{"id":6219,"date":"2012-08-29T13:40:01","date_gmt":"2012-08-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/29\/senegal-des-milliers-de-producteurs-vivent-du-maraichage\/"},"modified":"2012-08-29T13:40:01","modified_gmt":"2012-08-29T13:40:01","slug":"senegal-des-milliers-de-producteurs-vivent-du-maraichage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/29\/senegal-des-milliers-de-producteurs-vivent-du-maraichage\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Des milliers de producteurs vivent du mara\u00eechage"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 29 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Dans la zone des Niayes, une bande de terre situ\u00e9e sur la c\u00f4te-ouest du S\u00e9n\u00e9gal, des milliers de producteurs gagnent leur vie en pratiquant des cultures mara\u00eech\u00e8res. Mais la sp\u00e9culation fonci\u00e8re menace l\u2019avenir du mara\u00eechage.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ibrahima Mbengue interrompt de temps \u00e0 temps son entretien avec IPS pour surveiller le pesage, par des jeunes, de dizaines de paniers de mangues. \u00abCette ann\u00e9e, nous avons vendu 100 tonnes de mangues sur le march\u00e9 national et autant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e0 raison de 125 francs CFA (25 cents US) le kilogramme sur le march\u00e9 local et 200 FCFA (40 cents) \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00bb, indique Mbengue, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des producteurs mara\u00eechers des Niayes (FPMN).<\/p>\n<p> Cr\u00e9\u00e9e en 1994, la FPMN revendique 2.250 membres qui ont exploit\u00e9 quelque 6.000 hectares en 2011, selon Mbengue.  Le mara\u00eechage se porte tellement bien que \u00ables producteurs des Niayes brassent \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent, des milliards. Beaucoup d\u2019\u00e9trangers, des Guin\u00e9ens surtout, travaillent dans les p\u00e9rim\u00e8tres mara\u00eechers. Les gens construisent des maisons en dur avec les revenus tir\u00e9s du mara\u00eechage\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Abdoulaye Barry, journaliste sp\u00e9cialis\u00e9 en agriculture et bas\u00e9 \u00e0 Dakar, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise.<\/p>\n<p> Dans les Niayes, qui concentrent l\u2019\u00e9conomie mara\u00eech\u00e8re de la r\u00e9gion de Dakar, la production est pass\u00e9e de 78.094 tonnes en 2009 \u00e0 261.000 tonnes en 2011, soit une hausse de 234 pour cent, annonce le journal gouvernemental &#39;Le Soleil&#39;, dans son \u00e9dition du 21 ao\u00fbt 2012.<\/p>\n<p> Les mara\u00eechers des Niayes ont exploit\u00e9 5.098 hectares en 2009 et 8.700 hectares en 2011, soit une hausse de 71 pour cent des surfaces emblav\u00e9es, indique ce journal, citant l\u2019Agence nationale de la statistique et de la d\u00e9mographie (ANSD).<\/p>\n<p> En 2011, ils ont produit 750.000 tonnes de fruits et l\u00e9gumes, selon l\u2019ANSD, qui estime que leur chiffre d\u2019affaires a atteint 215 milliards de FCFA en 2011 (430 millions de dollars), soit une hausse de 27,5 milliards (55 millions de dollars) sur celui de 2010.  Selon l\u2019ANSD, 41 pour cent de la production mara\u00eech\u00e8re s\u00e9n\u00e9galaise en 2011 provient des Niayes.<\/p>\n<p> L\u2019oignon, avec 87.500 tonnes produites en 2011, repr\u00e9sente 33,4 pour cent de la production mara\u00eech\u00e8re de Dakar. La tomate repr\u00e9sente 19,2 pour cent, avec 50.000 tonnes. Le chou se classe troisi\u00e8me avec 35.000 tonnes, soit 13,4 pour cent, selon l\u2019ANSD.<\/p>\n<p>\t Malgr\u00e9 la hausse de la production depuis 2009, \u00abil nous manque des structures d\u2019appui technique encadr\u00e9es par l\u2019Etat, pour nous informer r\u00e9guli\u00e8rement du march\u00e9 international\u00bb, rel\u00e8ve Mbengue.<\/p>\n<p> La production augmente d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, sans que les producteurs soient comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 international des fruits et l\u00e9gumes.  \u00abLa production mara\u00eech\u00e8re d\u00e9passe largement la consommation nationale et les produits sont p\u00e9rissables. Certains producteurs vendent parfois \u00e0 perte, ne ma\u00eetrisant pas le march\u00e9 international\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS.  Barry partage cet avis: \u00abLes mara\u00eechers s\u00e9n\u00e9galais ne se sont pas bien pr\u00e9par\u00e9s pour \u00eatre comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 international. Les fili\u00e8res ne sont pas bien organis\u00e9es. Le degr\u00e9 d\u2019organisation du transport, du conditionnement et de la commercialisation de la production est faible, artisanal m\u00eame\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> La production est telle que \u00able march\u00e9 local est souvent approvisionn\u00e9 de mani\u00e8re surabondante, ce qui gr\u00e8ve carr\u00e9ment les prix\u00bb, selon Sidy Gu\u00e8ye, un ing\u00e9nieur industriel, coordonnateur de la FPMN \u00e0 Sangalkam, une commune rurale concentrant plusieurs villages de mara\u00eechers.  L\u2019oignon, par exemple, est vendu parfois par les producteurs \u00e0 des prix d\u00e9risoires, 100 FCFA (20 cents) ou 175 FCFA (35 cents) le kilogramme, mais le prix peut grimper aussi \u00e0 400 FCFA (80 cents) sur le march\u00e9 local, explique Madiagne Di\u00e8ye, un commer\u00e7ant dakarois.  Les producteurs font trois ou quatre saisons par an, exploitant des terres familiales pouvant atteindre cinq hectares, tandis que certaines associations de producteurs ont des p\u00e9rim\u00e8tres de \u00abplusieurs centaines d\u2019hectares\u00bb, selon Gu\u00e8ye.<\/p>\n<p> \u00abIci, les populations sont \u00e9conomiquement \u00e0 l\u2019aise. Dans d\u2019autres r\u00e9gions du pays, les populations vivent de mani\u00e8re pr\u00e9caire\u00bb, dit-il \u00e0 IPS, \u00e0 propos du poids \u00e9conomique du mara\u00eechage \u00e0 Sangalkam.  Dans les Niayes, \u00ab90 voire 95 pour cent des exploitants ont acquis leurs terres par h\u00e9ritage. D\u2019autres ont acquis les leurs par la volont\u00e9 des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes en mati\u00e8re de gestion fonci\u00e8re\u00bb, ajoute Gu\u00e8ye.  Le mara\u00eechage est tellement important dans l\u2019\u00e9conomie s\u00e9n\u00e9galaise que le gouvernement l\u2019a int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble Agriculture et agro-industries de la Strat\u00e9gie de croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, mise en \u0153uvre depuis quelques ann\u00e9es par les pouvoirs publics et le secteur priv\u00e9, pour r\u00e9aliser des taux de croissance \u00e9lev\u00e9s.  Les Niayes, proches de la capitale s\u00e9n\u00e9galaise, sont l\u2019objet d\u2019une intense sp\u00e9culation fonci\u00e8re. \u00abDe grands messieurs ach\u00e8tent les terres aux producteurs, sans les exploiter\u00bb, d\u00e9nonce Wor\u00e9 Gana Seck de l\u2019ONG &#39;Green S\u00e9n\u00e9gal&#39;, qui intervient dans l\u2019agriculture. Le \u00abplaidoyer\u00bb contre cette forme d&#39;\u00abaccaparement des terres\u00bb doit \u00eatre soutenu, souligne-t-elle \u00e0 IPS.  Barry pense que l\u2019Etat devrait laisser les Niayes exclusivement aux mara\u00eechers et affecter d\u2019autres espaces pour l&#39;habitation, dans des endroits moins propices au mara\u00eechage et aux sp\u00e9culateurs fonciers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 29 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Dans la zone des Niayes, une bande de terre situ\u00e9e sur la c\u00f4te-ouest du S\u00e9n\u00e9gal, des milliers de producteurs gagnent leur vie en pratiquant des cultures mara\u00eech\u00e8res. 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