{"id":6562,"date":"2013-04-17T13:40:01","date_gmt":"2013-04-17T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/04\/17\/niger-les-cultures-maraicheres-fixent-les-jeunes-dans-leurs-terroirs\/"},"modified":"2013-04-17T13:40:01","modified_gmt":"2013-04-17T13:40:01","slug":"niger-les-cultures-maraicheres-fixent-les-jeunes-dans-leurs-terroirs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/04\/17\/niger-les-cultures-maraicheres-fixent-les-jeunes-dans-leurs-terroirs\/","title":{"rendered":"NIGER: Les cultures mara\u00eech\u00e8res fixent les jeunes dans leurs terroirs"},"content":{"rendered":"<p>NIAMEY, 17 avr (IPS) &#8211; De nombreux jeunes ruraux au Niger ont cess\u00e9 d\u2019aller en exode depuis deux ans. Ils restent dans leurs villages apr\u00e8s la campagne agricole pour s\u2019adonner aux cultures mara\u00eech\u00e8res de contre-saison qui ont beaucoup am\u00e9lior\u00e9 leurs conditions de vie.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Cette ann\u00e9e, j\u2019ai encaiss\u00e9 1,5 million de francs CFA (environ 3.000 dollars) gr\u00e2ce \u00e0 la vente des l\u00e9gumes, le double de ce que j\u2019ai gagn\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re&#8221;, d\u00e9clare Ali Moussa, 31 ans, un habitant de la commune rurale de Balleyara, dans l\u2019ouest du Niger, un pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest.  Moussa cultive de pommes de terre, des l\u00e9gumes et la canne \u00e0 sucre depuis deux ans sur une partie de son jardin d\u2019un hectare qu\u2019il a h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re. &#8220;Je ne partirai plus en exode. Le maraichage est plus rentable&#8221;, affirme-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Dans la commune rurale de Dogo, dans le sud du Niger, Zakari Halidou, 33 ans, a abandonn\u00e9 aussi l\u2019exode rural au profit des cultures de contre-saison. Dans son jardin de deux hectares, on trouve des tomates, des carottes, des aubergines et du poivron.  Chaque jour, par la vente des tomates, des carottes et des aubergines r\u00e9colt\u00e9s de son jardin, Halidou empoche environ 10.000 FCFA (20 dollars). &#8220;C\u2019est l\u2019\u00e9quivalent de ce que je gagnais en une semaine quand j\u2019\u00e9tais en exode \u00e0 Maigatari, une ville du nord du Nigeria&#8221;, a-t-il confi\u00e9 \u00e0 IPS.  En effet, le gouvernement nig\u00e9rien a lanc\u00e9 en 2011 l\u2019initiative &#8220;Les Nig\u00e9riens nourrissent les Nig\u00e9riens&#8221;, commun\u00e9ment appel\u00e9e les 3N. Elle vise \u00e0 accro\u00eetre les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques du pays. Selon le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, environ 900 milliards de FCFA (environ 1,8 milliard de dollars) seront inject\u00e9s dans le secteur agricole \u00e0 travers l\u2019initiative 3N pendant les cinq ann\u00e9es \u00e0 venir.  En deux ans de mise en \u0153uvre de l\u2019initiative 3N, ce sont 100.000 hectares de terres qui ont \u00e9t\u00e9 mises en valeur sur un objectif de 95.000 hectares, selon le minist\u00e8re. Les terres am\u00e9nag\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9es aux populations, mais les femmes et les jeunes \u00e9taient les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires.  &#8220;Les cultures mara\u00eech\u00e8res ont am\u00e9lior\u00e9 les revenus des jeunes. Ce succ\u00e8s est d\u00fb \u00e0 l\u2019approche village par village et commune par commune que les autorit\u00e9s ont adopt\u00e9e pour amener ces jeunes \u00e0 rester travailler sur les terres am\u00e9nag\u00e9es et irrigu\u00e9es&#8221;, a soulign\u00e9 Mamane Sani, un agent de d\u00e9veloppement communautaire \u00e0 Maradi, dans le sud du pays.<\/p>\n<p> Selon Amadou Allahoury Diallo, le haut commissaire \u00e0 l\u2019initiative 3N, des r\u00e9sultats positifs ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans les huit r\u00e9gions de ce pays sah\u00e9lien d\u2019Afrique de l\u2019ouest. Les cultures irrigu\u00e9es se sont bien d\u00e9velopp\u00e9es, ce qui a permis d\u2019approvisionner les march\u00e9s ruraux et urbains en produits agricoles, a-t-il expliqu\u00e9 \u00e0 IPS.  &#8220;Ces jeunes doivent \u00eatre soutenus davantage par les autorit\u00e9s politiques et les techniciens du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. C\u2019est vraiment une voie qui va sortir le Niger des cycles r\u00e9currents de crises alimentaires&#8221;, souligne Moustapha Abdou, ing\u00e9nieur agronome \u00e0 Niamey, la capitale.  Selon Harouna Issa, membre de la coop\u00e9rative maraich\u00e8re de Saga, un village environnant de Niamey, les coop\u00e9ratives de toutes les r\u00e9gions du Niger ont le devoir d\u2019accompagner ces jeunes qui ont abandonn\u00e9 l\u2019exode rural au profit des cultures de contre-saison. Le nombre total des jeunes engag\u00e9s dans les 3N n\u2019est pas encore connu, mais le minist\u00e8re a pr\u00e9vu de constituer une base de donn\u00e9es sur eux cette ann\u00e9e.  Mais, la coop\u00e9rative de Saga comptait 250 membres en 2012, alors que 123 coop\u00e9ratives mara\u00eech\u00e8res sont recens\u00e9es dans le pays et se sont constitu\u00e9es en Association des producteurs mara\u00eechers du Niger. Elle compte aujourd\u2019hui plus de 30.000 producteurs individuels, tous chefs d\u2019exploitation, selon le minist\u00e8re.   Aujourd\u2019hui, les produits mara\u00eechers abondent dans les march\u00e9s de Niamey et ceux de l\u2019int\u00e9rieur du pays. Les l\u00e9gumes les plus pris\u00e9s qui, par le pass\u00e9, \u00e9taient import\u00e9s des pays frontaliers du Niger, notamment le B\u00e9nin, le Nigeria, et le Burkina Faso, se vendent moins chers maintenant dans toutes les r\u00e9gions du pays.  Le sac de 25 kilos de chou qui \u00e9tait vendu il y a trois ans \u00e0 15.000 FCFA (environ 30 dollars), est aujourd\u2019hui obtenu \u00e0 moins de 5.000 FCFA (10 dollars). Le sac d\u2019oignon a perdu les deux-tiers de sa valeur d\u2019antan: de 35.000 FCFA (70 dollars), le sac de 70 kilos d\u2019oignons se vend maintenant \u00e0 moins de 10.000 FCFA (20 dollars).<\/p>\n<p> &#8220;Nous avons un grand besoin de mat\u00e9riels modernes. Les motopompes distribu\u00e9es \u2013 pour irriguer &#8211; sont insuffisantes&#8221;, se plaint Habou Miko, un jeune mara\u00eecher qui travaille au bord du fleuve Niger, \u00e0 Tillab\u00e9ri (ouest du pays). Comme lui, ils sont nombreux, les jeunes maraichers qui utilisent l\u2019eau d\u2019un puits pour arroser leurs cultures.  &#8220;Les autorit\u00e9s ont donn\u00e9 des semences et du mat\u00e9riel aratoire aux jeunes, elles doivent aussi s\u2019investir pour trouver des d\u00e9bouch\u00e9s aux produits&#8221;, souligne Elhadji Malam Ali, producteur agricole depuis 30 ans. Selon lui, la m\u00e9vente peut provoquer le d\u00e9couragement, voire l\u2019abandon de l\u2019activit\u00e9 chez les jeunes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIAMEY, 17 avr (IPS) &#8211; De nombreux jeunes ruraux au Niger ont cess\u00e9 d\u2019aller en exode depuis deux ans. 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