{"id":6665,"date":"2013-06-19T13:40:01","date_gmt":"2013-06-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/06\/19\/kenya-une-fille-qui-ne-pouvait-pas-etre-bergere-sauve-desormais-des-vies\/"},"modified":"2013-06-19T13:40:01","modified_gmt":"2013-06-19T13:40:01","slug":"kenya-une-fille-qui-ne-pouvait-pas-etre-bergere-sauve-desormais-des-vies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/06\/19\/kenya-une-fille-qui-ne-pouvait-pas-etre-bergere-sauve-desormais-des-vies\/","title":{"rendered":"KENYA: Une fille qui ne pouvait pas \u00eatre berg\u00e8re sauve d\u00e9sormais des vies"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 19 juin (IPS) &#8211; Quand elle avait neuf ans, Jane Meriwas, une Samburu originaire de &#39;Kipsing Plains&#39; dans la r\u00e9gion de la Vall\u00e9e du Rift, au Kenya, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme inutile par son p\u00e8re. Apr\u00e8s tout, neuf des ch\u00e8vres sous sa garde avaient \u00e9t\u00e9 mang\u00e9es par des hy\u00e8nes.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais il y avait une chance qu&#39;elle pouvait encore se racheter, en devenant la deuxi\u00e8me, troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me \u00e9pouse d&#39;un vieil homme et faire gagner \u00e0 son p\u00e8re plus de ch\u00e8vres que celles que les hy\u00e8nes avaient d\u00e9vor\u00e9es.<\/p>\n<p> &#8220;Je suis all\u00e9e \u00e0 l&#39;\u00e9cole par hasard. M\u2019\u00e9tant r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre une mauvaise berg\u00e8re, mon p\u00e8re m&#39;a envoy\u00e9e \u00e0 l&#39;\u00e9cole en attendant le moment qu\u2019un pr\u00e9tendant convenable se pr\u00e9sente&#8221;, d\u00e9clare Meriwas \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;Bien s\u00fbr, l&#39;\u00e9cole signifiait s\u2019asseoir sous un arbre. Cela ne co\u00fbtait rien \u00e0 mon p\u00e8re; un pr\u00eatre catholique a pris en charge les d\u00e9penses&#8221;, ajoute-elle.<\/p>\n<p> &#8220;Parmi la communaut\u00e9 d\u2019\u00e9leveurs, la n\u00f4tre \u00e9tait une famille bizarre&#8221;, indique Meriwas au sujet de la famille dans laquelle elle est n\u00e9e. Ses parents n&#39;ont eu que deux enfants \u2013 toutes deux des filles. &#8220;Mais mon p\u00e8re n&#39;a jamais \u00e9pous\u00e9 une deuxi\u00e8me femme, m\u00eame quand ma m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e&#8221;.<\/p>\n<p> Les Samburu sont \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la tribu des Masa\u00ef du Kenya, mais diff\u00e9rents d\u2019eux. Alors que les Samburu repr\u00e9sentent seulement 1,6 pour cent de la population totale de 41,6 millions d\u2019habitants du pays, ils ont gagn\u00e9 en notori\u00e9t\u00e9 pour le fait qu\u2019ils s\u2019accrochent \u00e0 une longue liste de pratiques culturelles n\u00e9fastes exerc\u00e9es sur les filles, qui englobent des formes cruelles d&#39;avortement.<\/p>\n<p> Lolonju Lerukati, une activiste samburu qui s\u2019exprime publiquement contre les Mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF) dans les communaut\u00e9s d\u2019\u00e9leveurs, d\u00e9clare \u00e0 IPS: &#8220;La fille samburu a pleur\u00e9 pour demander de l\u2019aide pendant longtemps, et en accord avec le th\u00e8me (de la Journ\u00e9e de l&#39;enfant africain, le 16 juin) de cette ann\u00e9e sur l\u2019\u00e9limination des pratiques culturelles n\u00e9fastes qui affectent les enfants, la soci\u00e9t\u00e9 doit tenir compte de ses pleurs&#8221;.<\/p>\n<p> Lerukati affirme que c&#39;est malheureux qu\u2019aujourd\u2019hui, une fille n\u00e9e dans la communaut\u00e9 samburu ait peu de chance, s\u2019il y en a, d&#39;\u00e9chapper \u00e0 la MGF, au mariage pr\u00e9coce, aux formes cruelles d&#39;avortement, et \u00e0 de multiples naissances avant son 18\u00e8me anniversaire, ou d\u2019acqu\u00e9rir une \u00e9ducation.<\/p>\n<p> A 12 ans, Meriwas n&#39;a pas \u00e9chapp\u00e9 aux MGF; apr\u00e8s tout, le taux de pratique des MGF chez les Samburu est de 100 pour cent, selon la derni\u00e8re Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 du Kenya. Ceci, en d\u00e9pit du fait que la Loi 2010 sur l&#39;interdiction des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines proscrit les MGF au Kenya.<\/p>\n<p> Mais le fait d\u2019aller \u00e0 l&#39;\u00e9cole a sauv\u00e9 Meriwas d&#39;un mariage pr\u00e9coce. Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 l&#39;universit\u00e9, au lieu de chercher un emploi, elle est retourn\u00e9e dans sa communaut\u00e9 pour sensibiliser les gens contre les pratiques culturelles n\u00e9fastes des Samburu, et s\u2019exprime ouvertement depuis 10 ans contre les torts faits aux filles de sa communaut\u00e9.<\/p>\n<p> Elle a la r\u00e9putation d&#39;\u00eatre une activiste locale des droits et a cr\u00e9\u00e9 l&#39;Organisation des femmes samburu pour l&#39;\u00e9ducation et le d\u00e9veloppement de l&#39;environnement, qui paie pour l&#39;\u00e9ducation d&#39;une poign\u00e9e de filles sauv\u00e9es de mariages pr\u00e9coces et des MGF.<\/p>\n<p> Lerukati dit que la force, la r\u00e9sistance et la bravoure de Meriwas, face \u00e0 une forte opposition de la communaut\u00e9, provoquent un changement au c\u0153ur chez certains.<\/p>\n<p> Le rite de passage appel\u00e9 port de perles est une pratique culturelle r\u00e9alis\u00e9e seulement chez les Samburu. Et gr\u00e2ce aux efforts de Meriwas, cette pratique est en train de changer.<\/p>\n<p> Traditionnellement, un Moran ou guerrier ach\u00e8te environ 10 kilos de perles, qui sont transform\u00e9es en colliers pour la fille qui l\u2019int\u00e9resse. D\u00e8s qu\u2019elle porte les colliers, la fille, qui a g\u00e9n\u00e9ralement entre neuf et 15 ans, est consid\u00e9r\u00e9e comme &#8220;perl\u00e9e&#8221; et la petite amie du Moran.<\/p>\n<p> Meriwas parle des effets du port de perles. &#8220;Puisque les rapports sexuels entre la fille et le Moran ne sont pas g\u00e9n\u00e9ralement prot\u00e9g\u00e9s, la fille tombe enceinte \u00e0 un moment donn\u00e9&#8221;, indique-t-elle.<\/p>\n<p> Mais, ajoute-elle, la grossesse sera interrompue \u00e0 tout prix, parce que les rapports sexuels entre le Moran et la fille, bien que la culture le permette, sont consid\u00e9r\u00e9s comme incestueux parce qu\u2019ils sont tous deux du m\u00eame clan. Alors le b\u00e9b\u00e9 n&#39;est pas autoris\u00e9 \u00e0 vivre.<\/p>\n<p> Il y a des issues dangereuses possibles quand une jeune fille tombe enceinte.<\/p>\n<p> &#8220;Les femmes plus \u00e2g\u00e9es am\u00e8nent la fille dans la for\u00eat d\u00e8s qu&#39;elles soup\u00e7onnent qu&#39;elle est enceinte. Elles lui pressent le ventre jusqu&#39;\u00e0 ce qu&#39;elle saigne et que le f\u0153tus sorte&#8221;, explique Meriwas.<\/p>\n<p> Si cela \u00e9choue, la fille, d\u00e8s l\u2019accouchement, est forc\u00e9e d&#39;empoisonner son nouveau-n\u00e9. Si elle refuse, l&#39;enfant doit \u00eatre alors laiss\u00e9 dans la for\u00eat pour \u00eatre mang\u00e9 par les hy\u00e8nes, ou est donn\u00e9 \u00e0 non-Samburu, souvent dans la communaut\u00e9 turkana voisine.<\/p>\n<p> Lerukati souligne: &#8220;Beaucoup de d\u00e9c\u00e8s sont survenus \u00e0 cause de cet exercice. Mais personne dans la communaut\u00e9 n\u2019en parlera&#8221;.<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce aux efforts de Meriwas, la communaut\u00e9 s&#39;ouvre \u00e0 la possibilit\u00e9 d&#39;un rite de passage alternatif pour les filles.<\/p>\n<p> &#8220;Au lieu que le Moran &#39;perle&#39; la fille, les femmes jouent lentement ce r\u00f4le. Cela signifie que la fille peut porter ses perles sans \u00eatre \u00e0 la disposition totale du Moran&#8221;, explique Meriwas.<\/p>\n<p> Lerukati ajoute: &#8220;Le changement est lent, mais se produit. La pratique du port de perles \u00e9tait peu connue au-del\u00e0 de la communaut\u00e9 samburu. Mais Meriwas a donn\u00e9 l\u2019alerte, \u00e0 ses risques et p\u00e9rils&#8221;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 19 juin (IPS) &#8211; Quand elle avait neuf ans, Jane Meriwas, une Samburu originaire de &#39;Kipsing Plains&#39; dans la r\u00e9gion de la Vall\u00e9e du Rift, au Kenya, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme inutile par son p\u00e8re. 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