{"id":6290,"date":"2012-10-15T13:40:01","date_gmt":"2012-10-15T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/15\/guinee-cultiver-le-manioc-pour-concurrencer-le-riz-importe\/"},"modified":"2012-10-15T13:40:01","modified_gmt":"2012-10-15T13:40:01","slug":"guinee-cultiver-le-manioc-pour-concurrencer-le-riz-importe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/10\/15\/guinee-cultiver-le-manioc-pour-concurrencer-le-riz-importe\/","title":{"rendered":"GUINEE: Cultiver le manioc pour concurrencer le riz import\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 15 oct (IPS) &#8211; La production du manioc occupe une place importante en Guin\u00e9e, avec 11 pour cent des surfaces cultiv\u00e9es, selon le Service national de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (SNSA). Aujourd\u2019hui, le manioc est le deuxi\u00e8me aliment le plus consomm\u00e9 dans le pays apr\u00e8s le riz. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais, le manioc tend \u00e0 concurrencer et m\u00eame \u00e0 remplacer le riz en Haute-Guin\u00e9e, dans le nord-est du pays, gr\u00e2ce \u00e0 une importante production, et \u00e0 cause de la chert\u00e9 du riz, indique le SNSA.  Le minist\u00e8re guin\u00e9en de l\u2019Agriculture est int\u00e9ress\u00e9 par cette culture dont les indicateurs montrent un rapide d\u00e9veloppement. Selon les donn\u00e9es du SNSA, la production nationale de manioc a pratiquement doubl\u00e9 en sept ans, avec quelque 775.500 tonnes l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Les superficies cultiv\u00e9es sont pass\u00e9es de 58.424 hectares en 2004 \u00e0 122.550 hectares en 2011.  Cette dynamique s\u2019explique par une forte croissance de la demande du manioc, en raison de la hausse du prix du riz import\u00e9 des pays asiatiques. Et avec une production locale faible, la Guin\u00e9e est oblig\u00e9e d\u2019importer 200.000 \u00e0 300.000 tonnes de riz par an pour couvrir les besoins de sa population estim\u00e9e \u00e0 10,6 millions d\u2019habitants, selon le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture.  &#8220;Le manioc est \u00e0 la fois un aliment de base et un aliment de compl\u00e9ment pour nos populations. Il constitue \u00e9galement une source de revenu pour les paysans&#8221;, d\u00e9clare El-Sanoussy Bah, chef du programme manioc \u00e0 l\u2019Institut de recherche agronomique de Guin\u00e9e, qui appuie les paysans pour cette culture en leur proposant des vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es.  En Guin\u00e9e, le manioc est pr\u00e9par\u00e9 seul, mais il entre aussi dans la pr\u00e9paration de plusieurs autres repas o\u00f9 il est utilis\u00e9 comme l\u00e9gume dans certaines sauces.  La pr\u00e9fecture de Kouroussa, dans le nord-est du pays, est une zone de production de manioc. IPS a visit\u00e9, d\u00e9but-octobre, le champ du paysan Mamadi Cond\u00e9 dans le district de Babila.  Agriculteur de 54 ans, Cond\u00e9 exploite, avec ses deux gar\u00e7ons \u00e2g\u00e9s d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es chacun, une superficie d\u2019un hectare pour la culture du manioc, sur une terre appartenant \u00e0 sa famille.  &#8220;J\u2019ai r\u00e9colt\u00e9 pr\u00e8s de six tonnes de manioc au mois d\u2019ao\u00fbt dernier&#8221;, affirme Cond\u00e9 qui assure que sa r\u00e9colte a servi \u00e0 l\u2019autoconsommation tout en lui permettant de gagner un peu plus de 700 dollars apr\u00e8s la vente d\u2019une partie de sa production, pour envoyer \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire son enfant \u00e2g\u00e9 de neuf ans Selon le SNSA, la production, dans la r\u00e9gion de Kouroussa, est estim\u00e9e \u00e0 72.950 tonnes de manioc par an et la grande production se fait entre novembre et f\u00e9vrier.<\/p>\n<p> &#8220;Le commerce du manioc est tr\u00e8s florissant dans la r\u00e9gion de Kouroussa et nous avons cr\u00e9\u00e9 en 2010 une coop\u00e9rative pour vendre nos produits \u00e0 Conakry, la capitale, afin de faire plus de b\u00e9n\u00e9fice&#8221;, indique \u00e0 IPS, Makoura Camara, une vendeuse de manioc au march\u00e9 de Kouroussa.  Toutefois, elle se plaint de l\u2019\u00e9tat d\u00e9labr\u00e9 des pistes qui enclavent de nombreux villages \u00e0 grand potentiel de production agricole.  &#8220;Dans la zone de Kouroussa, le manioc est une v\u00e9ritable culture de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans la mesure o\u00f9 il offre des tubercules et des f\u00e9culents bon march\u00e9 aux consommateurs \u00e0 faible revenu&#8221;, explique Kandia Traor\u00e9, encadreur agricole, ajoutant que &#8220;les feuilles de manioc sont riches en vitamines A et C&#8221;.  Pour profiter davantage du manioc, Cond\u00e9 et ses coll\u00e8gues de la r\u00e9gion utilisent des techniques traditionnelles pour le transformer et le conserver.  Dans la ferme de Cond\u00e9, le manioc frais est \u00e9pluch\u00e9 et tremp\u00e9 dans l\u2019eau pendant au moins une journ\u00e9e avant d\u2019\u00eatre s\u00e9ch\u00e9 au soleil pendant plusieurs jours. Cette op\u00e9ration de s\u00e9chage permet de conserver le manioc pendant pr\u00e8s d\u2019un an sans \u00eatre alt\u00e9r\u00e9.  Le manioc s\u00e9ch\u00e9 est ensuite transform\u00e9 pour \u00eatre consomm\u00e9 sous certaines formes, notamment le &#39;too&#39; (une p\u00e2te faite de la farine de manioc). La farine est obtenue en d\u00e9coupant les tubercules en tranches qui sont s\u00e9ch\u00e9es, pil\u00e9es au mortier puis tamis\u00e9es. La p\u00e2te de manioc est un met assez consomm\u00e9 avec une sauce \u00e0 base de gombo dans plusieurs pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest.  &#8220;Nous avons recours \u00e0 la m\u00e9thode manuelle pour cette transformation du tubercule de manioc s\u00e9ch\u00e9 en farine&#8221;, explique Saran Camara, l\u2019une des deux \u00e9pouses de Cond\u00e9, qui n\u2019ont pour seuls outils qu\u2019un vieux mortier et des tamis.  La transformation du manioc est donc essentiellement artisanale, m\u00eame pour la fabrication d\u2019atti\u00e9k\u00e9 (couscous humide \u00e0 base de manioc) qui prend de l\u2019essor \u00e0 Kouroussa. Ce couscous plus connu en C\u00f4te d\u2019Ivoire, est fabriqu\u00e9 notamment par des femmes qui en font une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus.  Cependant, les populations r\u00eavent d\u2019une usine de transformation du manioc comme il en existait \u00e0 Faranah, une autre localit\u00e9 de la Haute-Guin\u00e9e. Entre 1978 et 1984, cette unit\u00e9 assurait la transformation industrielle du manioc en gari (farine obtenue \u00e0 partir des granul\u00e9s de manioc s\u00e9ch\u00e9s). Elle transformait jusqu\u2019\u00e0 50 tonnes de manioc frais par jour, produisant six \u00e0 10 tonnes de gari, selon le Programme d\u2019appui \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (PASAL).<\/p>\n<p>  Mais, l\u2019usine a d\u00fb fermer \u00e0 cause d\u2019une mauvaise \u00e9tude de faisabilit\u00e9, les promoteurs n\u2019ayant pas bien \u00e9tudi\u00e9 les march\u00e9s d\u2019\u00e9coulement du gari quasiment inconnu \u00e0 l\u2019\u00e9poque par la plupart des m\u00e9nages guin\u00e9ens, ajoute le PASAL.  &#8220;Les populations guin\u00e9ennes gagneraient \u00e0 ce que les investisseurs ou les bailleurs&#8230; financent un projet de transformation industrielle du manioc dans la r\u00e9gion. Une usine pourrait contribuer \u00e0 cr\u00e9er une plus-value et \u00e0 renforcer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire&#8221;, affirme Karamo Sidib\u00e9, de l\u2019association &#39;Sabougnouma&#39; de Kouroussa.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 15 oct (IPS) &#8211; La production du manioc occupe une place importante en Guin\u00e9e, avec 11 pour cent des surfaces cultiv\u00e9es, selon le Service national de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (SNSA). 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