{"id":6456,"date":"2013-02-11T13:40:01","date_gmt":"2013-02-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/11\/rd-congo-des-paysans-sans-terre-aux-abois-au-bandundu\/"},"modified":"2013-02-11T13:40:01","modified_gmt":"2013-02-11T13:40:01","slug":"rd-congo-des-paysans-sans-terre-aux-abois-au-bandundu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/11\/rd-congo-des-paysans-sans-terre-aux-abois-au-bandundu\/","title":{"rendered":"RD CONGO: Des paysans sans terre aux abois au Bandundu"},"content":{"rendered":"<p>KIKWIT, RD Congo, 11 f\u00e9v (IPS) &#8211; Quelque deux millions de paysans d\u00e9munis n\u2019ont pas pu d\u00e9fricher de champs en 2012 suite \u00e0 une augmentation syst\u00e9matique du prix des portions de for\u00eats ou lou\u00e9es par des chefs de terre dans le Bandundu, dans le sud-ouest de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abJe n\u2019ai ni sem\u00e9 ni r\u00e9colt\u00e9 des arachides, ou du manioc l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re comme je le faisais d\u2019habitude, car un champ de 30 ares que nous louions \u00e0 75.000 francs congolais (81,5 dollars) en 2011 est pass\u00e9 \u00e0 85.000 FC (92,3 dollars) en 2012. Je n\u2019avais plus de force\u00bb, regrette, t\u00eate baiss\u00e9e, Faustine Mukunji, une veuve de 49 ans habitant la commune de Kazamba \u00e0 Kikwit, la capitale de la province du Bandundu.<\/p>\n<p> M\u00e8re de sept enfants dont deux non scolaris\u00e9s faute de ressources, Mukunji cultivait son champ \u00e0 Mvunda, un village situ\u00e9 \u00e0 10 kilom\u00e8tres de Kikwit, o\u00f9 plusieurs paysans se rendent souvent pour leurs activit\u00e9s agricoles.<\/p>\n<p> Mukunji affirme \u00e0 IPS que jusqu\u2019en 2009 la location de ce champ de 30 ares co\u00fbtait 42.000 FC (45,6 dollars), mais en 2010 ce prix est mont\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 60.000 FC (65,2 dollars). \u00abCela provoquait d\u00e9j\u00e0 des vertiges chez les paysans\u00bb, dit-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Louis Mulonda, 52 ans, qui m\u00e8ne ses activit\u00e9s \u00e0 Mudikongo et Mipangu, non loin de Kikwit, vit la m\u00eame situation. \u00abEn 2010 nous louions un champ de 35 ares \u00e0 43.000 FC (46,7 dollars), mais en 2011 le prix a augment\u00e9 \u00e0 65.000 FC (70,6 dollars) et \u00e0 83.000 FC (90,2 dollars) en 2012. Cela nous a paralys\u00e9s\u00bb, t\u00e9moigne-t-il, en col\u00e8re.<\/p>\n<p> Yvonne Mbatakata, qui r\u00e9side \u00e0 Imbongo, \u00e0 70 km de Kikwit, se plaint aussi. \u00abLes chefs de terre exag\u00e8rent&#8230; Ils augmentent les prix de la m\u00eame fa\u00e7on: 55.000 FC (59,7 dollars) en 2010, 75.000 FC (81,5 dollars) en 2011, et 90.000 FC (97,8 dollars) en 2012 pour une portion de 50 ares\u00bb, indique-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Ces trois plaignants dont deux femmes figurent parmi les quelque deux millions de paysans sans terre et d\u00e9munis qui ont connu des difficult\u00e9s l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e dans la province du Bandundu sur une population d\u2019environ 12 millions d\u2019habitants. Cette situation a aggrav\u00e9 la pauvret\u00e9 dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p> Mukunji d\u00e9clare \u00e0 IPS qu\u2019un de ses fr\u00e8res, qui est magasinier dans une entreprise, l&#39;aidait parfois \u00e0 r\u00e9gler ses probl\u00e8mes quotidiens: nourrir, scolariser et soigner ses enfants.<\/p>\n<p> Mulonda dit qu&#39;il se d\u00e9brouille en vendant des nattes et paniers qu&#39;il fabrique lui-m\u00eame pour gagner quelques ressources.<\/p>\n<p>  Plus de 60 pour cent de la population en RDC vivent des activit\u00e9s agricoles, mais le probl\u00e8me foncier constitue une sorte d\u2019\u00e9pine dans leurs travaux.<\/p>\n<p> En effet, des chefs de terre et chefs coutumiers, d\u00e9tenteurs ou non des contrats d\u2019emphyt\u00e9ose (de bail emphyt\u00e9otique) d\u00e9livr\u00e9s par l\u2019Etat, vendent des portions de for\u00eats aux paysans. Mais depuis 2010, les prix varient syst\u00e9matiquement \u00e0 la hausse, et les paysans pauvres sont aux abois.<\/p>\n<p> Pourtant, \u00abl\u2019Etat exerce une souverainet\u00e9 permanente, notamment sur le sol, le sous-sol, les eaux et les for\u00eats; sur les espaces a\u00e9rien, fluvial, lacustre et maritime congolais ainsi que sur la mer territoriale et sur le plateau continental\u00bb, stipule l\u2019article 9 de la constitution.<\/p>\n<p> Interrog\u00e9 par IPS, Pierrot Musimankoy, un des chefs de terre, tente de donner une explication sur l\u2019augmentation des prix: \u00abNous sommes souvent d\u00e9rang\u00e9s par l\u2019Etat avec des redevances annuelles qui varient entre 15.000 FC (16,3 dollars) et 30.000 FC (32,6 dollars) selon les cas, \u00e0 payer au minist\u00e8re des Affaires fonci\u00e8res, et d\u2019autres taxes au minist\u00e8re de l\u2019Environnement et Conservation de la Nature. C\u2019est pourquoi nous ajoutons ces montants sur les prix\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p> Mais, Jean-Marie Kitambu, chef de division et conservateur des titres immobiliers au minist\u00e8re des Affaires fonci\u00e8res au Bandundu, ne partage pas cette explication. \u00abM\u00eame si les chefs de terre et coutumiers ont des contrats d\u2019emphyt\u00e9ose, ils sont toujours consid\u00e9r\u00e9s comme des sentinelles de l\u2019Etat en g\u00e9rant certains espaces forestiers et fonciers. Augmenter les prix est inacceptable. Nous allons les sensibiliser par tous les moyens\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0 IPS.  \u00abA partir de 2013, le gouvernement provincial va appliquer une nouvelle politique appel\u00e9e &#39;m\u00e9nage agricole&#39;\u00bb, affirme L\u00e9onie Ndundu, ministre provincial de l\u2019Agriculture.<\/p>\n<p> Selon elle, cette nouvelle politique consiste \u00e0 faire labourer, par des tracteurs, plusieurs hectares de terre. Puis, des familles d\u00e9munies et d\u2019autres qui seront int\u00e9ress\u00e9es prendront gratuitement entre 30 et 50 ares des champs o\u00f9 elles vont semer des produits agricoles.<\/p>\n<p> Et \u00absur les 100 pour cent de r\u00e9coltes, 30 pour cent iront au gouvernement provincial et 70 pour cent aux familles des paysans. Cela pourra contourner la situation des chefs de terre\u00bb, ajoute Ndundu. Selon elle, les 30 pour cent serviront \u00e0 amortir et entretenir les engins, \u00e0 payer la main-d&#39;\u0153uvre et \u00e0 p\u00e9renniser l&#39;action gouvernementale.<\/p>\n<p>  \u00abN\u2019est-il pas possible pour l\u2019Etat d\u2019uniformiser les prix des champs?\u00bb, demande Jean-Baptiste Mbwengele, pr\u00e9sident de la Coop\u00e9rative de production et vente, une plate-forme de 240 associations paysannes du Bandundu.<\/p>\n<p> \u00abQuant \u00e0 l\u2019augmentation des prix, c\u2019est une mati\u00e8re \u00e0 soumettre au Conseil des ministres. Je la partagerai d\u2019abord avec mon coll\u00e8gue des Affaires fonci\u00e8res\u00bb, indique Jean-Chrisostome Vahamwiti, ministre de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement rural de la RDC.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KIKWIT, RD Congo, 11 f\u00e9v (IPS) &#8211; Quelque deux millions de paysans d\u00e9munis n\u2019ont pas pu d\u00e9fricher de champs en 2012 suite \u00e0 une augmentation syst\u00e9matique du prix des portions de for\u00eats ou lou\u00e9es par des chefs de terre dans&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2013\/02\/11\/rd-congo-des-paysans-sans-terre-aux-abois-au-bandundu\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":794,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,38,11,6,1,39,3,20],"tags":[],"class_list":["post-6456","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-commerce-et-pauvrete","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-population-refugies","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6456","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/794"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6456"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6456\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6456"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6456"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}