NATIONS UNIES, 26 sept. (IPS) – Le Fonds Mondial pour les Vaccins
Infantiles
a promis des vaccins et des financements d'une valeur de 150
millions de
dollars à 13 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine au cours
des cinq
prochaines années.
Lancé à la fin de l'année 1999 à travers une contribution de 750
millions de
dollars faite par la fondation "Bill and Melinda Gate
Foundation", le
Fonds Mondial, apporte l'appui financier directement aux pays à
faible
revenu, pour renforcer leurs services d'immunisation et pour
acheter de
nouveaux vaccins, ainsi que des vaccins sous-utilisés.
Depuis son lancement, le Fonds a pu réunir 200 autres millions de
dollars
auprès des gouvernements de Norvège, des Etats Unis et du Royaume
Uni.
D'autres gouvernements, y compris les Pays-Bas et le Canada, ont
promis
d'apporter leur contribution au Fonds.
Le Cambodge, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la Guyane, le Kenya, la
République du Kurdistan, le Laos, Madagascar, le Malawi, le Mali,
le
Mozambique, le Rwanda et la Tanzanie recevront les premiers lots
de vaccins
et de financements du Fonds Mondial, a-t-on annoncé la semaine
dernière.
L'assistance technique et financière renforcera soit les systèmes
d'immunisation de base déjà en place, ou introduiront des vaccins
plus
nouveaux, sous-utilisés tels que ceux de l'Hépatite B et de la
grippe de
type B (Hib). Certains pays recevront un appui dans les deux
domaines.
"Quelques-uns de ces pays n'ont pas pu améliorer ou rehausser
leurs
programmes d'immunisation pendant 15 ans", a indiqué à IPS Scott
Wittet de
Bill and Melinda Gates Foundation. Les chambres froides utilisées
pour
préserver les vaccins sont dans un état de délabrement ou sont
démodées et
la capacité de transport des vaccins est limitée", a ajouté
Wittet.
"La disponibilité des ressources provenant du Fonds Mondial
permet
actuellement aux autorités sanitaires d'évaluer de façon critique
leurs
programmes en cours et d'identifier des approches d'intégration
des
activités d'immunisation dans leurs services sanitaires qui soient
plus
durables et plus collaboratrices", a déclaré Jacques-François
Martin,
Président du Fonds Mondial.
Grâce aux décaissements du Fonds Mondial – qui devrait parvenir
aux pays
vers la fin du mois de novembre 2000 – ces pays pourront immuniser
4
millions d'enfants contre l'hépatite B d'ici la fin de 2001.
De plus, 600.000 autres enfants qui autrement n'auraient reçu
aucune
immunisation seront protégés. Cela représentera une augmentation
de 10 pour
cent dans la couverture d'immunisation de base.
Ces premiers dons pourraient sauver plus de 100.000 vies chaque
année selon
Alliance Mondiale pour les Vaccins et l'Immunisation (AMVI) – une
coalition
d'organisations formée en 1999, en réponse aux taux d'immunisation
mondiale
qui étaient stagnants et aux disparités grandissantes entre les
pays en voie
de développement et les pays industrialisés, en ce qui concerne
l'accè s aux
vaccins.
Le Fonds Mondial est l'un des quelques programmes financiers qui
sont utilisés
pour aider à lutter contre les taux d'immunisation en baisse et
pour
accélérer l'introduction de nouveaux vaccins et de vaccins sous-
utilis és
dans les pays les plus pauvres du monde", a déclaré le Dr. Gro
Harlem
Brundtland, Directrice Générale de l'OMS et Présidente de AMVI.
"Il est évident que les vaccins sauvent des vies et il est
inacceptable que
30 millions d'enfants aujourd'hui ne soient pas totalement
vaccinés",
a-t-elle ajouté.
Actuellement, les vaccins sauvent la vie d'environ 3 millions
d'enfants par
mois. Toutefois, l'AMVI estime que 3 autres millions d'enfants
meurent par
manque d'immunisation.
Par exemple, la rougeole, qui passe pratiquement inaperçue dans
les pays
occidentaux aujourd'hui, tue à peu près un million d'enfants
chaque année et
la pneumonie et la méningite causées par la grippe tuent 400.000
autres
enfants par an, selon les estimations du Fonds Mondial.
La procédure du Fonds Mondial est destinée à acheminer les
ressources de
manière rationnelle dans les systèmes sanitaires nationaux des
pays en
développement, et le Fonds espère qu'approximativement 98 pour
cent de ses
ressources actuelles iront directement aux programmes nationaux
d'immunisation.
"Le facteur déterminant de ce processus est la collaboration
étroite entre
les partenaires impliqués – le Fonds Mondial, l'AMVI, l'OMS,
l'UNICEF, et le
pays bénéficiaire", a indiqué Wittet.
Bien que le financement n'ait pas encore commencé à être envoyé,
le Fonds
Mondial a entammé des consultations avec les branches de l'OMS et
de
l'UNICEF dans les pays bénéficiaires, ainsi qu'avec les agences
pourvoyeurs
de soins de santé pour s'assurer que les fonds seront
rationnellement
affectés, a déclaré Wittet.
"Nous expérimentons des méthodes pour décaisser l'argent là où il
y aura
assez de surveillance pour s'assurer que les fonds ne sont pas
détournés de
l'amélioration du programme de vaccination", poursuit-il. "De
plus,
l'UNICEF uvre actuellement pour s'assurer que les vaccins sont
fournis en
grandes quantités et au plus bas prix possible".
A l'annonce de ces dons par le Fonds Mondial le mercredi, le
Président
américain, Bill Clinton a fait l'éloge de l'AMVI qu'il a qualifié
d'un genre
de partenariat novateur dont nous avons besoin pour apporter les
vaccins aux
enfants qui ont en le plus besoin – et pour montrer aux industries
que si
elles développent des vaccins pour les pays les plus pauvres, nous
les
aideront à payer pour cela".
Le Fonds Mondial travaillera avec l'AMVI pour décider des
programmes à
financer à l'avenir en se basant sur les applications nationales
nécessitant
des projets complets de cinq ans, qui démontrent l'investissement
gouvernemental plus accru (et une baisse de l'aide extérieure)
pendant cette
période. Des dons ultérieurs aux programmes acceptés cette année
seront
basés sur la capacité du pays à mettre en place sa proposition de
projet et
à réaliser ses objectifs.
Trente autres pays espèrent soumettre leurs propositions pour la
prochaine
revue du Fonds Mondial en octobre. Le Fonds compte apporter,
pendant les
deux prochaines années, une certaine forme d'appui à tous les 74
pays
éligibles, ceux qui ont un Produit Intérieur Brut de moins de
1.000 dollars
par tête d'habitant.
"Cette nouvelle approche – lancer un appel public à tous les pays
éligibles
et leur demander de concevoir des programmes améliorés
d'immunisation basés
sur les besoins et les conditions locaux – trouvent actuellement
un écho
favorable parmi les bailleurs et les autorités des pays en voie de
développement", a déclaré Carol Bellamy, directeur exécutif de
l'UNICEF et
membre du conseil d'administration de l'AMVI.
"Jamais auparavant, nous n'avons pu apporter ce niveau
d'assistance
directement aux pays en un temps aussi court. Cela est important
parce que
l'immunisation est l'une de nos interventions de santé publique
les plus
coûteuses", a indiqué Brundtland.

