{"id":6311,"date":"2012-10-29T13:40:01","date_gmt":"2012-10-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/29\/senegal-des-villages-aspirent-a-lautosuffisance-en-riz\/"},"modified":"2012-10-29T13:40:01","modified_gmt":"2012-10-29T13:40:01","slug":"senegal-des-villages-aspirent-a-lautosuffisance-en-riz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/29\/senegal-des-villages-aspirent-a-lautosuffisance-en-riz\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Des villages aspirent \u00e0 l\u2019autosuffisance en riz"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 29 oct (IPS) &#8211; Des habitants de cinq villages situ\u00e9s aux alentours de la vall\u00e9e de Boyard, dans le centre-ouest du S\u00e9n\u00e9gal, essaient de s\u2019affranchir petit \u00e0 petit de la &#8220;tyrannie du riz import\u00e9&#8221; dans le pays en intensifiant la culture locale du riz.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&#8220;Ici, l\u2019agriculture s\u2019est intensifi\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 la relance de la riziculture&#8221;, d\u00e9clare fi\u00e8rement \u00e0 IPS, Marie Sagne, une habitante de Boyard Ndiodiome.  Le Projet d\u2019appui \u00e0 la petite irrigation locale (PAPIL), financ\u00e9 par la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) et la Banque islamique de d\u00e9veloppement (BID), a construit une digue anti-sel dans ce village, rendant une bonne partie des terres, jadis sal\u00e9es, maintenant propices \u00e0 la riziculture.<\/p>\n<p> En 2004, les habitants de Boyard Ndiodiome sont retourn\u00e9s \u00e0 la riziculture qu\u2019ils avaient longtemps abandonn\u00e9e, \u00e0 cause de la salinit\u00e9 des terres. Depuis 2006, le PAPIL intervient dans la zone en leur fournissant des semences de qualit\u00e9, des engrais et un encadrement technique.  Le projet a encadr\u00e9 la cr\u00e9ation du Comit\u00e9 inter-villageois pour la gestion de la vall\u00e9e (CIVG) de Boyard &#39;Mbin jam&#39; (qui signifie &#39;maison du bonheur&#39; en sereer, une langue locale), qui dispose d\u2019un compte bancaire.<\/p>\n<p> Ce comit\u00e9 dirig\u00e9 par Ibrahima Faye, regroupe des riziculteurs des villages de Boyard Ndiodiome, Boyard Tock, Sing Boyard, Ndiagamba et Dack. Il compte 420 membres, dont 336 femmes &#8211; 80 pour cent de l\u2019effectif. De 10 hectares en 2006, les surfaces emblav\u00e9es sont pass\u00e9es \u00e0 environ 25 hectares depuis 2007.  Chacun des membres du comit\u00e9 s\u2019acquitte d\u2019une contribution de 5.000 francs CFA (10 dollars) par an, qui lui donne droit \u00e0 des semences et des engrais.  &#8220;En 2004, un hectare avait \u00e9t\u00e9 emblav\u00e9 pour produire un peu moins de 500 kilogrammes de riz. En 2006, nous \u00e9tions \u00e0 3,5 tonnes \u00e0 l\u2019hectare et \u00e0 quatre tonnes \u00e0 l\u2019hectare en 2008, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019encadrement technique de nos partenaires&#8221;, affirme Faye.  L\u2019Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR) et la Direction r\u00e9gionale du d\u00e9veloppement rural (DRDR) de Fatick (centre du pays) sont des partenaires du PAPIL et, par cons\u00e9quent, participent \u00e0 l\u2019encadrement des riziculteurs.<\/p>\n<p> &#8220;Depuis quelques ann\u00e9es, certains foyers ne consomment plus du riz import\u00e9 ou cultiv\u00e9 ailleurs au S\u00e9n\u00e9gal. Les r\u00e9coltes (locales) couvrent les besoins de consommation. Sauf en 2011 o\u00f9 les 23 hectares emblav\u00e9es par le CIVG n\u2019avaient produit qu\u2019environ 250 kilos par hectare \u00e0 cause d\u2019un d\u00e9ficit hydrique, qui avait emp\u00each\u00e9 les cultures de bien m\u00fbrir&#8221;, explique Faye \u00e0 IPS.  En 2010, le CIVG avait r\u00e9colt\u00e9 140 tonnes de riz sur un p\u00e9rim\u00e8tre exceptionnel de 35 hectares, avec un rendement moyen de quatre tonnes \u00e0 l\u2019hectare, indique-t-il.<\/p>\n<p> Mais, la production pourrait baisser en 2012 \u00e0 cause des parasites &#39;mille-pattes&#39; et du riz sauvage signal\u00e9s dans les 23 hectares emblav\u00e9s par le CIVG, s\u2019inqui\u00e8te Faye, m\u00eame s\u2019il attend des rendements de quatre tonnes \u00e0 l\u2019hectare.  &#8220;Nos pr\u00e9visions pour 2012 sont de quatre \u00e0 six tonnes \u00e0 l\u2019hectare, dans la vall\u00e9e de Boyard Ndiodiome&#8221;, d\u00e9clare Mamadou Camara, chef de l\u2019antenne r\u00e9gionale du PAPIL \u00e0 Fatick. Le riz \u00e9tait au stade de maturit\u00e9 dans la seconde quinzaine d\u2019octobre.<\/p>\n<p> &#8220;Dans d\u2019autres foyers, la production n\u2019est pas assez suffisante pour couvrir les besoins de consommation. Mais, quand nous arriverons \u00e0 \u00e9liminer le riz sauvage, nous augmenterons largement la productivit\u00e9&#8221;, affirme Faye, pr\u00e9sident du CIVG &#39;Mbin jam&#39;.<\/p>\n<p> Ibrahima Ndiaye, un agent du PAPIL, souligne que &#8220;beaucoup de foyers consomment leur production de riz pendant neuf ou 10 mois&#8221;.  Ma\u00ef Niakh, l\u2019une des 336 femmes du comit\u00e9, en est fi\u00e8re: &#8220;Nous consommons m\u00eame du riz local 12 mois sur 12&#8221;.<\/p>\n<p> &#8220;L\u2019autosuffisance en riz est presque atteinte. Elle le sera davantage avec les deux ouvrages que nous r\u00e9habiliterons en 2013. Ils permettront d\u2019emblaver 200 hectares compl\u00e9mentaires&#8221;, d\u00e9clare Camara.  Le CIVG &#39;Mbin jam&#39; mise beaucoup sur la r\u00e9habilitation de &#39;la grande vall\u00e9e&#39; de Boyard &#8211; l\u2019un des chantiers du PAPIL pour 2013. L\u2019acquisition d\u2019un tracteur, la construction d\u2019une piste rurale de 10 kilom\u00e8tres et d\u2019un magasin (pour stockage et transformation) sont pr\u00e9vues par le PAPIL, pour booster la production de riz, explique Faye.  &#8220;Si ces projets sont r\u00e9alis\u00e9s, nous allons nous consacrer davantage \u00e0 la riziculture parce qu\u2019il y aura de l\u2019eau tout au long de l\u2019ann\u00e9e&#8221;, affirme Sagne.  La BAD a d\u00e9cid\u00e9 de financer le PAPIL jusqu\u2019en 2013 pour ses &#8220;bons r\u00e9sultats&#8221;, alors qu\u2019elle s\u2019y \u00e9tait engag\u00e9e pour la p\u00e9riode 2006-2010, affirme Camara. Et la BID continuera \u00e0 financer le projet jusqu\u2019en 2015, ajoute-t-il.  &#8220;Ce qui nous manque, c\u2019est le mat\u00e9riel agricole. Lorsque nous aurons acquis un tracteur par exemple, nous allons produire assez de riz pas pour consommer seulement, mais pour en vendre aussi&#8221;, assure Mame Mor Ndiaye, du village de Dack.  La DRDR, l\u2019ANCAR et le PAPIL ont modernis\u00e9 les techniques culturales. Par exemple, les semis \u00e0 la vol\u00e9e sont abandonn\u00e9s au profit des semis \u00e0 la ligne, r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l\u2019aide d\u2019un semoir tir\u00e9 par un animal.  &#8220;Les r\u00e9alisations techniques et la production augmentent progressivement. Les producteurs se sont appropri\u00e9 les techniques que nous leur apportons. Ils savent maintenant construire des digues, par exemple&#8221;, explique Jean-Paul Bampouky, chef de la DRDR \u00e0 Fatick.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 29 oct (IPS) &#8211; Des habitants de cinq villages situ\u00e9s aux alentours de la vall\u00e9e de Boyard, dans le centre-ouest du S\u00e9n\u00e9gal, essaient de s\u2019affranchir petit \u00e0 petit de la &#8220;tyrannie du riz import\u00e9&#8221; dans le pays en intensifiant&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/29\/senegal-des-villages-aspirent-a-lautosuffisance-en-riz\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":578,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,39,30,29],"tags":[],"class_list":["post-6311","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/578"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6311"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6311\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}