{"id":6559,"date":"2013-04-16T13:40:01","date_gmt":"2013-04-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/04\/16\/guinee-les-producteurs-de-noix-danacarde-demandent-un-appui-financier\/"},"modified":"2013-04-16T13:40:01","modified_gmt":"2013-04-16T13:40:01","slug":"guinee-les-producteurs-de-noix-danacarde-demandent-un-appui-financier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/04\/16\/guinee-les-producteurs-de-noix-danacarde-demandent-un-appui-financier\/","title":{"rendered":"GUINEE: Les producteurs de noix d\u2019anacarde demandent un appui financier"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 16 avr (IPS) &#8211; La culture de l\u2019anacardier est devenue, gr\u00e2ce aux  noix de cajou, une source de revenus en Guin\u00e9e. Aujourd\u2019hui, plus de 50.000 personnes profitent de cette fili\u00e8re, particuli\u00e8rement \u00e0 Bok\u00e9 dans le nord-ouest, et \u00e0 Kankan, dans le nord de ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Par rapport aux autres r\u00e9gions du pays qui cultivent \u00e9galement l\u2019anacardier, ces deux localit\u00e9s pr\u00e9sentent les meilleures conditions pour la plante en raison du climat, de l\u2019altitude (300 \u00e0 400 m\u00e8tres) et des facteurs biotiques &#8211; on y trouve moins d\u2019insectes ravageurs, selon les techniciens agricoles. Mais les producteurs, qui sont souvent des paysans pauvres, ont besoin d\u2019un soutien financier pour d\u00e9velopper la culture.  &#8220;L\u2019anacardier a \u00e9t\u00e9 introduit en Guin\u00e9e vers la fin des ann\u00e9es 1940 par les autorit\u00e9s coloniales, pour des raisons environnementales&#8221;, a affirm\u00e9 Jacqueline Sultan, pr\u00e9sidente de l\u2019Alliance guin\u00e9enne de l\u2019anacarde (AGA), \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de lancement de l\u2019AGA, en f\u00e9vrier. Elle a ajout\u00e9 que les anacardiers \u00e9taient plant\u00e9s au d\u00e9part pour combattre l\u2019\u00e9rosion et les feux de brousse.<\/p>\n<p> La culture de l\u2019anacardier \u00e0 des fins commerciales a commenc\u00e9 \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, a-t-elle indiqu\u00e9.<\/p>\n<p> Aujourd\u2019hui, faute de donn\u00e9es exhaustives, la superficie totale plant\u00e9e n\u2019est pas v\u00e9ritablement connue. Cependant, la Soci\u00e9t\u00e9 de production et de commercialisation des intrants agricoles, le principal fournisseur d\u2019intrants agricoles et de semences en Guin\u00e9e, estime qu\u2019il y &#8220;aurait quelque 30.000 hectares plant\u00e9s en anacardiers&#8221; dans le pays.<\/p>\n<p> L&#39;Institut de recherche agronomique de Guin\u00e9e (IRAG) estimait, en janvier 2013, la production nationale de noix de cajou \u00e0 un peu plus de 10.000 tonnes par an.<\/p>\n<p> &#8220;Nous pr\u00e9voyons une demande croissante en noix brutes de la part des pays o\u00f9 elles sont trait\u00e9es, comme l\u2019Inde et le Vietnam&#8221;, estime Jean Marc Yombouno, ministre guin\u00e9en de l\u2019Agriculture qui annonce que &#8220;l\u2019objectif est d\u2019atteindre les 60.000 tonnes de noix brutes par an au cours des dix prochaines ann\u00e9es pour se positionner sur le march\u00e9 mondial&#8221;.<\/p>\n<p> La superficie des plantations varie en fonction des capacit\u00e9s financi\u00e8res des producteurs. Par exemple, \u00e0 Kankan, une usine de transformation d\u00e9nomm\u00e9e Konat\u00e9-Cajou exploite une superficie de 120 hectares tandis les 12 paysans du groupement de Bat\u00e8 (nord du pays) occupent une superficie de cinq hectares.<\/p>\n<p> La r\u00e9colte de la noix de cajou commence d\u00e9but-mars et se poursuit jusqu\u2019en juin dans la plupart des r\u00e9gions, notamment \u00e0 Bok\u00e9 et Kankan, suivie de la commercialisation. La transformation locale de la noix est encore \u00e0 l\u2019\u00e9tat embryonnaire.  Le d\u00e9corticage des noix est g\u00e9n\u00e9ralement fait par des femmes, dans les villages de production, d\u2019une fa\u00e7on totalement rudimentaire. &#8220;Nous br\u00fblons les noix avant de les \u00e9craser entre deux pierres. Cela permet de lib\u00e9rer l\u2019amande qui est ensuite emball\u00e9e dans de petits sacs&#8221;, explique \u00e0 IPS, Aminata Ch\u00e9rif, une paysanne de Bat\u00e9, dans la r\u00e9gion de Kankan.<\/p>\n<p> Presque toutes les noix de cajou produites en Guin\u00e9e sont destin\u00e9es \u00e0 l\u2019exportation, notamment vers la Guin\u00e9e-Bissau et la C\u00f4te d\u2019Ivoire qui ont une plus vieille tradition de commerce avec l\u2019Inde ou le Vietnam, deux pays acheteurs de noix de cajou. La r\u00e9gion de Bok\u00e9 est frontali\u00e8re de la Guin\u00e9e-Bissau tandis que celle de Kankan partage la fronti\u00e8re avec la C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p> &#8220;Le march\u00e9 r\u00e9gional n\u2019est pas porteur parce que la Guin\u00e9e est entour\u00e9e de ces deux pays qui sont de grands producteurs en Afrique de l\u2019ouest, ayant leur propre industrie de traitement des noix. La Guin\u00e9e n\u2019a donc aucun avantage comp\u00e9titif&#8221;, d\u00e9plore Kalil Soumahoro, exportateur de noix de cajou.<\/p>\n<p> La plupart des exportateurs \u2013 en majorit\u00e9 des Guin\u00e9ens, mais aussi des Libanais r\u00e9sidant en Guin\u00e9e &#8211; sont bas\u00e9s \u00e0 Conakry, la capitale. Ils ach\u00e8tent aupr\u00e8s des interm\u00e9diaires qui sont leurs agents \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays, ou aupr\u00e8s des sp\u00e9culateurs ind\u00e9pendants.  Le prix du kilogramme de noix de cajou se situe autour de 35.000 francs guin\u00e9ens (environ cinq dollars) aupr\u00e8s des planteurs, et atteint 50.000 FG \u00e0 Conakry (environ huit dollars).<\/p>\n<p> &#8220;Dans ce circuit de commercialisation, les planteurs d\u2019anacardiers sont les plus l\u00e9s\u00e9s. Ils ne b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019aucun financement par les banques&#8221;, souligne Fankama Diakit\u00e9, un technicien agricole de la r\u00e9gion de Kankan.<\/p>\n<p> &#8220;Nous plantons l\u2019anacardier lorsque nous avons de l\u2019argent&#8221;, se plaint Lamine Cond\u00e9, un producteur de Bat\u00e8. &#8220;Les planteurs sont la proie des sp\u00e9culateurs v\u00e9reux aupr\u00e8s desquels ils prennent des avances pour payer la main-d\u2019\u0153uvre des travaux de d\u00e9frichage et de r\u00e9colte, ou pour acheter des engrais chimiques&#8221;, explique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Au probl\u00e8me de financement, s\u2019ajoutent d\u2019autres contraintes comme les parasites ainsi que la p\u00e9nurie et le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p> Sur le terrain, IPS a constat\u00e9 qu\u2019un producteur moyen peut r\u00e9aliser un chiffre d\u2019affaires d\u2019environ 12.500 dollars apr\u00e8s avoir vendu ses 2,5 tonnes. Et le groupement de Bat\u00e8, qui a produit environ six tonnes en 2013, peut gagner quelque 30.000 dollars apr\u00e8s la commercialisation.<\/p>\n<p> Un Guin\u00e9en sur deux, vit avec moins d\u2019un dollar par jour et 40 pour cent de la population vit en dessous de ce seuil de pauvret\u00e9, selon le Plan quinquennal de d\u00e9veloppement socio\u00e9conomique 2011\u20132015 du pays, \u00e9labor\u00e9 en 2011.  Malgr\u00e9 cette pr\u00e9carit\u00e9 et de nombreux autres d\u00e9fis \u00e0 relever sur le plan agricole, les autorit\u00e9s guin\u00e9ennes affirment vouloir promouvoir la culture de l\u2019anacardier.<\/p>\n<p> &#8220;La plantation ne suffit pas. Il faudrait mettre en place une industrie de transformation de cajou qui va constituer une valeur ajout\u00e9e et cr\u00e9er beaucoup d\u2019emplois en Guin\u00e9e&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Ousmane Kaba, conseiller \u00e0 la pr\u00e9sidence, charg\u00e9 des m\u00e9gas-projets, \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de lancement de l\u2019AGA.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 16 avr (IPS) &#8211; La culture de l\u2019anacardier est devenue, gr\u00e2ce aux noix de cajou, une source de revenus en Guin\u00e9e. 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