{"id":6591,"date":"2013-05-03T13:40:01","date_gmt":"2013-05-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/03\/zimbabwe-accorder-des-droits-aux-femmes-du-secteur-informel\/"},"modified":"2013-05-03T13:40:01","modified_gmt":"2013-05-03T13:40:01","slug":"zimbabwe-accorder-des-droits-aux-femmes-du-secteur-informel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/03\/zimbabwe-accorder-des-droits-aux-femmes-du-secteur-informel\/","title":{"rendered":"ZIMBABWE: Accorder des droits aux femmes du secteur informel"},"content":{"rendered":"<p>HARARE, 3 mai (IPS) &#8211; Mollin Siyanda, 46 ans, une m\u00e8re c\u00e9libataire de trois enfants dans la banlieue \u00e0 faible revenu de Hatcliffe, \u00e0 Harare, au Zimbabwe, a peur d&#39;\u00eatre arr\u00eat\u00e9e par la police municipale puisqu\u2019elle vend des fruits, l\u00e9gumes et v\u00eatements d\u2019occasion sur le trottoir du centre-ville sans autorisation.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;J&#39;am\u00e8ne (les fruits et les habits) au centre-ville pour les revendre sur les trottoirs des rues les soirs aux heures de pointe lorsque les gens se pressent pour rentrer \u00e0 la maison&#8221;, d\u00e9clare-t-elle au sujet des produits qu&#39;elle ach\u00e8te tous les jours \u00e0 Mbare Musika, un grand march\u00e9 d\u2019Harare, la capitale du Zimbabwe.<\/p>\n<p> &#8220;Mais j\u2019op\u00e8re toujours dans une peur constante des flics du conseil (municipal) qui m&#39;accusent souvent d&#39;\u00eatre une vendeuse ill\u00e9gale&#8221;, raconte Siyanda \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Vendre des produits sans un permis des autorit\u00e9s du conseil municipal d\u2019Harare est ill\u00e9gal ici.<\/p>\n<p> Mais une autorisation co\u00fbte 20 dollars, ce qui est une somme importante pour les nombreuses personnes travaillant dans l&#39;\u00e9conomie informelle qui gagnent en moyenne entre deux et cinq dollars par jour.<\/p>\n<p> Selon Philip Bohwasi, pr\u00e9sident du Conseil des travailleurs sociaux du Zimbabwe, le taux de ch\u00f4mage dans le pays est de 84 pour cent. En cons\u00e9quence, une grande majorit\u00e9 des gens travaillent actuellement dans le secteur informel, et des centaines de vendeurs ont install\u00e9 leurs stands \u00e0 des points non indiqu\u00e9s \u00e0 travers la ville.<\/p>\n<p> L&#39;histoire de Siyanda est un exemple de la situation que vit constamment un certain nombre de femmes qui travaillent au Zimbabwe.<\/p>\n<p> Selon le Congr\u00e8s des syndicats du Zimbabwe (ZCTU, son sigle anglais), plus de 60 pour cent des femmes zimbabw\u00e9ennes qui travaillent \u00e0 la fois dans les secteurs formel et informel sont aujourd&#39;hui les soutiens de leurs familles, puisque leurs maris ont succomb\u00e9 au VIH\/SIDA ou ont \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9s de leurs emplois.<\/p>\n<p> &#8220;C\u2019est vrai que des femmes sont devenues des soutiens de famille. Certaines femmes sont devenues veuves ou leurs maris sont partis chercher mieux ailleurs ou ont \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9s, laissant leurs femmes se lancer dans le secteur informel&#8221;, explique Fiona Magaya, coordinatrice des affaires de genre pour le ZCTU.<\/p>\n<p> En pr\u00e9lude \u00e0 la Journ\u00e9e mondiale du travail, le 1er mai, les femmes syndicalistes dans ce pays d&#39;Afrique australe ont demand\u00e9 aux dirigeants du gouvernement de reconna\u00eetre les femmes employ\u00e9es de fa\u00e7on informelle.<\/p>\n<p> Magaya indique \u00e0 IPS que le syndicat a demand\u00e9 \u00e0 la Chambre de l&#39;association de l&#39;\u00e9conomie informelle du Zimbabwe de convaincre les autorit\u00e9s locales de permettre aux femmes employ\u00e9es de mani\u00e8re informelle &#8220;de mener leurs activit\u00e9s sans \u00eatre harcel\u00e9es par la police&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;une reconnaissance ad\u00e9quate du secteur informel et du r\u00f4le qu&#39;il joue dans l&#39;\u00e9conomie du pays, et le gouvernement doit agir rapidement pour r\u00e9guler l&#39;\u00e9conomie informelle, qui emploie la majeure partie des femmes&#8221;, ajoute Magaya.<\/p>\n<p> Hillary Yuba, du Syndicat des enseignants progressistes du Zimbabwe, partage les sentiments de Magaya.<\/p>\n<p> &#8220;Les femmes s&#39;accrochent \u00e0 leurs petits emplois m\u00eame apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de la dollarisation, mais beaucoup d&#39;hommes ont perdu les leurs. D&#39;o\u00f9 nous trouvons maintenant des femmes qui se transforment en des soutiens de famille&#8221;, explique Yuba \u00e0 IPS.  En 2009, le Zimbabwe a introduit un r\u00e9gime \u00e0 devises multiples, o\u00f9 les transactions se font d\u00e9sormais en dollar am\u00e9ricain, en rand sud-africain et en pula du Botswana, pour combattre l\u2019hyperinflation sous le dollar zimbabw\u00e9en.<\/p>\n<p> &#8220;Le gouvernement n&#39;examine certainement pas ces probl\u00e8mes&#8221;, dit-elle.<\/p>\n<p> Le charg\u00e9 de l\u2019information du ZCTU, Khumbulani Ndlovhu, estime qu\u2019une faible r\u00e9mun\u00e9ration dans l&#39;\u00e9conomie formelle a forc\u00e9 les femmes \u00e0 se lancer dans des entreprises informelles.<\/p>\n<p> &#8220;M\u00eame des femmes formellement employ\u00e9es sont dans le secteur informel, menant des activit\u00e9s occasionnelles pour compl\u00e9ter leurs salaires&#8221;, affirme Ndlovhu \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Elle d\u00e9clare que le gouvernement devrait mettre en \u0153uvre des politiques globales d&#39;autonomisation \u00e9conomique qui donneraient aux femmes l\u2019acc\u00e8s aux ressources n\u00e9cessaires et renforceraient les projets qui &#8220;les aident \u00e0 r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes de pain et de beurre dans leurs familles&#8221;.<\/p>\n<p> Toutefois, le gouvernement affirme qu\u2019un manque de financement a entrav\u00e9 ses efforts visant \u00e0 rendre les femmes \u00e9conomiquement autonomes dans les deux secteurs.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a un manque de d\u00e9finition de priorit\u00e9s pour les financements des minist\u00e8res importants comme les minist\u00e8res des Affaires f\u00e9minines, du Genre et du D\u00e9veloppement communautaire&#8230; et du D\u00e9veloppement des petites et moyennes Entreprises&#8221;, explique \u00e0 IPS, un haut responsable du gouvernement au minist\u00e8re des Affaires f\u00e9minines, du Genre et du D\u00e9veloppement communautaire sous couvert de l&#39;anonymat.<\/p>\n<p> Sheila Mahlathi, une ancienne syndicaliste de l&#39;Union des journalistes du Zimbabwe, d\u00e9clare: &#8220;Le fait que des femmes soient devenues de grands soutiens de famille appelle les dirigeants \u00e0 reconna\u00eetre qu&#39;elles doivent \u00e9galement avoir des postes d&#39;autorit\u00e9, non pas \u00e0 travers la discrimination positive, mais en se rendant compte que, tout comme leurs homologues hommes, les femmes peuvent \u00e9galement r\u00e9aliser des choses extraordinaires&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Les autorit\u00e9s doivent s&#39;assurer qu&#39;il existe des endroits destin\u00e9s aux femmes pour y travailler sans g\u00eane puisqu\u2019elles subviennent aux besoins de leurs familles dans le secteur informel&#8221;, ajoute Mahlathi \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Ashley Zijena, 34 ans, une entrepreneuse qui a r\u00e9ussi dans le secteur informel, originaire de Southertorn, une banlieue \u00e0 revenu interm\u00e9diaire d\u2019Harare, exhorte les femmes \u00e0 rester r\u00e9sistantes face aux d\u00e9fis.<\/p>\n<p> Zijena, qui g\u00e8re huit \u00e9talages de march\u00e9 aux puces en vendant des v\u00eatements import\u00e9s dans la banlieue \u00e0 faible revenu de Machipisa \u00e0 Harare, indique \u00e0 IPS qu\u2019elle gagne entre 60 et 80 dollars en moyenne par jour.<\/p>\n<p> &#8220;Les femmes doivent se lever et occuper autant de postes politiques et \u00e9conomiques que possible&#8221;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HARARE, 3 mai (IPS) &#8211; Mollin Siyanda, 46 ans, une m\u00e8re c\u00e9libataire de trois enfants dans la banlieue \u00e0 faible revenu de Hatcliffe, \u00e0 Harare, au Zimbabwe, a peur d&#39;\u00eatre arr\u00eat\u00e9e par la police municipale puisqu\u2019elle vend des fruits, l\u00e9gumes&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/05\/03\/zimbabwe-accorder-des-droits-aux-femmes-du-secteur-informel\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1026,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,38,11,10,6,1,28,30,20],"tags":[],"class_list":["post-6591","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-droits-humains","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6591","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1026"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6591"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6591\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6591"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6591"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6591"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}