{"id":6299,"date":"2012-10-19T13:40:01","date_gmt":"2012-10-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/19\/mali-la-crise-dans-le-nord-et-la-diplomatie-algerienne\/"},"modified":"2012-10-19T13:40:01","modified_gmt":"2012-10-19T13:40:01","slug":"mali-la-crise-dans-le-nord-et-la-diplomatie-algerienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/19\/mali-la-crise-dans-le-nord-et-la-diplomatie-algerienne\/","title":{"rendered":"MALI: La crise dans le nord et la diplomatie alg\u00e9rienne"},"content":{"rendered":"<p>BAMAKO, 19 oct (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 les r\u00e9serves de l\u2019Alg\u00e9rie, une force militaire \u00e9trang\u00e8re en pr\u00e9paration pourrait combattre les groupes islamistes occupant les deux-tiers du Mali dans le nord. Mais les Maliens attendent d\u2019Alger bien plus qu\u2019un soutien \u00e0 la r\u00e9solution des Nations Unies, adopt\u00e9e le 12 octobre. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Alors que la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats d\u2019Afrique de l\u2019ouest (CEDEAO) pr\u00e9pare un plan d\u00e9taill\u00e9 du d\u00e9ploiement des troupes qu\u2019elle entend engager au Mali, l\u2019Alg\u00e9rie ne souhaite pas participer \u00e0 une intervention militaire \u00e9trang\u00e8re chez son voisin du sud. Mais elle se dit pr\u00eate \u00e0 soutenir l\u2019arm\u00e9e malienne.  Toutefois, des Maliens estiment qu\u2019Alger tente de dissuader leur pays d\u2019utiliser la force. Le ministre alg\u00e9rien d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux Affaires maghr\u00e9bines et africaines, Abdelkader Messahel, qui \u00e9tait \u00e0 Bamako le 8 octobre, encourageait les autorit\u00e9s maliennes \u00e0 n\u00e9gocier avec les groupes arm\u00e9s. Mais il exclut de n\u00e9gocier avec les terroristes.<\/p>\n<p> Cette position alg\u00e9rienne ne surprend pas certains observateurs maliens. \u00abC\u2019est surtout leur propre s\u00e9curit\u00e9 que les Alg\u00e9riens veulent sauvegarder. AQMI (Al Qa\u00efda au Maghreb islamique) me semble \u00eatre d\u2019origine alg\u00e9rienne parce qu\u2019il est form\u00e9 de salafistes chass\u00e9s d\u2019Alg\u00e9rie et qui se sont install\u00e9s au Mali\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Mahamadou Samak\u00e9, professeur de sciences politiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bamako, la capitale malienne.  En cas d\u2019une \u00e9ventuelle intervention militaire \u00e9trang\u00e8re au nord du Mali, le sud de l\u2019Alg\u00e9rie voisine pourrait \u00eatre un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9ration. \u00abC\u2019est pourquoi les Alg\u00e9riens pr\u00f4nent la n\u00e9gociation qui serait peut-\u00eatre l\u2019id\u00e9al. On peut n\u00e9gocier avec Ansardine parce que Iyad Ag Ghali (fondateur de ce mouvement jihadiste touareg) est quand m\u00eame un Malien\u00bb, ajoute Samak\u00e9.  Si l\u2019Alg\u00e9rie d\u00e9fend ses int\u00e9r\u00eats, il appartient au Mali de s\u2019assumer, estiment d\u2019autres analystes maliens. Mais la d\u00e9faillance de ses forces arm\u00e9es a conduit le pays \u00e0 saisir l\u2019ONU \u00e0 travers la CEDEAO et l\u2019Union africaine (UA), avec le soutien de la France, pour une intervention arm\u00e9e que l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019aimerait pas \u00e0 ses fronti\u00e8res.<\/p>\n<p> Selon Oumar Tour\u00e9, conseiller juridique \u00e0 l\u2019Agence malienne de normalisation, la solution de la crise n\u00e9cessite l\u2019implication de l\u2019Alg\u00e9rie. \u00abIl nous faut n\u00e9cessairement \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, et m\u00eame \u00e0 la Mauritanie, deux pays qui ne font pas partie de la CEDEAO. Nous ne pouvons pas aller faire une guerre \u00e0 leurs portes sans les avoir avec nous, puisqu\u2019ils connaissent le terrain mieux que la plupart des pays de la CEDEAO\u00bb, explique Tour\u00e9.<\/p>\n<p> Premi\u00e8re force militaire de la r\u00e9gion, L\u2019Alg\u00e9rie accueille \u00e0 Tamanrasset (sud du pays) le Comit\u00e9 d\u2019\u00e9tat-major conjoint cr\u00e9\u00e9 en 2010 par les pays du champ (Mali, Alg\u00e9rie, Niger et Mauritanie) pour combattre ensemble le terrorisme.  Mais les relations ont parfois \u00e9t\u00e9 tendues entre le Mali et l\u2019Alg\u00e9rie au sein de cette coalition. \u00abC\u2019est le Mali qui avait \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 de maillon faible de la cha\u00eene par l\u2019Alg\u00e9rie. Les Alg\u00e9riens estimaient que le Mali n\u2019en faisaient pas assez pour combattre les terroristes qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9poque cach\u00e9s au nord\u00bb, ajoute Tour\u00e9.<\/p>\n<p> Mais depuis qu\u2019un coup d\u2019Etat a renvers\u00e9 le pr\u00e9sident Amadou Toumani Tour\u00e9 le 22 mars dernier, ces groupes islamistes se sont empar\u00e9s des deux-tiers du pays avec l\u2019appui du Mouvement national de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad (MNLA), un groupe arm\u00e9 touareg plut\u00f4t la\u00efc, mais ind\u00e9pendantiste au d\u00e9part.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s avoir chass\u00e9 leurs alli\u00e9s du MNLA, les islamistes d\u2019AQMI, d\u2019Ansardine et du Mouvement pour l\u2019unicit\u00e9 et le jihad en Afrique de l\u2019ouest (MUJAO) ont pris le contr\u00f4le des r\u00e9gions nord du pays o\u00f9 ils appliquent la charia (la loi islamique).<\/p>\n<p> D\u00e9fendant le principe de la n\u00e9gociation avec les islamistes non terroristes, Alger a d\u00e9p\u00each\u00e9 aussi son ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux Affaires maghr\u00e9bines et africaines en Mauritanie et au Niger en octobre. Messahel demande \u00e9galement au MNLA d\u2019abandonner sa revendication ind\u00e9pendantiste et \u00e0 Ansardine de rompre avec les terroristes.<\/p>\n<p> Pourtant, le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra n\u2019entend pas abandonner l\u2019option militaire. \u00abSi une petite minorit\u00e9 prend des armes, s\u00e8me la terreur au nom de revendications s\u00e9paratistes, nous ne serons pas d\u2019accord\u00bb, a-t-il dit au ministre alg\u00e9rien. \u00abNous ferons la guerre pour mettre fin \u00e0 la guerre\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.  Par ailleurs, certains \u00e9ditoriaux de la presse malienne accusent, cette semaine, l\u2019Alg\u00e9rie et la France d\u2019avoir encourag\u00e9 et soutenu le MNLA \u00e0 attaquer le nord du Mali en janvier 2012 pour proclamer l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Azawad en avril, avant d\u2019en \u00eatre chass\u00e9 plus tard par les islamistes d\u2019AQMI, d\u2019Ansardine et du MUJAO.  A l\u2019oppos\u00e9 de la diplomatie alg\u00e9rienne, une partie de l\u2019opinion malienne montre peu de patience. A l\u2019appel du Collectif des ressortissants du nord et du Front pour la d\u00e9mocratie et la R\u00e9publique (FDR), des milliers de personnes ont march\u00e9 \u00e0 Bamako le 11 octobre.  Les manifestants du FDR demandaient \u00abaux pays du champ de soutenir la demande des autorit\u00e9s maliennes d\u2019une r\u00e9solution de l\u2019ONU pour le d\u00e9ploiement imm\u00e9diat d\u2019une force de la CEDEAO, en appui \u00e0 l\u2019arm\u00e9e malienne, pour combattre les terroristes\u00bb.<\/p>\n<p> Cependant, d\u2019autres Maliens nuancent l\u2019id\u00e9e d\u2019une intervention \u00e9trang\u00e8re. La Coalition des organisations patriotiques du Mali (COPAM) a investi la place de l\u2019ind\u00e9pendance de Bamako jeudi pour exprimer sa volont\u00e9 de voir la force d\u2019intervention de la CEDEAO au nord et non dans la capitale.<\/p>\n<p> Ce vendredi, une r\u00e9union internationale se tient \u00e0 Bamako, avec des repr\u00e9sentants de la CEDEAO, de l\u2019UA, de l\u2019ONU et de l\u2019Union europ\u00e9enne pour examiner un plan de sortie de crise au Mali, qui pr\u00e9voit des n\u00e9gociations, mais aussi une probable intervention militaire.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BAMAKO, 19 oct (IPS) &#8211; Malgr\u00e9 les r\u00e9serves de l\u2019Alg\u00e9rie, une force militaire \u00e9trang\u00e8re en pr\u00e9paration pourrait combattre les groupes islamistes occupant les deux-tiers du Mali dans le nord. 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