{"id":6932,"date":"2014-03-06T13:40:01","date_gmt":"2014-03-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2014\/03\/06\/costa-rica-des-fermiers-deviennent-des-acrobates-du-changement-climatique\/"},"modified":"2014-03-06T13:40:01","modified_gmt":"2014-03-06T13:40:01","slug":"costa-rica-des-fermiers-deviennent-des-acrobates-du-changement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2014\/03\/06\/costa-rica-des-fermiers-deviennent-des-acrobates-du-changement-climatique\/","title":{"rendered":"COSTA RICA: Des fermiers deviennent des acrobates du changement climatique"},"content":{"rendered":"<p>ALVARADO, Costa Rica, 6 mars (IPS) &#8211; Jos\u00e9 Alberto Chac\u00f3n traverse le chemin sinueux dans  sa petite ferme sur les pentes du volcan Iraz\u00fa, au  Costa Rica, qui serpente parce qu&#39;il l\u2019a con\u00e7u pour  emp\u00eacher la pluie d&#39;emporter les nutriments du sol.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Son agriculture men\u00e9e attentivement assure ses cultures de haricots, de ma\u00efs et de carottes sur sa parcelle de demi-hectare, qui, comme celle de nombreux autres fermiers de la r\u00e9gion de Pacayas, est situ\u00e9e sur des pentes raides qui sont sujettes \u00e0 la perte de couches fertiles de la terre.<\/p>\n<p> Chac\u00f3n a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS qu&#39;il applique constamment des techniques comme la conception d&#39;un chemin sinueux, et la construction de terrasses ou de murs de retenue avec des restes de r\u00e9colte, et il se sent comme un acrobate qui saute d&#39;une mesure \u00e0 une autre pour maintenir sa ferme familiale en vie.<\/p>\n<p> &#8220;\u00c7a fait mal de voir le sol en train d\u2019\u00eatre emport\u00e9 dans le fleuve. Je vieillis et mon lopin de terre sera toujours de la m\u00eame taille, alors je dois trouver des moyens de le rendre plat avec des terrasses, afin de continuer \u00e0 l\u2019exploiter aussi longtemps que Dieu le veut&#8221;, a indiqu\u00e9 Chac\u00f3n, 51 ans, qui est mari\u00e9 et a trois enfants.<\/p>\n<p> Un de ses enfants aide dans la vente des produits exc\u00e9dentaires. Sa femme, Irma Rosa Loaiza, 50 ans, participe aux travaux champ\u00eatres. &#8220;Nous sommes un mod\u00e8le d&#39;agriculture familiale. Elle vient sur la parcelle pour apporter son aide&#8221;, a soulign\u00e9 son mari.<\/p>\n<p> La communaut\u00e9 de Pacayas, \u00e0 une heure de route \u00e0 l&#39;est de San Jos\u00e9, la capitale du Costa Rica, est situ\u00e9e \u00e0 l&#39;extr\u00eame-est de la vall\u00e9e centrale fertile du Costa Rica, entre les volcans Iraz\u00fa et Turrialba. La densit\u00e9 de la population est plus \u00e9lev\u00e9e que la moyenne nationale et elle re\u00e7oit 2.300 millim\u00e8tres de pluie par an, sur les pentes \u00e0 hauteur de 70 pour cent.<\/p>\n<p> Aujourd&#39;hui, le changement climatique est un autre facteur, augmentant les pr\u00e9cipitations et l&#39;\u00e9rosion du sol. Le minist\u00e8re de l&#39;Environnement et de l&#39;Energie estime que l&#39;\u00e9rosion a r\u00e9duit le produit int\u00e9rieur brut (PIB) agricole de 7,7 pour cent entre 1970 et 1989.<\/p>\n<p> Le recensement agricole 2014 peut montrer une aggravation de la situation dans ce pays d&#39;Am\u00e9rique centrale de 4,4 millions d\u2019habitants, o\u00f9 l&#39;agriculture a contribu\u00e9 pour 10,7 pour cent au PIB en 2000, mais 8,67 pour cent en 2012, selon les chiffres officiels.<\/p>\n<p> Chac\u00f3n, portant des bottes noires en caoutchouc et un chapeau blanc pour se prot\u00e9ger contre le soleil, avance le long des rang\u00e9es cultiv\u00e9es. Son champ a une pente de 50 pour cent, et il y a une diff\u00e9rence de hauteur atteignant 20 centim\u00e8tres entre les rang\u00e9es de ma\u00efs, assez pour que l&#39;eau de pluie ne se d\u00e9verse pas directement dans le fleuve Pacayas, dans le canyon en dessous.<\/p>\n<p> Il est un agriculteur de subsistance, comme le reste des fermiers de la r\u00e9gion, dont les parcelles sont d&#39;une superficie moyenne de 2,5 hectares et qui gagnent leur vie \u00e0 partir du flanc de la montagne. Si leurs r\u00e9coltes \u00e9chouent, ils ne mangent pas; s&#39;ils plantent \u00e0 outrance et que le sol est emport\u00e9, ils n\u2019arrivent \u00e9galement pas \u00e0 mettre de la nourriture sur la table.<\/p>\n<p> &#8220;Il doit y avoir un \u00e9quilibre entre la durabilit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Je ne peux pas dire aux gens de la localit\u00e9: cette terre est impropre \u00e0 l&#39;agriculture, vous devez planter des for\u00eats, parce que c&#39;est tout ce qu&#39;ils ont&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Beatriz Solano, un agronome, affect\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gion pendant les 17 derni\u00e8res ann\u00e9es par le minist\u00e8re de l&#39;Agriculture et de l&#39;Elevage.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude publi\u00e9e en 2013 par la revue &#39;Environmental Science &#038; Policy&#39; d\u00e9crit comment &#8220;une combinaison de pr\u00e9cipitations extr\u00eames, de topographie escarp\u00e9e et d&#39;une utilisation douteuse de la terre a entra\u00een\u00e9 une forte \u00e9rosion du sol et l\u2019affaiblissement des services de contr\u00f4le du sol&#8221; dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p> M\u00eame les familles qui poss\u00e8dent des terres sur des pentes plus douces ont d\u00fb appliquer de nouvelles techniques. La ferme biologique certifi\u00e9e, Guisol, en est un exemple. Ses propri\u00e9taires, Mar\u00eda Solano 68 ans, et Marta Guill\u00e9n, 43 ans, exploitent de petites parcelles en utilisant des haies vives pour contenir l&#39;\u00e9rosion, comme elles l\u2019ont montr\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Ce ne sont pas tous les producteurs de la r\u00e9gion qui sont conscients de l&#39;importance de telles actions. Une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en 2010 par un chercheur du Centre interam\u00e9ricain de recherche et de formation sur l\u2019agronomie tropicale (CATIE), bas\u00e9 dans ce pays, a constat\u00e9 que sept agriculteurs sur 10 \u00e0 Pacayas n&#39;ont pas utilis\u00e9 des techniques de protection du sol.<\/p>\n<p> En outre, la petite taille des fermes signifie qu&#39;elles ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du paiement pour le couvert forestier, le syst\u00e8me pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de contr\u00f4le de l&#39;\u00e9rosion au Costa Rica.<\/p>\n<p> Les experts disent que les derni\u00e8res pratiques de pr\u00e9servation du sol dans l&#39;agriculture familiale seront essentielles au Pacayas, en raison des changements dans les pr\u00e9cipitations.<\/p>\n<p> &#8220;Il y avait d\u2019habitude des pluies r\u00e9guli\u00e8res d&#39;octobre \u00e0 janvier ou f\u00e9vrier, avec un \u00e9pais brouillard. Aujourd\u2019hui, elles sont plus instables, et sans l&#39;eau les pommes de terre ne se d\u00e9veloppent pas, et ce sont les agriculteurs qui perdent, parce que les semences et les engrais sont de plus en plus chers&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Guillermo Quir\u00f3s, un fermier de 68 ans qui a d\u00fb reconstruire les canaux de drainage sur sa ferme il y a deux ans.<\/p>\n<p> * Jos\u00e9 Alberto Chac\u00f3n enl\u00e8ve les mauvaises herbes entre les plants de haricots sur sa petite ferme \u00e0 Pacayas, sur les pentes du volcan Iraz\u00fa, au Costa Rica. Les terrasses aident \u00e0 contr\u00f4ler les eaux de ruissellement qui, autrement, causeraient l&#39;\u00e9rosion du sol. Cr\u00e9dit: Diego Arguedas Ortiz\/IPS ** Les agriculteurs \u00e0 Pacaya cultivent des plantes de fa\u00e7on inclin\u00e9e sur la pente pour que les pluies n\u2019emportent pas leur sol. Dans ce micro-bassin, 68 pour cent des champs ont une pente de plus de 30 pour cent. Cr\u00e9dit: Diego Argueda Ortiz\/IPS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ALVARADO, Costa Rica, 6 mars (IPS) &#8211; Jos\u00e9 Alberto Chac\u00f3n traverse le chemin sinueux dans sa petite ferme sur les pentes du volcan Iraz\u00fa, au Costa Rica, qui serpente parce qu&#39;il l\u2019a con\u00e7u pour emp\u00eacher la pluie d&#39;emporter les nutriments&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2014\/03\/06\/costa-rica-des-fermiers-deviennent-des-acrobates-du-changement-climatique\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1100,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,11,6,12,1,39,7,3,21],"tags":[],"class_list":["post-6932","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-caraibe","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-politique","category-population-refugies","category-science-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6932","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1100"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6932"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6932\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6932"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6932"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6932"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}