{"id":6627,"date":"2013-05-29T13:40:01","date_gmt":"2013-05-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/29\/cameroun-des-femmes-au-senat-malgre-leur-nombre-limite\/"},"modified":"2013-05-29T13:40:01","modified_gmt":"2013-05-29T13:40:01","slug":"cameroun-des-femmes-au-senat-malgre-leur-nombre-limite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/29\/cameroun-des-femmes-au-senat-malgre-leur-nombre-limite\/","title":{"rendered":"CAMEROUN: Des femmes au S\u00e9nat malgr\u00e9 leur nombre limit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 29 mai (IPS) &#8211; Marlyse Aboui n\u2019en revient pas! Le mois de mai a \u00e9t\u00e9 riche en \u00e9motion pour cette infirmi\u00e8re de 40 ans, nomm\u00e9e au S\u00e9nat par le pr\u00e9sident du Cameroun, Paul Biya puis, et d\u00e9sign\u00e9e, quelques jours plus tard, au bureau d\u2019\u00e2ge de cette institution en cours d\u2019installation.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abC\u2019est un r\u00eave et je crains d\u2019\u00eatre r\u00e9veill\u00e9e \u00e0 tout moment. Lorsque j\u2019ai appris que je faisais partie du bureau d\u2019\u00e2ge, je me suis dit que \u00e7a ne pouvait pas \u00eatre vrai. Je me demandais ce que j\u2019ai bien pu faire pour \u00eatre nomm\u00e9e ainsi par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u00bb, raconte-t-elle \u00e0 IPS.  Pr\u00e9sidente de section de l\u2019Alliance nationale pour la d\u00e9mocratie et le progr\u00e8s (ANDP), un parti d\u2019opposition dans la r\u00e9gion de l\u2019Est du Cameroun, Aboui fait donc partie des 20 femmes pr\u00e9sentes au S\u00e9nat camerounais, sur 100 membres. \u00abC\u2019est un honneur dont j\u2019estime toute la valeur\u00bb, affirme-t-elle.  Son sentiment est partag\u00e9 par Nicole Okala Bila\u00ef, s\u00e9natrice du Rassemblement d\u00e9mocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir. Cette femme \u00e9lue \u00e0 Mbagassina, dans la r\u00e9gion du Centre du pays, esp\u00e8re mettre \u00e0 profit sa pr\u00e9sence au s\u00e9nat pour r\u00e9volutionner l\u2019\u00e9cole camerounaise.  Sur les 30 s\u00e9nateurs nomm\u00e9s par le pr\u00e9sident, trois sont des femmes, tandis que 17 autres figurent parmi les 70 qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus le 14 avril 2013.<\/p>\n<p> Alors qu\u2019Aboui a encore du mal \u00e0 comprendre sa pr\u00e9sence au S\u00e9nat comme s\u00e9natrice titulaire, les associations de d\u00e9fense des droits des femmes et les femmes engag\u00e9es en politique se disent satisfaites par la nomination de quelques femmes dans cette institution.  Yvonne Muma Bih, membre du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif national du &#39;Social Democratic Front&#39; (SDF) le principal parti d\u2019opposition, ne se fait pas de doute. \u00abL\u2019accession des femmes \u00e0 cette fonction ne peut que r\u00e9conforter celles qui ploient encore sous le joug de la domination masculine et qui se disent que les femmes ne peuvent pas se lancer en politique. On a fait mieux que certaines d\u00e9mocraties europ\u00e9ennes et il faut s\u2019en r\u00e9jouir\u00bb, estime-t-elle.  Pour le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du RDPC, Jean Nkuete, \u00ables candidatures f\u00e9minines ont \u00e9t\u00e9 fortement encourag\u00e9es au cours de cette \u00e9lection non pas pour respecter les quotas de genre, mais surtout pour souligner la place que notre parti accorde aux femmes et \u00e0 leur vision\u00bb.<\/p>\n<p> Justine Diffo, la coordonatrice nationale du R\u00e9seau de soutien \u00e0 la participation politique des femmes au Cameroun (More Women in Politics), estime que \u00ab20 pour cent, c\u2019est trop faible. Les femmes peuvent faire beaucoup de choses en politique. On s\u2019est souvent rendu compte que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 leur force de persuasion que certains conflits sont \u00e9vit\u00e9s de justesse\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abAlors, pourquoi leur refuser les 30 pour cent (r\u00e9clam\u00e9s par les femmes), d\u2019autant que 20 pour cent, c\u2019est pour l\u2019ensemble du S\u00e9nat\u00bb. Selon Diffo, la seule possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre aux pr\u00e9occupations relatives \u00e0 la marginalisation des femmes, \u00ab\u00e9tait que le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique nomme 15 femmes sur les 30 s\u00e9nateurs attendus par son acte\u00bb.  Bien que le quota r\u00e9clam\u00e9 n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 accept\u00e9, estime l\u2019Association contre les violences faites aux femmes, il faut se f\u00e9liciter du pas franchi. En effet, la loi du 19 avril 2012 sur le Code \u00e9lectoral du Cameroun offrait des opportunit\u00e9s de r\u00e9duction du d\u00e9ficit de genre observ\u00e9 dans la gouvernance \u00e9lectorale, par l&#39;insertion des dispositions prescrivant la prise en compte du facteur genre dans le processus.  Ainsi, les articles 151, 164, 181 et 218 du Code \u00e9lectoral visent \u00e0 am\u00e9liorer durablement la participation politique des femmes ainsi que leur proportion dans l&#39;exercice des mandats \u00e9lectoraux et des fonctions \u00e9lectives.<\/p>\n<p> Cette am\u00e9lioration est attendue avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat par ces femmes qui, au fil du temps, s\u2019investissent de plus en plus dans les diff\u00e9rentes sph\u00e8res de la vie politique nationale. Ainsi, une \u00e9tude de l\u2019Institut national des statistiques (INS), publi\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e internationale de la femme, le 8 mars, note, par exemple, un l\u00e9ger regain de la pr\u00e9sence des femmes \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale.  Selon l\u2019INS, entre 1992 et 2002, on est pass\u00e9 de 23 \u00e0 10 femmes sur 180 d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Mais, entre 2002 et 2012, les femmes d\u00e9put\u00e9es sont repass\u00e9es de 10 \u00e0 25.  Dans les mairies, elles \u00e9taient juste 24 femmes entre 2007 et 2012 sur les 360 maires que compte le Cameroun dont la population est de 20,129 millions d\u2019habitants, selon la Banque mondiale en 2012.  En outre, ce pays d\u2019Afrique centrale compte neuf femmes au gouvernement dont six ministres titulaires, et quatre femmes au poste de directeur g\u00e9n\u00e9ral de soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat.<\/p>\n<p> Claude Ab\u00e9, un sociologue enseignant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale de Yaound\u00e9, la capitale, explique \u00e0 IPS les causes de la faible repr\u00e9sentativit\u00e9 des femmes dans les instances de prise de d\u00e9cisions: \u00abSur le plan structurel, la soci\u00e9t\u00e9 camerounaise est entre tradition et modernit\u00e9. Cette situation&#8230;fait qu\u2019il y a de nombreux \u00e9l\u00e9ments de continuit\u00e9 et de permanence, qui rel\u00e8vent de la tradition, qui continuent de jouer dans notre soci\u00e9t\u00e9\u00bb.  \u00abIl y a une cat\u00e9gorie de femmes qui sont de v\u00e9ritables obstacles aux femmes: elles ne sont pas pr\u00eates \u00e0 voter une femme parce qu\u2019elle est femme tout simplement\u00bb, affirme-t-il. En outre, beaucoup d\u2019hommes croient encore que les femmes doivent s\u2019occuper de la maison, tandis que plusieurs femmes croient toujours qu\u2019elles n\u2019ont pas leur place en politique.<\/p>\n<p> Ab\u00e9 ajoute: \u00abLa politique demande aussi de l\u2019argent. Tr\u00e8s souvent, la plupart des femmes sont financi\u00e8rement d\u00e9pendantes du portefeuille des hommes, ce qui constitue une limite \u00e0 leur engagement politique\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 29 mai (IPS) &#8211; Marlyse Aboui n\u2019en revient pas! 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