/REPETITION CORRIGEE/POLITIQUE-NIGERIA: Des élections législatives libreset équitables, selon des observateurs

LAGOS, 17 avr (IPS) – Les élections législatives du Nigeria ont été qualifiées, mercredi, aussi bien par des observateurs nationaux qu'internationaux de "libres et équitables", mais la validité de leurs résultats a été rejetée par des partis d'opposition.

Selon les observateurs, seules des insuffisances mineures comme le démarrage tardif des élections, ainsi que le matériel électoral manquant et la mauvaise organisation, ont été constatées pendant le scrutin de samedi.

Ils ont exhorté la Commission électorale nationale indépendante (INEC) à "corriger ces insuffisances" avant l'élection présidentielle du 19 avril.

"Il y a eu des problèmes logistiques dans plusieurs Etats mais, en général, les élections ont été libres et équitables. Le matériel électoral manquait et l'ouverture de milliers de bureaux de vote dans certains Etats a été retardée. Par conséquent, le processus de collecte de résultats a souffert d'une mauvaise organisation, de bureaux de centralisation inadaptés et d'éclairage insuffisant", a déclaré Salim Ahmed Salim, ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), qui dirige actuellement l'équipe d'observateurs du Commonwealth au Nigeria. Le Commonwealth est une organisation d'environ 50 Etats indépendants qui faisaient précédemment partie de l'Empire britannique, créée pour encourager les relations commerciales et amicales entre ses membres. "Maintenant que les préparations sont en cours pour les élections du président et des gouverneurs, il est temps d'étudier la manière dont les insuffisances des élections législatives peuvent être surmontées. Ceci inclut le resserrement de son planning afin que tous les bureaux de vote reçoivent leur matériel essentiel à temps et ouvrent à l'heure", a indiqué Salim. Mercredi après-midi, les deux-tiers des votes avaient été dépouillés. Sur les 287 des 360 sièges de la Chambre des représentants qui avaient été proclamés, le parti au pouvoir, le People's Democratic Party (PDP) — du président en exercice, Olusegun Obasanjo, qui est largement perçu comme pouvant être réélu samedi — a remporté 170 des sièges.

Son plus proche rival, le All Nigeria People's Party (ANPP) de l'ancien dirigeant militaire Muhammadu Buhari, avait 81 sièges tandis que l'Alliance de la démocratie (AD) en avait 30. Dans le Sénat de 109 membres, le PDP a obtenu 52 sièges des 82 sièges proclamés jusqu'ici. Le ANPP avait 25 et l'AD cinq sièges.

Toutefois, 12 partis politiques, y compris le All Nigeria People's Party, se sont retrouvés à Abuja, la capitale du Nigeria, mardi, et ont rejeté les résultats des élections de samedi, les qualifiant de "faux" et exigeant leur annulation.

"Nous avons passé en revue toutes les procédures fixées pour la conduite raisonnable, libre et équitable des élections et avons constaté qu'il y avait des abus dans le système, et que les résultats émanant d'une telle conduite pourraient ne pas être assez bons pour être acceptés", a indiqué Don Etiebet, un porte-parole du groupe. "Des dispositions adéquates n'avaient pas été prises pour que le matériel électoral soit prêt pour une élection sans anicroche. Le PDP et les agents de sécurité ont travaillé la main dans la main pour détourner ce matériel.

Certains de ces résultats étaient si importants qu'ils ne correspondaient pas au nombre de personnes inscrites", a-t-il allégué. "Nous voulons que l'INEC admette qu'il y avait des imperfections dans l'élection et qu'elle annule les résultats. Nous n'accepterons aucune autre alternative. Parce que nous ne faisons nullement confiance à l'INEC pour conduire les élections du président et des gouverneurs le 19 avril", a ajouté Etiebet.

Mais des analystes disent que les 12 partis politiques — tous des nouveaux venus sur l'échiquier politique du Nigeria — ne sont pas parvenus à avoir un impact parce qu'ils doivent encore se consolider. "Les 12 partis ont présenté des candidats contre des leaders politiques bien implantés, ayant des structures politiques complètes et fonctionnelles, avec un attirail de fonction, qu'ils ont utilisé au détriment des nouveaux partis", a déclaré un analyste.