{"id":626,"date":"1998-12-02T13:40:01","date_gmt":"1998-12-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/1998\/12\/02\/musique-afrique-du-sud-le-rythme-zulu-fait-une-percee-sur-la-scene-internationale\/"},"modified":"1998-12-02T13:40:01","modified_gmt":"1998-12-02T13:40:01","slug":"musique-afrique-du-sud-le-rythme-zulu-fait-une-percee-sur-la-scene-internationale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/1998\/12\/02\/musique-afrique-du-sud-le-rythme-zulu-fait-une-percee-sur-la-scene-internationale\/","title":{"rendered":"MUSIQUE-AFRIQUE DU SUD: Le Rythme Zulu  Fait Une Perc\u00e9e Sur La  Sc\u00e8ne Internationale"},"content":{"rendered":"<p>DURBAN, 2 d\u00e9c. (IPS) &#8211; La province sud-africaine du Kwazulu<br \/>\nNatal est le<br \/>\nberceau de &#39;l&#39;Isicathamiya&#39;, un rythme rendu c\u00e9l\u00e8bre, il y a une<br \/>\nd\u00e9cennie,<br \/>\npar un album du groupe Ladysmith Black Mambazo, intitul\u00e9<br \/>\n&quot;Gracelands&quot;.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Isicathamiya est une forme formidable d&#39;expression de la culture<br \/>\nnoire<br \/>\nsud-africaine. Cette culture est parfaitement traditionnelle<br \/>\nlorsqu&#39;elle<br \/>\nsort de la puissante voix masculine des Zulus. Cependant, elle<br \/>\nest<br \/>\nremarquablement diminu\u00e9e par les n\u001cuds et les costumes des<br \/>\nartistes ainsi<br \/>\nque leur style de danse caract\u00e9ris\u00e9 par des mouvements lents,<br \/>\npolis et<br \/>\ncomparables \u00e0 ceux d&#39;un chat, un style tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de<br \/>\nla danse<br \/>\ntraditionnelle qui s&#39;ex\u00e9cute en tapant des pieds.<br \/>\n Le style Isicathamiya a \u00e9merg\u00e9 dans l&#39;Afrique du sud<br \/>\ns\u00e9gr\u00e9gationniste. En ce<br \/>\nmoment-l\u00e0, les Noirs convertis au christianisme n&#39;\u00e9taient pas<br \/>\nautoris\u00e9s \u00e0<br \/>\nchanter des chansons traditionnelles, ils \u00e9taient plut\u00f4t<br \/>\nencourag\u00e9s \u00e0<br \/>\nchanter des hymnes. Dans les auberges des travailleurs, les<br \/>\nhommes se<br \/>\nr\u00e9unissaient pour chanter et oublier la tristesse due \u00e0 la<br \/>\ns\u00e9paration avec<br \/>\nleurs familles demeur\u00e9es au village.<br \/>\n Comme l&#39;explique Patricia Achieng Opondo, chercheuse au<br \/>\nd\u00e9partement de<br \/>\nMusique de l&#39;universit\u00e9 du Natal, &quot;la danse attirait<br \/>\nparticuli\u00e8rement ceux<br \/>\nqui n&#39;allaient pas dans les d\u00e9bits de boisson o\u00f9 il y avait<br \/>\nbeaucoup de<br \/>\nbi\u00e8re et le rock bruyant des banlieues noires&quot;.<br \/>\n C&#39;\u00e9tait une fa\u00e7on de renforcer le sens de la fraternit\u00e9 et de ne<br \/>\npas se<br \/>\nlaisser distraire par la boisson, la violence et le crime. &quot; Ce<br \/>\nprol\u00e9tariat<br \/>\nqui repr\u00e9sentait un pool de travailleurs migrants dans les<br \/>\nann\u00e9es 1920 et<br \/>\n1930, avait besoin d&#39;un exutoire pour ses frustrations. C&#39;est de<br \/>\ncette fa\u00e7on<br \/>\nque l&#39;\u00e9l\u00e9ment de protestation s&#39;est gliss\u00e9 dans le r\u00e9pertoire de<br \/>\nl&#39;Isicathamiya&quot;, affirme Opondo.<br \/>\n Aujourd&#39;hui, les styles varient consid\u00e9rablement. Les groupes<br \/>\nqui pr\u00e9servent<br \/>\n&#39;l&#39;ancien style&#39; ont tendance \u00e0 \u00eatre plus formels et<br \/>\nexclusivement<br \/>\nmasculins. Ils adh\u00e8rent strictement \u00e0 l&#39;\u00e9thique chr\u00e9tienne.<br \/>\nHamilton Mbatha,<br \/>\nle leader du groupe NBA Champions, est un chr\u00e9tien d\u00e9vou\u00e9 qui<br \/>\nsalue les<br \/>\naudiences au nom de J\u00e9sus Christ. Son baryton est empreint de la<br \/>\npassion<br \/>\nd&#39;un chanteur du gospel.<br \/>\n &quot;Dans tout ce que nous faisons, nous croyons que Dieu est<br \/>\npr\u00e9sent&quot;, dit-il<br \/>\nen zulu. &quot;Nous prions avant de chanter, de voyager et apr\u00e8s<br \/>\navoir chant\u00e9&quot;.<br \/>\n Bien que la plupart des groupes se disent chr\u00e9tiens, tr\u00e8s peu de<br \/>\nnouvelles<br \/>\nchorales sont aussi strictes dans leur pratique. Certaines<br \/>\nboivent de la<br \/>\nbi\u00e8re, d&#39;autres ont m\u00eame des femmes qui chantent dans leurs<br \/>\ngroupes.<br \/>\nPlusieurs chorales ont inclus les tournoiements, le d\u00e9hanchement<br \/>\net le jeu<br \/>\nde pied des danses &#39;Mapantsula&#39; et &#39;Mbaganga&#39;.<br \/>\n Richard Machi, le leader du groupe &#39;New Style&#39; des New High<br \/>\nBrothers, estime<br \/>\nque la foule appr\u00e9cie beaucoup plus le nouveau style&quot;. Les pas<br \/>\ndu nouveau<br \/>\nstyle sont plus aventureux et les acrobaties vocales ont aussi<br \/>\n\u00fcha\u00een\u00e9 un<br \/>\nstyle sauvage tyrolien appel\u00e9 &#39;Bombing&#39;.<br \/>\n Bien que l&#39;Isicathamiya soit devenue une forme tr\u00e8s comp\u00e9titive<br \/>\net parfois<br \/>\ngratifiante d&#39;expression culturelle, elle n&#39;a pas toujours \u00e9t\u00e9<br \/>\naussi bien<br \/>\nconnue. Mbatha se rappelle les jours o\u00f9 elle n&#39;\u00e9tait qu&#39;une<br \/>\nr\u00e9union d&#39;un<br \/>\ngroupe d&#39;hommes. Il a commenc\u00e9 \u00e0 chanter lorsqu&#39;il \u00e9tait encore<br \/>\nun jeune<br \/>\ngar\u00e7on employ\u00e9 sur une ferme dans la r\u00e9gion rurale du Natal. Il<br \/>\n\u00e9coutait de<br \/>\nla musique zulue sur un gramophone. Il dansait parfois pendant<br \/>\nles mariages<br \/>\net autres \u00e9v\u00e9nements sp\u00e9ciaux.<br \/>\n En 1967, lorsqu&#39;il s&#39;est rendu \u00e0 Durban pour chercher du<br \/>\ntravail, il a<br \/>\nrencontr\u00e9 de vieux amis du district rural de Babangango (Natal).<br \/>\nEnsemble,<br \/>\nils ont form\u00e9 les NBA Champions, un nom non seulement \u00e0<br \/>\nl&#39;association<br \/>\nnationale de basket-ball des USA, mais aussi li\u00e9 au fait que les<br \/>\nplaques<br \/>\nmin\u00e9ralogiques de Babangango commen\u00e7aient par les lettres &#39;NBA&#39;.<br \/>\n Depuis leurs premi\u00e8res ann\u00e9es, les NBA Champions ont gard\u00e9<br \/>\n&#39;l&#39;ancien style&#39;,<br \/>\nen donnant des concerts en ville et dans des halls<br \/>\ncommunautaires dans toute<br \/>\nla province du Kwazulu. Ils participaient \u00e9galement \u00e0 des<br \/>\ncomp\u00e9titions dans<br \/>\nles halls de l&#39;association des jeunes chr\u00e9tiens (YMCA).<br \/>\n &quot;Lorsque j&#39;ai commenc\u00e9 \u00e0 chanter, j&#39;\u00e9tais encore sympathique et<br \/>\nbeau, sans<br \/>\nma barbe grise&quot;, raconte Mbatha. &quot;Nous avions l&#39;habitude<br \/>\nd&#39;aller chanter<br \/>\ntoute la nuit dans les halls. Ces jours-l\u00e0, le meilleur chanteur<br \/>\nobtenait<br \/>\nune ch\u00e8vre, et le deuxi\u00e8me gagnait environ quatre dollars.<br \/>\n Bon nombre de ces chants donnent la nostalgie et rappellent un<br \/>\nmode de vie<br \/>\nabandonn\u00e9. Souvent, c&#39;est une chanson d&#39;amour d\u00e9di\u00e9e \u00e0 une<br \/>\nvieille copine<br \/>\nque le chanteur ne peut jamais oublier malgr\u00e9 le mariage, les<br \/>\nenfants et les<br \/>\nmutations de ce monde. Ce sont des chansons qui viennent droit<br \/>\ndu c\u001cur.<br \/>\n Lorsque nous chantons Isicathamiya, nous ne l&#39;\u00e9crivons pas&quot;,<br \/>\nsouligne-t-il.<br \/>\n&quot;Elle vient seulement de nos origines. Nous observons les<br \/>\nchoses et les<br \/>\n\u00e9v\u00e9nements et composons une chanson&quot;.<br \/>\n Les chansons elles-m\u00eames font partie d&#39;une vibrante tradition<br \/>\norale. Mbatha<br \/>\ns&#39;en tient \u00e0 l&#39;ancien style pour une raison pr\u00e9cise &#8211; garder les<br \/>\nhistoires.<br \/>\n&quot;J&#39;aime chanter l&#39;ancien style afin qu&#39;il ne disparaisse pas&quot;,<br \/>\navoue-t-il.<br \/>\n Il y a peut-\u00eatre tr\u00e8s peu de chanteurs de l&#39;ancien style<br \/>\nd&#39;Isicathamiya, qui<br \/>\nrespectent rigoureusement les prescriptions stylistiques, bien<br \/>\nque le nom<br \/>\nIsicathamiya provienne du verbe zulu &#39;cathama&#39; qui signifie<br \/>\nmarcher comme un<br \/>\nchat. Cela d\u00e9crit la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et la fluidit\u00e9 d&#39;une danse o\u00f9 tout<br \/>\nest \u00e0 sa<br \/>\nplace, rien n&#39;est exag\u00e9r\u00e9, lourd ou maladroit.<br \/>\n V\u00eatus de vestes rouges immacul\u00e9es, de doubles n\u001cuds rouges noirs<br \/>\net des<br \/>\nchaussures en double teinte rouge et blanche, les NBA Champions<br \/>\nont un<br \/>\naspect \u00e9l\u00e9gant. Comme tous les groupes Isicathamiya, ils<br \/>\ncommencent \u00e0<br \/>\n\u00e9chauffer la voix dans les coulisses, \u00e0 roucouler, \u00e0 chercher le<br \/>\nton, \u00e0 se<br \/>\nmouvoir &#8211; &#39;\u00e0 appr\u00eater la cl\u00e9&#39;, comme le dit Mbatha &#8211; jusqu&#39;\u00e0<br \/>\nquitter leur<br \/>\nveste rouge qu&#39;ils gardent dans la main droite. Ensuite, ils<br \/>\ns&#39;accroupissent, avancent \u00e0 petits pas, se mettent en rang et<br \/>\nmontent sur<br \/>\nla sc\u00e8ne en entonnant une chanson r\u00e9jouissante qui va crescendo.<br \/>\n Opondo pense que Isicathamiya est une &quot;africanisation du jubil\u00e9<br \/>\nafro-am\u00e9ricain du 19\u00e8me si\u00e8cle&quot; qui a \u00e9merg\u00e9 dans les districts<br \/>\nminiers du<br \/>\nNatal dans les ann\u00e9es 1920.<br \/>\n Aujourd&#39;hui, cette cn provinciale est devenue une expression<br \/>\nculturelle<br \/>\nnationale.<br \/>\n En 1988, gr\u00e2ce au soutien de Joseph Tshabalala de l&#39;association<br \/>\nnationale<br \/>\nLadysmith Black Mambazo, l&#39;association de la musique<br \/>\ntraditionnelle<br \/>\nsud-africaine (SATMA) a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e pour pr\u00e9server et d\u00e9velopper<br \/>\nle ph\u00e9nom\u00e8ne<br \/>\nIsicathamiya.<br \/>\n Theo Mtshali, un des responsables de la SATMA, d\u00e9clare : &quot;Nous<br \/>\navons<br \/>\ncommenc\u00e9 en allant d&#39;usine en usine pour chercher des sponsors.<br \/>\nNotre r\u00eave<br \/>\ns&#39;est r\u00e9alis\u00e9. Nous ne chantions plus pour des ch\u00e8vres, et nous<br \/>\navions des<br \/>\nprix \u00e0 d\u00e9cerner aux gens. Le prix de cette ann\u00e9e vaut presque<br \/>\n3500 dollars.<br \/>\n &quot;Conscients de l&#39;actuelle r\u00e9cession, nous voulons aider le<br \/>\ngroupe \u00e0<br \/>\nsurvivre avec cet argent. Nous pr\u00e9servons la musique afin<br \/>\nqu&#39;elle ne<br \/>\ndisparaisse pas. En m\u00eame temps, nous pr\u00eachons la bont\u00e9 et de la<br \/>\nmoralit\u00e9<br \/>\nafin que nos membres ne boivent ni ne fument et demeurent sur la<br \/>\nbonne<br \/>\nvoie&quot;, rapporte Mtshali. &quot;Nous souhaitons que Isicathamiya<br \/>\nsoit export\u00e9<br \/>\noutre-mer pour que les gens de l\u00e0-bas puissent chanter cette<br \/>\nmusique \u00e0 leur<br \/>\nfa\u00e7on&quot;.<br \/>\n Alors qu&#39;elle \u00e9tait \u00e0 l&#39;origine un moyen permettant de<br \/>\nrassembler les<br \/>\ntravailleurs dans les auberges, Isicathamiya est devenue une<br \/>\nimportante<br \/>\nexpression culturelle en Afrique du sud. Malgr\u00e9 sa fusion avec<br \/>\ndes \u00e9l\u00e9ments<br \/>\ndu christianisme occidental, elle est demeur\u00e9e une forme<br \/>\ntraditionnelle zulue.<br \/>\n La ph\u00e9nom\u00e9nale tradition musicale zulue est de plus en plus<br \/>\nreconnue sur le<br \/>\nplan international et l&#39;apport de l&#39;Isicathamiya est<br \/>\nremarquable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DURBAN, 2 d\u00e9c. (IPS) &#8211; La province sud-africaine du Kwazulu Natal est le berceau de &#39;l&#39;Isicathamiya&#39;, un rythme rendu c\u00e9l\u00e8bre, il y a une d\u00e9cennie, par un album du groupe Ladysmith Black Mambazo, intitul\u00e9 &quot;Gracelands&quot;.<\/p>\n","protected":false},"author":147,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,1],"tags":[],"class_list":["post-626","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/626","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/147"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=626"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/626\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=626"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=626"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=626"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}