{"id":6864,"date":"2013-10-30T13:40:01","date_gmt":"2013-10-30T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/10\/30\/cote-divoire-les-ruptures-dantiretroviraux-ne-favorisent-pas-la-ptme\/"},"modified":"2013-10-30T13:40:01","modified_gmt":"2013-10-30T13:40:01","slug":"cote-divoire-les-ruptures-dantiretroviraux-ne-favorisent-pas-la-ptme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/10\/30\/cote-divoire-les-ruptures-dantiretroviraux-ne-favorisent-pas-la-ptme\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Les ruptures d\u2019antir\u00e9troviraux ne favorisent pas la PTME"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 30 oct (IPS) &#8211; Au centre de sant\u00e9 communautaire de Cocody-Anono, au sud-est d\u2019Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, Bertine Bahi*, 32 ans, est assidue aux s\u00e9ances de sensibilisation sur la Pr\u00e9vention de la transmission m\u00e8re-enfant (PTME) destin\u00e9e aux femmes s\u00e9ropositives.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D\u00e9pist\u00e9e s\u00e9ropositive, il y a deux mois, elle porte une grossesse de 20 semaines en octobre, mais Bahi n\u2019a pas d\u00e9voil\u00e9 son statut s\u00e9rologique \u00e0 son \u00e9poux. &quot;En d\u00e9pit des conseils de la sage-femme, c\u2019est difficile d\u2019en parler \u00e0 mon mari. Si je le fais, je prends la porte&quot;, affirme Bahi \u00e0 IPS. &quot;Pour le moment, quand il y a des antir\u00e9troviraux (ARV) disponibles, je les prends en cachette \u00e0 la maison&quot;.<\/p>\n<p> Suzanne Asseman*, 37 ans, m\u00e9nag\u00e8re \u00e0 Agboville, dans le sud de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, a d\u00fb se rendre \u00e0 Abidjan pour recevoir des ARV. Elle conna\u00eet son statut s\u00e9rologique depuis juin 2012. Mais, lorsqu\u2019elle a re\u00e7u sa dotation du mois d\u2019octobre en ARV, elle venait d\u2019en manquer pour cinq semaines de traitement.<\/p>\n<p> Enceinte de sept mois, Asseman a toujours patient\u00e9 une \u00e0 deux semaines pour obtenir ses m\u00e9dicaments. Mais cette fois, l\u2019attente a \u00e9t\u00e9 longue. &quot;C\u2019est difficilement que j\u2019ai accept\u00e9 de prendre des ARV. Et l\u00e0 o\u00f9 j\u2019\u00e9tais, les m\u00e9dicaments arrivaient en \u00e9tat de p\u00e9remption. Je me dis qu\u2019au lieu de continuer \u00e0 courir apr\u00e8s, je pr\u00e9f\u00e8re arr\u00eater&quot;, confie-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> La stigmatisation conna\u00eet un regain et les ruptures r\u00e9guli\u00e8res des ARV compliquent un peu plus la t\u00e2che aux patientes, souligne Rolande Yao, assistance sociale dans un centre de PTME \u00e0 Att\u00e9coub\u00e9 (centre d\u2019Abidjan).<\/p>\n<p> Selon Yao, le d\u00e9pistage des femmes enceintes a souvent des effets n\u00e9gatifs dans des couples. &quot;Lorsqu\u2019un homme est inform\u00e9 du statut s\u00e9rologique positif de sa femme, il la soup\u00e7onne d\u2019\u00eatre infid\u00e8le&quot;, d\u00e9clare Yao \u00e0 IPS. &quot;Non seulement il refuse de se faire d\u00e9pister lui-m\u00eame, mais aussi, il r\u00e9pudie la femme&quot;.  Yao indique que sept femmes sur dix, sont confront\u00e9es \u00e0 la r\u00e9pudiation et malgr\u00e9 les interventions du personnel m\u00e9dical, elles ne sont plus accept\u00e9es par leur mari.  Selon l\u2019assistance sociale, l\u2019une des cons\u00e9quences de cette situation est que tr\u00e8s souvent, des femmes enceintes d\u00e9pist\u00e9es s\u00e9ropositives, changent de site de consultation &#8211; volontairement ou non &#8211; et refusent le d\u00e9pistage dans le nouveau centre de sant\u00e9 o\u00f9 elles se rendent.  La stigmatisation est telle que de nombreuses femmes enceintes d\u00e9pist\u00e9es pr\u00e9f\u00e8rent garder le silence. Une fois d\u00e9pist\u00e9es s\u00e9ropositives, certaines femmes &quot;deviennent des cas perdus&quot; parce qu\u2019elles \u00e9chappent au contr\u00f4le m\u00e9dical rigoureux, ajoute Yao.  Selon Cyriaque Ako, coordonnateur du projet &#39;Mother to Child&#39;, initi\u00e9 par un consortium d\u2019ONG bas\u00e9es \u00e0 Abidjan, ces cas perdus se retrouvent g\u00e9n\u00e9ralement chez des gu\u00e9risseurs traditionnels.  A Yopougon, la commune la plus peupl\u00e9e du pays, ces femmes pr\u00e9f\u00e8rent aller chez des gu\u00e9risseurs, rapporte Ako, dont le projet vise \u00e0 ramener, depuis deux ans, 15.000 m\u00e9nages des quartiers pr\u00e9caires vers des centres de sant\u00e9 et de d\u00e9pistage volontaire.<\/p>\n<p> Il explique l\u2019attitude de ces femmes par le fait que la politique de la PTME n\u2019est pas encore accessible \u00e0 la majorit\u00e9 des femmes enceintes. &quot;Ce sont 56 pour cent des sites de consultation qui n\u2019offraient pas de services de PTME depuis 2010&quot;, souligne Ako.<\/p>\n<p> Dans son rapport 2013 sur les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s contre le SIDA, l\u2019ONUSIDA indique qu\u2019en C\u00f4te d\u2019Ivoire, trois femmes enceintes sur dix, vivant avec le VIH, ne re\u00e7oivent pas d\u2019antir\u00e9troviraux. Et 17 pour cent des d\u00e9c\u00e8s maternels sont dus au VIH.  Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, dans un rapport national 2012 indiquait que des progr\u00e8s notables ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la PTME, avec l\u2019acc\u00e8s gratuit aux ARV en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Le minist\u00e8re affirme que 50 pour cent des femmes enceintes s\u00e9ropositives re\u00e7oivent actuellement des ARV, contre 46 pour cent en 2010. Et le nombre de sites offrant les services de PTME est pass\u00e9 de 554 en 2009 \u00e0 652 en 2010.  Selon l\u2019ONUSIDA, le nombre de personnes s\u00e9ropositives est de 450.000 environ en 2013, dont la moiti\u00e9 sont des femmes, tandis que le taux de pr\u00e9valence du VIH se situe \u00e0 3,2 pour cent dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest, peupl\u00e9 de quelque 20 millions d\u2019habitants.<\/p>\n<p> Mais, les organisations anti-SIDA constatent que depuis la fin de la crise post\u00e9lectorale de 2011-2012, les personnes vivant avec le VIH semblent abandonn\u00e9es. Elles tirent r\u00e9guli\u00e8rement la sonnette d\u2019alarme sur les ruptures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es d\u2019ARV.<\/p>\n<p> L\u2019une des principales causes de la p\u00e9nurie d\u2019ARV, selon les ONG, a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9sorganisation du syst\u00e8me sanitaire pendant une d\u00e9cennie de crise politique apr\u00e8s une r\u00e9bellion arm\u00e9e dans le nord et l\u2019ouest du pays, et en particulier pendant la guerre civile post\u00e9lectorale (2010-2011).  A cette p\u00e9riode, les ports ivoiriens &#8211; Abidjan et San Pedro &#8211; \u00e9taient sous embargo, comme les armes aussi, afin de contraindre l\u2019ancien pr\u00e9sident Laurent Gbagbo \u00e0 quitter le pouvoir apr\u00e8s son \u00e9chec \u00e9lectoral. Cons\u00e9quence: les m\u00e9dicaments command\u00e9s en Europe ne pouvaient plus \u00eatre achemin\u00e9s en C\u00f4te d&#39;Ivoire. Ensuite, pendant les affrontements, plusieurs infrastructures sanitaires ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9es et ferm\u00e9es momentan\u00e9ment, selon les ONG.<\/p>\n<p> &quot;Nos conseillers communautaires et les m\u00e9decins prescripteurs sont oblig\u00e9s de mentir aux patients car il n&#39;y a pas assez d\u2019antir\u00e9troviraux disponibles \u00e0 la Pharmacie de la sant\u00e9 publique&quot;, explique Yaya Coulibaly, pr\u00e9sident du R\u00e9seau ivoirien des personnes vivant avec le VIH (RIP+), bas\u00e9 \u00e0 Abidjan. M\u00eame la N\u00e9virapine 200, prescrite g\u00e9n\u00e9ralement pour les femmes s\u00e9ropositives enceintes, est en rupture de stock, dit-il.<\/p>\n<p> Coulibaly admet cependant que par moments, des ARV sont disponibles en abondance dans certains centres de sant\u00e9 et en rupture dans d\u2019autres, ce qui pose un probl\u00e8me de distribution. Au minist\u00e8re de la Sant\u00e9, ajoute-t-il, une r\u00e9forme de la pharmacie publique est en cours pour r\u00e9organiser la distribution des ARV.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s l\u2019accouchement, l\u2019allaitement maternel exclusif ou l\u2019allaitement au lait artificiel sont propos\u00e9s aux m\u00e8res s\u00e9ropositives, selon une sage-femme, malgr\u00e9 la pr\u00e9f\u00e9rence de l\u2019UNICEF pour l\u2019allaitement maternel exclusif. Mais, \u00e0 cause des probl\u00e8mes financiers pour acheter du lait artificiel, les femmes pr\u00e9f\u00e8rent l\u2019allaitement maternel, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas toujours exclusif.  Louis Vigneault-Dubois, charg\u00e9 de communication \u00e0 UNICEF-C\u00f4te d\u2019Ivoire explique \u00e0 IPS: &quot;En d\u00e9pit de la stigmatisation, nous pr\u00e9conisons toujours l\u2019allaitement maternel exclusif sur six mois, pour mieux prot\u00e9ger la m\u00e8re et l\u2019enfant. Mais nous savons que cela est difficile&quot;.<\/p>\n<p> Aminata Bamba*, 45 ans, est s\u00e9ropositive, d\u00e9pist\u00e9e au huiti\u00e8me mois de sa quatri\u00e8me grossesse. Dans un centre de PTME de Cocody \u00e0 Abidjan, avec son b\u00e9b\u00e9 de quatre mois s\u00e9ron\u00e9gatif, elle indique \u00e0 IPS: &quot;J\u2019ai opt\u00e9 pour un allaitement exclusif au sein. Au d\u00e9part, ce n\u2019\u00e9tait pas facile, mais le suivi des sages-femmes m\u2019a aid\u00e9e \u00e0 continuer&#8230; J\u2019esp\u00e8re aller jusqu\u2019au bout&quot;.<\/p>\n<p> *Ce sont des noms d\u2019emprunt pour prot\u00e9ger l\u2019identit\u00e9 des personnes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 30 oct (IPS) &#8211; Au centre de sant\u00e9 communautaire de Cocody-Anono, au sud-est d\u2019Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, Bertine Bahi*, 32 ans, est assidue aux s\u00e9ances de sensibilisation sur la Pr\u00e9vention de la transmission m\u00e8re-enfant (PTME) destin\u00e9e aux femmes&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/10\/30\/cote-divoire-les-ruptures-dantiretroviraux-ne-favorisent-pas-la-ptme\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,6,1,3,4,21,30,29],"tags":[],"class_list":["post-6864","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-population-refugies","category-sante","category-science-technologie","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6864","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6864"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6864\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6864"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6864"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6864"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}