{"id":6507,"date":"2013-03-15T13:40:01","date_gmt":"2013-03-15T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/03\/15\/zimbabwe-voter-changera-la-vie-des-femmes\/"},"modified":"2013-03-15T13:40:01","modified_gmt":"2013-03-15T13:40:01","slug":"zimbabwe-voter-changera-la-vie-des-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/03\/15\/zimbabwe-voter-changera-la-vie-des-femmes\/","title":{"rendered":"ZIMBABWE: Voter changera la vie des femmes"},"content":{"rendered":"<p>MOUNT DARWIN, Zimbabwe, 15 mars (IPS) &#8211; &#8220;Dix raisons pour lesquelles les femmes doivent voter &#39;oui&#39; pour le projet de constitution&#8230;&#8221;, dit le jingle de la campagne radio de la Commission parlementaire de r\u00e9daction de la constitution (COPAC).<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette musique se joue sur les ondes dans le magasin d&#39;un \u00e9picier au poste-fronti\u00e8re de Mukumbura, un centre commercial \u00e0 la fronti\u00e8re nord-est du Zimbabwe avec le Mozambique.<\/p>\n<p> Le Zimbabwe organise un r\u00e9f\u00e9rendum le 16 mars pour savoir s&#39;il faut adopter le projet de constitution qui a mis pr\u00e8s de quatre ans pour \u00eatre r\u00e9dig\u00e9 et a englouti 50 millions de dollars des fonds des donateurs inject\u00e9s dans l&#39;\u00e9conomie de ce pays appauvri.<\/p>\n<p> La COPAC est le comit\u00e9 parlementaire constitutionnel responsable de la r\u00e9daction du projet de constitution, et en pr\u00e9lude au r\u00e9f\u00e9rendum, elle a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e d&#39;informer les Zimbabw\u00e9ens sur le projet et de les encourager \u00e0 voter.<\/p>\n<p> Mais le jingle radio est presque noy\u00e9 par le bruit du juke-box d\u2019une brasserie voisine.<\/p>\n<p> Ironie du sort, le message du jingle est apparemment destin\u00e9 aux femmes du centre commercial du poste-fronti\u00e8re, mais elles semblent \u00eatre occup\u00e9es \u00e0 vaquer \u00e0 leurs occupations quotidiennes \u2013 vendant des fruits et des l\u00e9gumes, presque indiff\u00e9rentes \u00e0 un processus que les politiciens locaux ont d\u00e9crit comme un changeur de jeu dans l&#39;histoire politique de ce pays d\u2019Afrique australe.<\/p>\n<p> Maria Nyamasoka, 48 ans, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, raconte \u00e0 IPS qu&#39;elle ne se soucie pas du projet de constitution.<\/p>\n<p> &#8220;Rien ne changera pour moi. Peut-\u00eatre pour vous les gens de Harare. C&#39;est peut-\u00eatre pourquoi vous avez fait tout ce voyage pour venir ici parler de ce projet. Lors des derni\u00e8res \u00e9lections, ma ferme a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e et j\u2019ai \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 un viol de la part de certains jeunes de parti. Je n&#39;ai vraiment pas envie de parler de cela&#8230; Je ne veux rien avoir \u00e0 faire avec la politique&#8221;, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<p> Despite attempts by Copac and political parties to push supporters for a &#8220;Yes&#8221; vote this weekend, some say they are unaware of the referendum or the draft constitution that they have been asked to vote on. Sithembile Mpofu, a Bulawayo housewife, is one of them.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 les efforts de la COPAC et des partis politiques visant \u00e0 pousser les partisans \u00e0 voter &#8220;oui&#8221; ce week-end, certains disent qu&#39;ils ne sont pas au courant du r\u00e9f\u00e9rendum ou du projet de constitution pour lequel on leur a demand\u00e9 de voter. Sithembile Mpofu, une m\u00e9nag\u00e8re \u00e0 Bulawayo, est l&#39;un d&#39;entre eux.<\/p>\n<p> &#8220;C&#39;est peut-\u00eatre parce que je ne regarde pas la ZTV&#8221;, indique Mpofu \u00e0 IPS, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision nationale o\u00f9 les programmes ont \u00e9t\u00e9, ces derni\u00e8res semaines, domin\u00e9s par des campagnes demandant aux \u00e9lecteurs inscrits de cocher &#8220;oui&#8221; sur les bulletins de vote du r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<p> &#8220;Je ne peux pas aller voter pour quelque chose que je ne connais pas, m\u00eame si je vote &#8220;non&#8221;, je serais malhonn\u00eate&#8221;, dit-elle.<\/p>\n<p> Mais malgr\u00e9 le manque d&#39;int\u00e9r\u00eat de la part de certains, cinq millions d&#39;\u00e9lecteurs inscrits dans le pays ont une occasion de changer la vie des femmes de cette nation. Les femmes repr\u00e9sentent la majorit\u00e9, environ 53 pour cent des quelque 12,6 millions d&#39;habitants du pays. La &#39;Women\u2019s Coalition&#39; (Coalition des femmes), un groupement d&#39;organisations non gouvernementales (ONG) de d\u00e9fense des droits des femmes, fait campagne pour l&#39;approbation du projet de constitution.<\/p>\n<p> &#8220;Les femmes ont lutt\u00e9 dur pour faire adopter pr\u00e8s de 75 pour cent de nos exigences dans le projet. Certainement la vie des femmes ne sera plus jamais la m\u00eame en vertu de cette nouvelle constitution, si elle est adopt\u00e9e&#8221;, affirme Slyvia Chirawu, une coordinatrice nationale \u00e0 l&#39;ONG &#39;Women and Law in Southern Africa&#39; (Femmes et droit en Afrique australe), et membre de la Coalition des femmes.<\/p>\n<p> Chirawu dit que les femmes ont particuli\u00e8rement souffert de l&#39;article 23 de la constitution actuelle, qui les prive des m\u00eames droits que les hommes concernant la garde de leurs enfants mineurs.<\/p>\n<p> &#8220;Conform\u00e9ment \u00e0 l&#39;article 23, une femme ne peut pas demander un passeport pour son enfant sans le consentement du p\u00e8re&#8230; (une femme) ne peut pas obtenir l\u2019acte de naissance de son enfant en l&#39;absence du p\u00e8re&#8230; Mais les hommes peuvent faire toutes ces choses en l&#39;absence de la m\u00e8re de l&#39;enfant&#8221;, souligne Chirawu.  Dans le projet de constitution, les femmes peuvent d\u00e9sormais demander \u00e0 la fois les passeports et les actes de naissance pour leurs enfants sans le consentement du p\u00e8re.<\/p>\n<p> Jessie Majome, vice-ministre de la Justice et des Affaires parlementaires, membre de la COPAC, explique \u00e0 IPS que selon la constitution actuelle, les filles peuvent se marier \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 16 ans, alors que les gar\u00e7ons peuvent l\u00e9galement faire de m\u00eame \u00e0 18 ans.<\/p>\n<p> &#8220;Ce que cela signifiait, c\u2019est que les filles ont d\u00fb abandonner l&#39;\u00e9cole pour se marier, tandis que les gar\u00e7ons poursuivaient leur \u00e9ducation. Les gar\u00e7ons devaient attendre pour atteindre l&#39;\u00e2ge l\u00e9gal de la majorit\u00e9, cr\u00e9ant un avantage injuste contre les femmes. Mais selon ce nouveau projet, les gar\u00e7ons et les filles seront autoris\u00e9s \u00e0 se marier quand ils atteindront l&#39;\u00e2ge l\u00e9gal de la majorit\u00e9&#8221;, explique Majome.<\/p>\n<p> Le projet de constitution assurera \u00e9galement aux femmes un soulagement par rapport \u00e0 certaines pratiques culturelles nuisibles qui \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme admissibles.<\/p>\n<p> Des filles mineures ont \u00e9t\u00e9 mari\u00e9es \u00e0 des hommes plus \u00e2g\u00e9s, alors que des veuves ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9es de devenir les &#8220;\u00e9pouses&#8221; des parents hommes de leurs maris d\u00e9c\u00e9d\u00e9s.<\/p>\n<p> &#8220;Bien que la constitution (actuelle) ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment amend\u00e9e pour interdire certaines pratiques culturelles nuisibles, le pr\u00e9sent projet en r\u00e9alit\u00e9 interdit et rend inconstitutionnel le fait que le droit coutumier l\u2019emporte sur le droit commun. Les femmes avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9savantag\u00e9es quand il s&#39;agissait d&#39;h\u00e9ritage, puisqu\u2019elles ne pouvaient pas h\u00e9riter des biens de la famille. Les veuves avaient \u00e9galement perdu leurs biens suite au d\u00e9c\u00e8s de leurs conjoints&#8221;, souligne Majome.<\/p>\n<p> Jane Chiriga, une chercheuse sur les genres, estime le projet est &#8220;un triomphe pour les femmes&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;Il y a un effort d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de corriger les d\u00e9fauts et les lacunes de la constitution actuelle. Ce qui reste, je pense, c\u2019est d&#39;aligner cela avec les lois du pays&#8221;, ajoute Chiriga.<\/p>\n<p> *Avec un reportage compl\u00e9mentaire de Ignatius Banda \u00e0 Bulawayo.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MOUNT DARWIN, Zimbabwe, 15 mars (IPS) &#8211; &#8220;Dix raisons pour lesquelles les femmes doivent voter &#39;oui&#39; pour le projet de constitution&#8230;&#8221;, dit le jingle de la campagne radio de la Commission parlementaire de r\u00e9daction de la constitution (COPAC).<\/p>\n","protected":false},"author":884,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,24,13,11,10,1,7,28,30],"tags":[],"class_list":["post-6507","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-communication-medias","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-southern-africa","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/884"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6507"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6507\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}