{"id":6637,"date":"2013-06-03T13:40:01","date_gmt":"2013-06-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/06\/03\/mozambique-evoquer-les-gloires-et-defauts-du-pays-a-travers-le-rap\/"},"modified":"2013-06-03T13:40:01","modified_gmt":"2013-06-03T13:40:01","slug":"mozambique-evoquer-les-gloires-et-defauts-du-pays-a-travers-le-rap","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/06\/03\/mozambique-evoquer-les-gloires-et-defauts-du-pays-a-travers-le-rap\/","title":{"rendered":"MOZAMBIQUE: Evoquer les gloires et d\u00e9fauts du pays \u00e0 travers le rap"},"content":{"rendered":"<p>MAPUTO, 3 juin (IPS) &#8211; Le Mozambique est un pays natal dont non pas une, mais deux rappeuses, qui sont toutes des juristes qualifi\u00e9es, sont fi\u00e8res. Yveth &#8220;Vauvita&#8221; Matunza est impressionnante. Elle est d\u2019une grande taille, portant des chaussures aux talons aiguilles \u00e9normes. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Elle a fait un grand maquillage et porte une tenue de soir\u00e9e chic bien cousue. Elle pr\u00e9pare son dipl\u00f4me de masters \u00e0 temps partiel tout en travaillant \u00e0 plein temps dans les bureaux de la Ligue des droits de l&#39;Homme au Mozambique &#8211; et en faisant du rap pendant ses temps libres.<\/p>\n<p> Il n&#39;y a aucune contradiction dans cela pour elle. Et elle tient \u00e0 s&#39;\u00e9loigner du son h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne &#8220;plastique&#8221; du hip hop et du rap am\u00e9ricains, pour cr\u00e9er une musique purement mozambicaine.<\/p>\n<p> L&#39;autre rappeuse du Mozambique est Dama do Bling &#8220;Fille de Bling&#8221;, qui est apparue r\u00e9cemment sur la couverture brillante d\u2019un magazine, tenant sa petite fille.<\/p>\n<p> La constitution du Mozambique, en cours de r\u00e9vision, est exemplaire dans beaucoup de choses. Elle reconna\u00eet que tous les citoyens ont le droit \u00e0 l&#39;\u00e9ducation, que les hommes et les femmes sont \u00e9gaux dans toutes les sph\u00e8res de la vie, et que tout le monde a droit \u00e0 la libert\u00e9 d&#39;expression et de presse.<\/p>\n<p> Mais pour que la d\u00e9mocratie soit solide, elle a besoin des artistes et des critiques, comme l\u2019avait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, dans un entretien en mars, juste avant sa mort, l&#39;\u00e9minente musicienne Lidia Sthembile Udenga Mate du groupe f\u00e9minin Likute.<\/p>\n<p> &#8220;Les artistes, les musiciens sont les voix les plus importantes dans la soci\u00e9t\u00e9. Nous simulons, nous tenons un miroir, nous critiquons, nous sommes honn\u00eates, nous f\u00eatons&#8230; notre r\u00f4le est vital&#8221;, avait-elle dit.<\/p>\n<p> En 2010, le dynamique rappeur du Mozambique, Azagaia, a directement cit\u00e9 des politiciens corrompus lors des \u00e9meutes du pain qui ont secou\u00e9 le pays apr\u00e8s que les prix du pain ont mont\u00e9 en fl\u00e8che. Il a \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9 et arr\u00eat\u00e9 pendant une nuit avant d&#39;\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9. Mais son cas n&#39;est pas pass\u00e9 inaper\u00e7u par les m\u00e9dias internationaux.<\/p>\n<p> Il existe d&#39;autres, par exemple, qui dans leur musique citent aussi des personnes impliqu\u00e9es dans des accords fonciers frauduleux. Comme Matunza, il semble qu&#39;ils font partie d&#39;une nouvelle race de jeunes Mozambicains avertis qui sont ouvertement &#8220;mondialis\u00e9s&#8221;, qui n&#39;ont pas peur, et qui utilisent les m\u00e9dias sociaux et la publicit\u00e9, n\u00e9gative ou non, pour amener les gens \u00e0 pr\u00eater attention aux probl\u00e8mes qui enflamment ce pays d&#39;Afrique australe.<\/p>\n<p> Matunza affirme qu\u2019elle \u00e9tait obs\u00e9d\u00e9e par la musique pendant qu\u2019elle \u00e9tait enfant.<\/p>\n<p> &#8220;Et plus tard, les questions de justice ont domin\u00e9. Je ne savais m\u00eame pas qu&#39;il y avait un conflit entre le travail de juriste dans la journ\u00e9e, et de MC (animatrice de spectacles) et de rappeuse le weekend. Je suis 100 pour cent mozambicaine et fi\u00e8re &#8211; critique de nos \u00e9checs, fi\u00e8re de nos r\u00e9ussites, et je sais que je peux atteindre le public&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Je fais le rap sur les choses qui nous touchent, les hommes qui ne s&#39;occupent pas de leurs enfants, les violations des droits humains et nos dirigeants&#8230; Je suis indirecte, je parle par \u00e9nigmes, tous les billets de mes concerts sont vendus, et, oui, je suis c\u00e9l\u00e8bre&#8221;.<\/p>\n<p> A seulement 28 ans, elle est concentr\u00e9e et s\u00fbre. Son p\u00e8re, qui \u00e9tait un mineur en Afrique du Sud, a ramen\u00e9 au pays la musique de Madonna et des chanteuses sud-africaines Brenda Fassie et Yvonne Chaka Chaka, qui l&#39;a influenc\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a de grandes violences conjugales ici &#8211; notre culture est celle de la soumission pour les femmes. Je parle par exp\u00e9rience personnelle. Je viens d&#39;une famille violente, d\u2019une communaut\u00e9 violente&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Ce que les gens font, enseignent et montrent, c&#39;est que les femmes doivent ob\u00e9ir \u00e0 leurs maris&#8230; Le nombre de cas de violences conjugales augmente depuis septembre 2009, bien qu\u2019une nouvelle loi (soit en train d\u2019\u00eatre adopt\u00e9e au) parlement&#8221;, d\u00e9clare-t-elle. En 2009, le parlement a vot\u00e9 la loi sur les violences conjugales, qui est entr\u00e9e en vigueur en mars 2010.<\/p>\n<p> Elle affirme que le rap est important pour changer les mentalit\u00e9s et amener la compr\u00e9hension par rapport \u00e0 la question.<\/p>\n<p> L&#39;enthousiasme est palpable \u00e0 Maputo, la capitale mozambicaine. Paulo Chibanga, un producteur de musique et musicien qui a jou\u00e9 dans des groupes sud-africains, notamment &#39;340 mill&#39;, Tumi et Volume, est revenu au Mozambique apr\u00e8s 15 ann\u00e9es en Afrique du Sud.<\/p>\n<p> Il travaille avec le minist\u00e8re des Affaires f\u00e9minines et du Bien-\u00eatre social pour collecter des fonds, \u00e0 travers des spectacles de musique, pour les \u00e9coles maternelles dans la province de Gaza, au Mozambique. Un b\u00e9b\u00e9 de guerre, n\u00e9 en 1979 &#8211; la guerre civile dans le pays a commenc\u00e9 en 1977 et a pris fin en 1992 &#8211; Chibanga estime que sa g\u00e9n\u00e9ration est relativement peu encombr\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8220;Nous sommes connect\u00e9s \u00e0 notre pass\u00e9 sans \u00eatre entra\u00een\u00e9s en arri\u00e8re&#8230; nous n&#39;avons aucun ressentiment, nous connaissons nos h\u00e9ros, notre culture. Nous sommes libres, nous sommes positifs&#8221;, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Mais, comme Matunza et Mate, Chibanga est politis\u00e9, clair et d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 travailler pour un agenda africain.<\/p>\n<p> &#8220;Je pense que le monde occidental affecte consid\u00e9rablement l&#39;Afrique, nous sommes oblig\u00e9s d&#39;\u00e9couter de la musique occidentale. Au Mozambique, nous n&#39;avons pas nos propres maisons de production, ou la possibilit\u00e9 de faire des enregistrements. Je suis plus int\u00e9ress\u00e9 par l&#39;exportation de la culture et des musiciens du Mozambique, \u00e0 travers Bushfire (Festival de musique panafricaine et internationale du Swaziland) et le Festival de musique AZGO ici au Mozambique&#8221;, souligne Chibanga.<\/p>\n<p> Chude Mondlane est la fille du pr\u00e9sident r\u00e9volutionnaire du Front de lib\u00e9ration du Mozambique (FRELIMO), Eduardo Mondlane. Elle est musicienne, une artiste et une grande personnalit\u00e9. Visiblement radieuse, elle rit et joue sa musique sur un ordinateur portable \u00e0 l&#39;h\u00f4tel cinq \u00e9toiles Polana, ignorant les gens qui tournent la t\u00eate pour la regarder.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MAPUTO, 3 juin (IPS) &#8211; Le Mozambique est un pays natal dont non pas une, mais deux rappeuses, qui sont toutes des juristes qualifi\u00e9es, sont fi\u00e8res. Yveth &#8220;Vauvita&#8221; Matunza est impressionnante. 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