), tenu à Johannesburg en prélude au tout dernier sommet des chefs d'Etat des trois pays.
Environ 200 délégués étaient présents au forum mardi, dont beaucoup étaient impatients de connaître les perspectives d'accroître le commerce trilatéral. Au même moment, ils ont été pleinement informés des barrières qui entravent toujours le progrès. "Le niveau actuel du commerce entre les trois pays est très bas, lamentablement bas, et le monde des affaires s'inquiète de ces niveaux des échanges entre les trois pays", a déclaré à IPS, Jerry Vilakazi, président directeur général de 'Business Unity South Africa' (BUSA), ajoutant que seulement deux pour cent du commerce extérieur combiné des trois Etats ont été entrepris les uns avec les autres. La BUSA intervient au nom du commerce sud-africain sur les questions qui le concernent au plan national et international. Vilakazi a indiqué qu'il restait davantage à faire pour aider les hommes et femmes d'affaires des nations du groupe IBSA à reconnaître les opportunités d'affaires et d'investissement. "Nous devons comprendre : quelles sont les opportunités d'affaires que nous n'avons pas saisies au sein des trois pays? Pour parvenir à cette compréhension, Vilakazi croit que des hommes et femmes d'affaires devraient se rencontrer plus souvent pendant les sommets des chefs d'Etat et tenir des sessions spéciales destinées à explorer les opportunités d'affaires. Les septiques prétendent que le commerce trilatéral du groupe IBSA n'atteindra probablement pas des sommets qui mettraient en cause les liens commerciaux existants avec le Nord industrialisé, parce que tous les trois Etats ont essentiellement des économies émergentes qui produisent des biens d'exportation similaires. Toutefois, ce point de vue a été rejeté par Habil Khorakiwala, président de la Fédération des chambres de commerce et d'industrie indiennes, qui a soutenu qu'il y avait en fait "un degré élevé de complémentarité". Il a également identifié quatre domaines où, selon lui, il y a une grande étendue de synergie entre les trois pays : l'agriculture et la transformation des aliments, les produits pharmaceutiques, le transport et l'énergie.
Khorakiwala a indiqué que l'Inde a un "énorme déficit énergétique" tandis que le Brésil est un leader mondial dans les biocarburants et l'Afrique du Sud a développé des méthodes innovatrices pour produire des combustibles synthétiques à partir du charbon. Il croit que ces différences dans le secteur énergétique donneront plus d'occasions pour la coopération Sud-Sud. Khorakiwala, qui dirige également une grande industrie pharmaceutique en Inde, pense que bien que tous les trois membres du groupe IBSA fabriquent des produits pharmaceutiques, il est possible de faire le commerce dans ce secteur parce qu'ils ne fabriquent pas les mêmes produits. Toutefois, il a souligné que le commerce trilatéral était en train d'être sérieusement entravé par des liens de transport inadéquats entre l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud. Il est extrêmement difficile de prendre un vol entre l'Inde et l'Afrique du Sud, et de la même manière il est difficile de trouver une place sur les vols quotidiens entre l'Afrique du Sud et le Brésil.
Pendant que les compagnies aériennes désirent vivement tirer profit de la demande croissante pour les voyages entre les pays du groupe IBSA, les gouvernements mettent du temps à négocier et à accorder des routes et des droits d'atterrissage. Le ministre sud-africain du Commerce et de l'Industrie, Mandisi Mpahlwa, a pris un engagement pour le forum d’aborder cette question. Il a également promis de traiter une autre doléance exprimée par plusieurs hommes d'affaires indiens, concernant les difficultés à obtenir des visas pour visiter l'Afrique du Sud. Ils ont dit que cette situation avait dissuadé beaucoup d'entre eux d'explorer des opportunités d'affaires ici.
Mpahlwa a affirmé que le commerce Sud-Sud de développait rapidement. Il a reconnu toutefois qu'il y avait encore beaucoup plus de barrières au commerce entre les pays du Sud qu'il y en avait pour leurs homologues du Nord. Il a reconnu également que dans beaucoup de cas, ce sont des barrières non-tarifaires — lourdeurs administratives et règlements — qui ont le plus grand effet d'amortissement sur le commerce entre nations en développement. Les présidents Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, Luiz Inácio da Silva du Brésil et le Premier ministre Manmohan Singh de l'Inde ont signé un certain nombre d'accords importants quand ils se rencontrés à Pretoria, la capitale sud-africaine mercredi. Ces accords constituent des étapes vers un accord de libre-échange couvrant tous les trois pays. La rencontre de mercredi était le deuxième sommet du groupe IBSA.
L'IBSA a été créé en 2003, dans l'espoir que les trois puissances régionales pourraient développer la coopération Sud-Sud et le commerce.

