{"id":6763,"date":"2013-08-19T13:40:01","date_gmt":"2013-08-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/08\/19\/togo-de-jeunes-chomeurs-employes-dans-le-traitement-des-feuilles-de-manioc\/"},"modified":"2013-08-19T13:40:01","modified_gmt":"2013-08-19T13:40:01","slug":"togo-de-jeunes-chomeurs-employes-dans-le-traitement-des-feuilles-de-manioc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/08\/19\/togo-de-jeunes-chomeurs-employes-dans-le-traitement-des-feuilles-de-manioc\/","title":{"rendered":"TOGO: De jeunes ch\u00f4meurs employ\u00e9s dans le traitement des feuilles de manioc"},"content":{"rendered":"<p>LOME, 19 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Des femmes et des hommes pilent des feuilles de manioc dans un grand hall o\u00f9 sont pos\u00e9s deux containeurs frigorifiques. Ils sont 47 ouvriers permanents, dont 32 femmes qui traitent des feuilles de manioc \u00e0 Lom\u00e9, la capitale togolaise, destin\u00e9es \u00e0 l\u2019exportation.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est pratiquement le seul endroit au Togo o\u00f9 les feuilles de manioc sont autant entour\u00e9es de soins, avec une unit\u00e9 de traitement semi-industriel d\u00e9nomm\u00e9e &#39;Kabeya International&#39; install\u00e9e \u00e0 Av\u00e9dji, un quartier p\u00e9riph\u00e9rique de Lom\u00e9.  Vue de l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019unit\u00e9 a l\u2019air d\u2019un b\u00e2timent ordinaire. Mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, le travail effectu\u00e9 \u00e0 la cha\u00eene est remarquable, le pilon \u00e9tant l\u2019un des principaux outils. Une visite d\u2019IPS d\u00e9but-ao\u00fbt a permis de constater d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s de branches de manioc qui jonchent le sol du compartiment r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019effeuillage, la premi\u00e8re \u00e9tape du traitement.  Une dizaine de femmes lib\u00e8rent rapidement les branches de manioc de leurs feuilles qui sont pil\u00e9es ensuite par d\u2019autres ouvriers. \u00abA la fin du mois de juillet, j\u2019ai per\u00e7u 60.000 francs CFA (environ 120 dollars) pour avoir pil\u00e9 1.200 kilogrammes de feuilles de manioc\u00bb, \u00e0 raison de 50 FCFA (0,10 dollar) par kilogramme, d\u00e9clare Edwige Balikpo, une ouvri\u00e8re de 31 ans.<\/p>\n<p> Balikpo a une ma\u00eetrise en sociologie de l\u2019\u00e9ducation depuis 2005, mais faute d\u2019emploi, elle travaille dans cette entreprise depuis 2010 comme pilleuse de feuilles de manioc. Comme elle, la plupart des autres employ\u00e9s \u00e9taient au ch\u00f4mage.  Ailleurs dans le hall, quelques jeunes hommes sont occup\u00e9s \u00e0 laver les feuilles de manioc et \u00e0 les acheminer vers des mortiers o\u00f9 les pileurs, parfois deux par mortier, pilent les feuilles et les amassent dans des bassines avant d\u2019envoyer le contenu vers la salle de pesage et de conditionnement.  De cette salle, sortent de petits emballages de 500 grammes ou d\u2019un kilogramme de feuilles de manioc sous forme de boules de p\u00e2te qui sont ensuite conserv\u00e9es au frais et consommables. Ce produit fini qui peut \u00eatre conserv\u00e9 pendant environ deux ans, selon le superviseur Yves Akou\u00e9, est export\u00e9 vers des pays d\u2019Afrique centrale (Gabon, Cameroun, Guin\u00e9e Equatoriale, Congo) et d\u2019Europe (France, Belgique, Allemagne et Suisse).  Selon Akou\u00e9, les feuilles naturelles de manioc sont achet\u00e9es aux paysans \u00e0 raison de 15.000 FCFA (30 dollars) la tonne, ce qui leur permet d\u2019am\u00e9liorer leurs revenus pour leurs besoins familiaux.  L\u2019un des principaux fournisseurs de feuilles de manioc, Kossi Houndjago, 48 ans, d\u00e9clare que la vente des feuilles est n\u00e9gative pour l\u2019\u00e9volution des plantes dans les champs, m\u00eame si cela l\u2019aide financi\u00e8rement. \u00abNous sommes nombreux \u00e0 vendre les feuilles de manioc, et je vends jusqu\u2019\u00e0 20 ou 30 tonnes par an\u00bb, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> \u00abEn moyenne, plus de 358 tonnes de feuilles sont achet\u00e9es et pil\u00e9es par an dans l\u2019unit\u00e9. Le kilogramme de feuilles pil\u00e9es est vendu \u00e0 1.000 FCFA (deux dollars) \u00e0 l\u2019exportation et elles sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gumes\u00bb, explique Akou\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Farida Ouro, une pileuse de 35 ans, affirme qu\u2019elle se sent bien dans cette unit\u00e9 parce qu\u2019elle n\u2019a pas de contrainte administrative. \u00abJe gagne parfois 2.000 FCFA (quatre dollars) par jour de travail. Je peux me reposer quand je veux. Et avec ce travail, j\u2019arrive \u00e0 joindre les deux bouts avec ma petite famille de deux enfants\u00bb, explique-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Par contre Jules K\u00e9dagni, 46 ans, le plus ancien, n\u2019est pas satisfait parce qu\u2019il trouve le travail tr\u00e8s difficile et qu\u2019il gagne seulement 45.000 FCFA (90 dollars) par mois. Il est pass\u00e9 de pileur \u00e0 la pes\u00e9e. Mais selon lui, depuis l\u2019implantation de l\u2019unit\u00e9 \u00e0 Av\u00e9dji en 2001, le chef a maintenu le kilogramme de feuilles pil\u00e9es au m\u00eame prix.<\/p>\n<p> \u00abLe prix du kilogramme de feuilles pil\u00e9es n\u2019a donc pas \u00e9volu\u00e9. Or le co\u00fbt de la vie ne cesse d\u2019augmenter de jour en jour. Mais puisqu\u2019on ne peut pas trouver mieux ailleurs, on fait avec\u00bb, d\u00e9clare-t-il, r\u00e9sign\u00e9 et amer.<\/p>\n<p> Selon Papy Kabeya, le chef de l\u2019entreprise, les ouvriers sont libres, \u00e0 la fin de chaque journ\u00e9e de travail, de prendre leur salaire journalier correspondant \u00e0 la quantit\u00e9 de feuilles pil\u00e9es. Ce salaire varie entre deux et quatre dollars, selon la production de chacun.  \u00abUn ouvrier qui pile les feuilles ou qui les p\u00e8se, gagne le m\u00eame montant par kilogramme&#8230; C\u2019est vrai qu\u2019il y a une concurrence farouche des unit\u00e9s de transformation en Afrique centrale, mais je pense augmenter d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e le prix du kilogramme de feuilles pil\u00e9es \u00e0 75 FCFA (0,15 dollar)\u00bb, affirme Kabeya \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> \u00abJe suis Congolais de Kinshasa arriv\u00e9 au Togo, j\u2019ai fait un pr\u00eat de 54 millions de FCFA (environ 108.000 dollars) dans une banque de la place pour d\u00e9marrer cette unit\u00e9 en 2001. Je paye mes taxes dont je ne veux pas vous donner le montant\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p> Selon lui, son b\u00e9n\u00e9fice annuel avoisine 400.000 dollars apr\u00e8s avoir pay\u00e9 50.000 dollars pour les salaires des ouvriers, 12.000 dollars pour l\u2019achat des feuilles, et 110.000 dollars pour l\u2019entretien des appareils de conservation et les frais d\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LOME, 19 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Des femmes et des hommes pilent des feuilles de manioc dans un grand hall o\u00f9 sont pos\u00e9s deux containeurs frigorifiques. 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