{"id":7133,"date":"2018-07-07T10:26:33","date_gmt":"2018-07-07T10:26:33","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/?p=7133"},"modified":"2018-07-09T18:25:30","modified_gmt":"2018-07-09T18:25:30","slug":"les-experts-denoncent-lexclusion-des-agriculteurs-locaux-africains-dans-les-efforts-pour-la-securite-alimentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2018\/07\/07\/les-experts-denoncent-lexclusion-des-agriculteurs-locaux-africains-dans-les-efforts-pour-la-securite-alimentaire\/","title":{"rendered":"Les experts d\u00e9noncent l&#8217;exclusion des agriculteurs locaux africains dans les efforts pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 7 juil. 2018 (IPS) &#8211; Joshua Kiragu se souvient de ces ann\u00e9es pass\u00e9es o\u00f9 seulement un de ses deux hectares de terre produisait au moins 40 sacs de ma\u00efs. C&#8217;\u00e9tait il y a 10 ans. Aujourd&#8217;hui, Kiragu peut \u00e0 peine racler pour tirer 20 sacs du petit bout de terre qui lui reste- lequel mesure \u00e0 peine un hectare.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Kiragu, originaire de la r\u00e9gion de la Vall\u00e9e du Rift, au Kenya, dit \u00e0 IPS que des ann\u00e9es de conditions m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames et drastiques continuent de faire sentir leurs effets sur son activit\u00e9 du ma\u00efs jadis florissante. Son affaire, dit-il, s&#8217;est presque effondr\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais la situation de Kiragu n&#8217;est pas unique. Les effets de la d\u00e9gradation des terres et de la d\u00e9sertification sont quelques-uns des principaux d\u00e9fis auxquels sont confront\u00e9s les petits agriculteurs aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>\u00abLes pressions d\u00e9mographiques ont conduit \u00e0 une subdivision extr\u00eame des terres dans leur r\u00e9partition, les fermes se r\u00e9tr\u00e9cissent et cela affecte la bonne gestion des terres &#8211; de plus petites terres signifient que les agriculteurs surexploitent leurs plantations chaque ann\u00e9e\u00bb, explique Allan Moshi, expert en politique fonci\u00e8re en Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p>Les statistiques de l&#8217;Organisation des Nations Unies pour l&#8217;Alimentation et l&#8217;Agriculture (FAO) montrent que la majorit\u00e9 des agriculteurs africains exploitent actuellement moins d&#8217;un hectare de terre. \u00ab C&#8217;est le cas de la Zambie o\u00f9 pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des exploitations agricoles s\u2019\u00e9talent sur moins d&#8217;un hectare de terre, avec au moins 75% des petits exploitants exploitant moins de deux hectares \u00bb, explique Moshi \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>Alors que les petits agriculteurs contribuent \u00e0 la d\u00e9gradation des terres par une gestion m\u00e9diocre des terres, des experts comme Moshi craignent que les agriculteurs locaux restent \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie des efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour faire face \u00e0 l&#8217;impact de la d\u00e9sertification.<\/p>\n<p>&#8220;Leur exclusion continuera \u00e0 limiter le succ\u00e8s que nous pouvons atteindre avec des interventions en cours&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Moshi dit que la situation est d\u00e9sastreuse car les petits agriculteurs \u00e0 travers l&#8217;Afrique contribuent au moins \u00e0 75 pour cent des produits issus de l\u2019agriculture, selon la FAO. En Zambie, par exemple, plus de 600 000 exploitations d&#8217;une superficie moyenne de moins d&#8217;un hectare produisent environ 300 000 tonnes de ma\u00efs. Bien que la production de ces petites exploitations r\u00e9ponde aux besoins alimentaires des 17 millions d&#8217;habitants du pays, celles-ci ne disposent pas de syst\u00e8mes d&#8217;irrigation modernis\u00e9s, ce qui rend leurs cultures vuln\u00e9rables aux changements climatiques extr\u00eames lorsque ces derniers se produisent.<\/p>\n<p>Il ajoute que pour relever les d\u00e9fis du d\u00e9clin de la fertilit\u00e9 des sols et pour restaurer les terres, les agriculteurs doivent \u00ab adopter un syst\u00e8me semencier plus r\u00e9silient, de meilleures pratiques et technologies agricoles \u00bb.<\/p>\n<p>Reckson Matengarufu, expert en agroforesterie et en s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au Zimbabwe, indique qu&#8217;au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, la Zambie a rejoint une liste sans cesse croissante de pays caract\u00e9ris\u00e9s par un d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique, une p\u00e9nurie d&#8217;eau, des temp\u00e9ratures inhabituellement \u00e9lev\u00e9es et une diminution des terres agricoles.<\/p>\n<p>Les autres pays sont constitu\u00e9s du Burkina Faso, du Tchad, de la Gambie, du Ghana, du Mali, du Nig\u00e9ria, du Rwanda, du S\u00e9n\u00e9gal et du Zimbabwe.<\/p>\n<p>&#8220;Ce sont aussi des pays qui ont sign\u00e9 et ratifi\u00e9 la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la d\u00e9sertification (UNCCD) qui vise \u00e0 lutter contre la d\u00e9sertification et contre les effets de la s\u00e9cheresse et les menaces sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dues \u00e0 des temp\u00e9ratures inhabituellement \u00e9lev\u00e9es &#8220;, explique Moshi.<\/p>\n<p>Mais Matengarufu souligne la n\u00e9cessit\u00e9 pour les pays de renforcer les capacit\u00e9s et la compr\u00e9hension des petits agriculteurs sur les efforts de transformation.<\/p>\n<p>\u00abIl est n\u00e9cessaire d&#8217;introduire l&#8217;agroforesterie, par laquelle les agriculteurs int\u00e8grent arbres, cultures et b\u00e9tail sur la m\u00eame parcelle de terrain, dans des discussions sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Selon l&#8217;UNCCD, au Zimbabwe seulement, plus de la moiti\u00e9 des terres agricoles sont affect\u00e9es par la d\u00e9gradation des sols. Et au Burkina Faso, environ 470 000 des 12 millions d&#8217;hectares de terres agricoles sont sous la menace d&#8217;une grave d\u00e9gradation des terres.<\/p>\n<p>Des experts comme Mary Abukutsa-Onyango, professeur d&#8217;horticulture \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 d&#8217;agriculture et de technologie Jomo Kenyatta, au Kenya, s&#8217;inqui\u00e8tent du fait que la d\u00e9sertification r\u00e9duit rapidement la quantit\u00e9 de terres disponibles pour l&#8217;agriculture.<\/p>\n<p>Les experts en agroforesterie encouragent de plus en plus les agriculteurs \u00e0 prendre \u00e0 leur compte les efforts d&#8217;int\u00e9gration &#8220;afin qu&#8217;ils puissent tirer profit de la r\u00e9colte de nombreuses cultures et pas seulement de la plantation de ma\u00efs sur la m\u00eame parcelle chaque ann\u00e9e&#8221;, explique Matengarufu.<\/p>\n<p>Abukutsa-Onyango ajoute que le mauvais syst\u00e8me semencier en Afrique a fait qu\u2019il est difficile pour les agriculteurs de prot\u00e9ger leurs terres d&#8217;une d\u00e9gradation suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>La recherche montre que pour am\u00e9liorer la production en Afrique subsaharienne, il est n\u00e9cessaire de revoir le syst\u00e8me semencier et de faire passer l&#8217;\u00e2ge moyen des graines cultiv\u00e9es de 15 \u00e0 20 ans \u00e0 moins de 10 ans.<\/p>\n<p>\u00abLes fermes perdent rapidement leur capacit\u00e9 de production parce qu&#8217;elles conservent les semences des r\u00e9coltes pr\u00e9c\u00e9dentes, empruntent \u00e0 leurs voisins ou ach\u00e8tent des semences non certifi\u00e9es sur leurs march\u00e9s locaux. Ces graines ne peuvent pas supporter les d\u00e9fis s\u00e9rieux auxquels fait face le secteur agricole &#8220;, dit Abukutsa-Onyango.<\/p>\n<p>Dans des pays comme le Kenya, le Malawi et le Zimbabwe, les agriculteurs re\u00e7oivent au moins 90% de leurs semences du secteur informel. Les recherches men\u00e9es par l&#8217;Alliance pour une r\u00e9volution verte en Afrique (AGRA) montrent qu&#8217;en moyenne, seulement 20% des agriculteurs en Afrique utilisent des semences de vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abPour que les pays africains parviennent \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle, les agriculteurs doivent avoir acc\u00e8s \u00e0 des vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 haut rendement qui sont con\u00e7ues pour s&#8217;adapter et prosp\u00e9rer malgr\u00e9 les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es et le temps erratique que nous vivons\u00bb, dit Abukutsa-Onyango.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l&#8217;AGRA d\u00e9nonce le fait qu&#8217;il existe encore tr\u00e8s peu de soci\u00e9t\u00e9s semenci\u00e8res priv\u00e9es locales en Afrique.<\/p>\n<p>AGRA continue \u00e0 pousser pour la mise en place de plus de ces entreprises. L&#8217;alliance a contribu\u00e9 \u00e0 la hausse des entreprises semenci\u00e8res locales \u00e0 travers l&#8217;Afrique subsaharienne, \u00e0 l&#8217;exclusion de l&#8217;Afrique du Sud, passant du chiffre marginal de 10 entreprises de ce type en 2007 \u00e0 au moins 10 fois plus d&#8217;ici 2018.<\/p>\n<p>Les experts soulignent qu&#8217;en moyenne, l&#8217;utilisation de semences am\u00e9lior\u00e9es et de bonnes pratiques agricoles permettront aux agriculteurs de produire plus du double de ce qu&#8217;ils produisent actuellement.<\/p>\n<p>Moshi affirme n\u00e9anmoins que la lutte contre les effets de la s\u00e9cheresse et de la d\u00e9sertification est loin d&#8217;\u00eatre gagn\u00e9e.<\/p>\n<p>Il d\u00e9nonce l&#8217;exclusion des communaut\u00e9s locales et le manque g\u00e9n\u00e9ral de sensibilisation, en particulier parmi les agriculteurs, sur le lien entre la mauvaise gestion des terres et la d\u00e9gradation des sols.<\/p>\n<p>&#8220;Nous avons \u00e9galement parmi les parties prenantes et les experts, des opinions divis\u00e9es sur les strat\u00e9gies efficaces de lutte contre la d\u00e9sertification, des contraintes financi\u00e8res et, dans de nombreux pays, un manque de bonne volont\u00e9 politique&#8221;, conclut-il.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 7 juil. 2018 (IPS) &#8211; Joshua Kiragu se souvient de ces ann\u00e9es pass\u00e9es o\u00f9 seulement un de ses deux hectares de terre produisait au moins 40 sacs de ma\u00efs. 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