NAIROB, 22 juill. (IPS) – Les Nations Unies devraient accorder
une
attention particulière aux problèmes écologiques afin d'éviter les
futures
crises qui risquent de menacer l'environnement, a indiqué un
nouveau rapport
publié à Nairobi.
Le rapport de 32 pages, produit par un groupe de travail, indique
que l'ONU
sera dépassé par les événements si elle n'arrive pas à résoudre
les
problèmes actuels.
"Les exigences de l'homme sur la planète continuent d'augmenter à
mesure
que la pauvreté et la richesse s'installent en parallèle à travers
le globe
et l'environnement continue de se détériorer dans plusieurs
endroits du
monde", a-t-il déclaré.
"Quelques tendances sociales, économiques et technologiques
aggravent ces
problèmes… De plus, l'urbanisation rapide dépasse la provision
des
services nécessaires pour la santé et le bien-être".
Le rapport a été décrit comme un événement important dans la
réforme des
Nations Unies.
Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, qui était en visite à
Nairobi en
mai dernier, a appelé au renforcement du programme des Nations
Unies pour
l'environnement (PNUE) et du centre des Nations Unies pour
l'habitat (Habitat).
L'une des grandes recommandations des 21 membres du groupe de
travail
composé des ministres de l'environnement, des hauts responsables
de l'ONU et
des représentants des organisations non-gouvernementales (ONG),
est
d'établir administrativement une liaison entre le PNUE et
'Habitat' et de
faire d'eux un point de mire pour toutes les activités des Nations
Unies sur
l'environnement et l'habitat.
Le groupe de travail, qui a été nommé par Annan au début de cette
année
pour examiner le rôle joué par l'ONU sur les questions de
l'environnement et
de l'habitat, a recommandé la mise en place d'un groupe inter
agence de
gestion "efficace" de l'environnement (UNON) pour remplacer
l'ancien
groupe de coordination de l'environnement.
"L'UNON se chargera à la fois des procédures administratives et
budgétaires
du PNUE et 'Habitat', a déclaré le directeur exécutif du
PNUE/UNON, Klaus
Toepfer. "C'est un signe évident que le PNUE doit s'aligner
derrière toutes
les questions environnementales au sein du système de l'ONU. La
plus grande
question est de savoir comment gérer les conventions et les
secrétariats
dispersés à travers le monde".
Le PNUE a été crée en juin 1972 au lendemain de la conférence
intergouvernementale sur l'environnement tenue à Stockholm, en
Suède, et au
cours de laquelle il a été mandaté d'agir en tant que catalyseur
et
d'organiser un forum pour débattre des questions environnementales
au sein
du système des Nations Unies. Dès lors un certain nombre de
conventions
relatives aux questions spécifiques de l'environnement telles la
désertification, le changement de climat et la protection de la
couche
d'ozone ont été approuvées, mais leurs secrétariats sont dispersés
à travers
le monde.
'Habitat' a été crée sept années après la première conférence des
Nations
unies sur l'habitat à Vancouver au Canada en 1976. Les deux
institutions
sont basées à Nairobi, la capitale kenyane.
Toepfer qui a dirigé le groupe de travail a été nommé la semaine
dernière
pour présider 'Habitat', un poste qu'il a arraché à Darshan Johal
qui a
quitté Nairobi après une période de trois mois. Toepfer a indiqué
que sa
nomination n'est pas synonyme de fusion des deux institutions.
"Il existe
une coïncidence vitale entre le PNUE et 'Habitat', mais ils
demeurent des
institutions clairement différentes", a-t-il confié aux
journalistes.
Des propositions pour réimplanter les deux institutions, qui sont
actuellement les seuls secrétariats des agences des nations unies
dans un
pays en voie de développement, ont été rejetées par le groupe de
travail. Au
contraire le groupe de travail cherche à conclure un accord avec
le
gouvernement kenyan pour améliorer le secteur des
télécommunications et
freiner les crimes, qui constituent la préoccupation majeure du
secrétariat.
"L'ONU a besoin d'urgence d'un excellent centre pour
l'environnement et
l'Habitat", a déclaré Toepfer.
La crise financière sévère qui secoue 'Habitat' inquiète aussi
Toepfer. "Il
existe des situations qui menacent 'Habitat', et auxquelles des
solutions
urgentes sont nécessaires. J'espère qu'il se stabilisera et se
développera", a-t-il déclaré.
Malgré la crise, Toepfer a indiqué que 'Habitat' peut avoir plus
d'importance que le PNUE, en raison de la présente migration des
populations, des mauvaises conditions de logement et de santé dans
les plus
grandes villes du monde, comme une conséquence de la pollution.
Avec l'accroissement rapide de la population mondiale à un rythme
de 86
millions de personnes par an, 'Habitat' sera plus que jamais
bousculé.
"Dans les 15 ou 20 prochaines années, 'Habitat' sera aussi
important et
indispensable que le PNUE avec les problèmes croissants de
l'urbanisation",
a-t-il déclaré.

