{"id":6490,"date":"2013-03-05T13:40:01","date_gmt":"2013-03-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/03\/05\/afrique-les-petits-fermiers-doivent-devenir-des-detecteurs-de-virus\/"},"modified":"2013-03-05T13:40:01","modified_gmt":"2013-03-05T13:40:01","slug":"afrique-les-petits-fermiers-doivent-devenir-des-detecteurs-de-virus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/03\/05\/afrique-les-petits-fermiers-doivent-devenir-des-detecteurs-de-virus\/","title":{"rendered":"AFRIQUE: Les petits fermiers doivent devenir des d\u00e9tecteurs de virus"},"content":{"rendered":"<p>KAMPALA, 5 mars (IPS) &#8211; Tant que les petits fermiers africains, qui forment la majorit\u00e9 des producteurs de vivres sur le continent, ne b\u00e9n\u00e9ficieront pas des outils et connaissances pour faire face \u00e0 l&#39;augmentation rapide des maladies virales des plantes, les moyens de subsistance de millions de personnes seront en jeu.   <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette affirmation est de Nteranya Sanginga, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;Institut international d&#39;agriculture tropicale (IITA).  &#8220;Les virus des plantes se propagent rapidement \u00e0 de nouveaux endroits, faisant \u00e9chouer des efforts pour accro\u00eetre la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes. Les petits agriculteurs pauvres, qui constituent la majorit\u00e9 des producteurs de vivres et une grande partie de la population, sont les premi\u00e8res victimes de ces maladies virales avec leurs ressources limit\u00e9es&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Sanginga \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> La maladie de la mosa\u00efque du manioc (CMD), la maladie virale de la patate douce, le virus de la striure du ma\u00efs et le virus de la maladie de la striure brune du manioc (CBSD), sont quelques-uns des virus de plantes qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandus en Afrique dans un pass\u00e9 r\u00e9cent. Une plante infect\u00e9e par la CMD pr\u00e9sentera des feuilles blanches ou jaunes p\u00e2les, la distorsion des feuilles, et un retard de croissance.<\/p>\n<p> Cependant, les sympt\u00f4mes d&#39;une plante infect\u00e9e par la CBSD sont moins \u00e9vidents puisque seules de petites taches jaunes sur les feuilles indiquent la pr\u00e9sence de la maladie. La plupart des agriculteurs ne sont en mesure d&#39;identifier la maladie qu\u2019une fois qu&#39;ils r\u00e9coltent la plante pendant que la CBSD d\u00e9forme la racine et la fait pourrir.<\/p>\n<p> Identifi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans le district de Mukono, en Ouganda, en 2004, la CBSD s&#39;est depuis ce temps propag\u00e9e dans toute la r\u00e9gion des Grands Lacs en Afrique de l&#39;est, entra\u00eenant une perte de 30 \u00e0 70 pour cent des r\u00e9coltes de manioc. Cette culture est un aliment de base en Ouganda, avec une production annuelle estim\u00e9e \u00e0 5,5 millions de tonnes.<\/p>\n<p> Selon l&#39;IITA, la CBSD menace la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et les moyens de subsistance de plus de 200 millions de personnes en Afrique orientale et centrale. Ensemble, la CMD et la CBSD ont caus\u00e9 plus d&#39;un milliard de dollars de d\u00e9g\u00e2ts au manioc, les petits fermiers \u00e9tant les plus touch\u00e9s par cette perte.<\/p>\n<p> Chris Omongo, un phytog\u00e9n\u00e9ticien du manioc au &#39;National Agricultural Crop Ressources Research Institute&#39; (Institut national de recherche sur les ressources de cultures vivri\u00e8res) de l&#39;Ouganda, a dit \u00e0 IPS que certaines pratiques agricoles ont favoris\u00e9 la propagation des virus.<\/p>\n<p> &#8220;Lorsque vous d\u00e9placez les mat\u00e9riaux infect\u00e9s d&#39;un endroit \u00e0 un autre, vous aidez automatiquement \u00e0 la propagation des virus&#8221;, a indiqu\u00e9 Omongo, ajoutant que la plupart des agriculteurs partagent involontairement des semences et de jeunes plants infect\u00e9s.<\/p>\n<p> Bulasio Luyiga, un petit producteur de manioc dans le district de Mukono, dans le centre de l&#39;Ouganda, est l&#39;un d&#39;entre eux.<\/p>\n<p> &#8220;La culture avait l&#39;air si saine, mais au moment de la r\u00e9colte, chaque tubercule \u00e9tait pourrie&#8221;, a-t-il dit \u00e0 IPS. La CBSD attaque g\u00e9n\u00e9ralement la racine du manioc, bien que les feuilles des plantes puissent \u00eatre \u00e9galement affect\u00e9es.<\/p>\n<p> Luyiga a indiqu\u00e9 qu&#39;il a perdu plus de 70 pour cent de cette culture \u00e0 cause du virus. &#8220;C\u2019\u00e9tait une perte totale parce que j&#39;ai achet\u00e9 ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme propre, le mat\u00e9riel v\u00e9g\u00e9tal, seulement pour d\u00e9couvrir qu&#39;il \u00e9tait sensible \u00e0 cette maladie. Je ne l\u2019aurais pas plant\u00e9 si j&#39;avais su cela t\u00f4t&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Luyiga.<\/p>\n<p> Omongo a affirm\u00e9 que s\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficient des connaissances, les petits fermiers peuvent emp\u00eacher les maladies virales de plantes de se propager. &#8220;Une fois que les agriculteurs savent comment identifier les maladies, alors ils les \u00e9viteront. Ils sont aussi trop pauvres pour acheter les vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es de plantes r\u00e9sistantes aux maladies. Le probl\u00e8me, c\u2019est de sensibiliser et nous \u00e9viterons la propagation&#8221;, a-t-il soulign\u00e9.<\/p>\n<p> L\u2019autre facteur qui doit \u00eatre abord\u00e9 dans la lutte contre la propagation des maladies des plantes, c\u2019est celui des ressources. Luyiga et des fermiers comme lui ont rarement acc\u00e8s aux services de conseils agricoles et de vulgarisation qui pourraient leur fournir des connaissances sur la fa\u00e7on d&#39;identifier et de faire face aux virus des plantes. De tels services sont limit\u00e9s dans la plupart des pays d&#39;Afrique de l\u2019est et lorsqu\u2019ils sont disponibles, ils ont tendance \u00e0 \u00eatre de mauvaise qualit\u00e9.<\/p>\n<p> En Ouganda, il faut un agent de vulgarisation pour offrir des services \u00e0 plus de 1.000 fermiers dans un sous-comt\u00e9, ce qui, selon Omongo, limite la d\u00e9tection pr\u00e9coce et la pr\u00e9vention de la propagation des plantes malades.<\/p>\n<p> Le professeur William Otim-Nape, un phytopathologiste ougandais et membre de &#39;Africa Innovations Institute&#39; (Institut des innovations en Afrique), a dit \u00e0 IPS que les maladies virales continuent de causer d&#39;importantes pertes \u00e9conomiques en Afrique. &#8220;De telles pertes restent largement sous-estim\u00e9es et elles sont souvent ignor\u00e9es ou n\u00e9glig\u00e9es&#8221;, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p> Victor Manyong, un \u00e9conomiste \u00e0 l&#39;IITA, estime que la CBSD cause 175 millions de dollars de pertes en Afrique de l&#39;est chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p> Otim-Nape a ajout\u00e9 que le nombre de virologues de plantes form\u00e9s en Afrique \u00e9tait beaucoup trop faible pour apporter une r\u00e9ponse ad\u00e9quate afin de faire face aux nombreux virus de plantes.<\/p>\n<p> &#8220;Une masse critique de virologues de plantes form\u00e9s est n\u00e9cessaire pour identifier et prioriser les probl\u00e8mes de maladies virales et sensibiliser le public et les d\u00e9cideurs&#8221;, a-t-il dit.<\/p>\n<p> Sanginga a approuv\u00e9. &#8220;Il y a un besoin urgent de lutter contre les maladies virales affectant les cultures de base comme le manioc, la banane et le ma\u00efs par l\u2019utilisation des progr\u00e8s de la science. Nous avons besoin de la science pour r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes&#8221;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KAMPALA, 5 mars (IPS) &#8211; Tant que les petits fermiers africains, qui forment la majorit\u00e9 des producteurs de vivres sur le continent, ne b\u00e9n\u00e9ficieront pas des outils et connaissances pour faire face \u00e0 l&#39;augmentation rapide des maladies virales des plantes,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/03\/05\/afrique-les-petits-fermiers-doivent-devenir-des-detecteurs-de-virus\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":616,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,27,6,1,4,21],"tags":[],"class_list":["post-6490","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-east-africa","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-sante","category-science-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6490","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/616"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6490"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6490\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6490"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6490"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6490"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}