{"id":6200,"date":"2012-08-15T13:40:01","date_gmt":"2012-08-15T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/15\/senegal-une-electrification-rurale-a-base-de-residus-vegetaux\/"},"modified":"2012-08-15T13:40:01","modified_gmt":"2012-08-15T13:40:01","slug":"senegal-une-electrification-rurale-a-base-de-residus-vegetaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/15\/senegal-une-electrification-rurale-a-base-de-residus-vegetaux\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Une \u00e9lectrification rurale \u00e0 base de r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux"},"content":{"rendered":"<p>KALOM, S\u00e9n\u00e9gal, 15 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le village de Kalom, dans la communaut\u00e9 rurale de Ngayokheme, dans l\u2019est du S\u00e9n\u00e9gal, a acquis sa centrale \u00e9lectrique \u00e0 biomasse \u00e0 la fin-juin 2012. Une \u00e9lectrification rurale qui se fait gr\u00e2ce aux coques d\u2019arachide et tiges de mil s\u00e8ches devenues une source d\u2019\u00e9nergie \u00e0 conserver.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D\u2019un co\u00fbt de 130 millions de francs CFA (environ 245.283 dollars), cette centrale permet d\u2019assurer la lumi\u00e8re dans les maisons, pour l\u2019\u00e9clairage public, et l\u2019ensemble des mat\u00e9riels \u00e0 usage \u00e9lectrique, notamment le moulin \u00e0 mil dont se servent les femmes \u00e0 travers leurs activit\u00e9s quotidiennes. La centrale de Kalom est le fruit de la coop\u00e9ration entre le village et la fondation allemande Stadtwerke Mainz.  Pour un d\u00e9but, cette centrale qui a une puissance de 32 kilowatts, n\u2019exploite que 15 pour cent de sa capacit\u00e9 normale, selon Almami N\u2019diaye, un technicien charg\u00e9 du contr\u00f4le du bon fonctionnement de l\u2019installation.  \u00abPour \u00e9clairer le village pendant une semaine, il nous faut plus de trois tonnes de coques d\u2019arachides ou de tiges de mil. Actuellement, nous n\u2019en manquons pas parce que les villageois ont l\u2019habitude de conserver ces r\u00e9sidus\u00bb apr\u00e8s les r\u00e9coltes, explique-t-il \u00e0 IPS.  Ndiaye ajoute que ces r\u00e9sidus, qui \u00e9taient sans utilit\u00e9, sont devenus une denr\u00e9e essentielle pour les populations qui les ramassent en grandes quantit\u00e9s pour les besoins d\u2019alimentation de la centrale \u00e9lectrique.   \u00abAvant, pour charger les batteries de nos t\u00e9l\u00e9phones portables, tout le monde cotisait 100 FCFA (moins d\u2019un cent US) par appareil qu\u2019on remettait \u00e0 un jeune qu\u2019on envoyait \u00e0 Fatick, la ville la plus proche \u00e0 plus de 20 kilom\u00e8tres. Et, il fallait attendre encore une semaine pour aller les recharger\u00bb, d\u00e9clare Abdoulaye Faye, un enseignant de Kalom. \u00abMaintenant, nous chargeons nos batteries \u00e0 la maison. Notre village est un exemple pilote\u00bb.  Selon Faye, les coques d\u2019arachides et les tiges de mil sont devenues source de richesse pour les populations. \u00abLes r\u00e9sidus sont pes\u00e9s et cette activit\u00e9 occupe notamment les jeunes car un kilogramme est vendu \u00e0 125 FCFA au moins en fonction de la qualit\u00e9 des r\u00e9sidus. Je suis aussi parfois tent\u00e9 de le faire\u00bb, dit-il \u00e0 IPS.  Fran\u00e7ois S\u00e8ne, un paysan du village, affirme que depuis que la centrale a commenc\u00e9 \u00e0 fonctionner, lui et toute sa famille vont, chaque jour, \u00e0 la recherche des r\u00e9sidus pour les vendre.  \u00abPar jour, on peut gagner 5.000 FCFA (environ, 9,5 dollars). Apr\u00e8s les activit\u00e9s champ\u00eatres, avec mes cinq gar\u00e7ons et mes deux femmes, nous allons \u00e0 recherche de r\u00e9sidus avant de rentrer. C\u2019est une aubaine pour nous de gagner un peu d\u2019argent avec cette activit\u00e9&#8230;\u00bb, indique-t-il \u00e0 IPS.  La sage-femme de la localit\u00e9, Ami Mbaye, est heureuse d\u2019avoir maintenant la lumi\u00e8re \u00e9lectrique gr\u00e2ce \u00e0 la centrale. Avant, d\u00e9clare-t-elle, il fallait des lampes temp\u00eates pour accoucher une femme la nuit, mais avec l\u2019\u00e9lectrification du centre de sant\u00e9, c\u2019est plus facile et agr\u00e9able de soigner les patientes.  \u00abCela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile pour nous de travailler pendant la nuit&#8230;Actuellement, on n\u2019a plus de probl\u00e8me. Il reste seulement que l\u2019Etat nous fasse l\u2019installation de certaines machines pour plus d\u2019efficacit\u00e9 dans nos travaux\u00bb, affirme-t-elle \u00e0 IPS.  Wolla Ndiaye, s\u00e9nateur et cadre du village, explique que face \u00e0 certaines charges li\u00e9es au paiement de la facture mensuelle qui varie de 50.000 \u00e0 60.000 FCFA (entre 94 et 113 dollars), pour tout Kalom, il serait important que les 15 autres villages de la communaut\u00e9 rurale, puissent \u00eatre connect\u00e9s au r\u00e9seau de la centrale.  Selon Ndiaye, chaque maison doit payer, pour sa consommation, suivant le nombre d&#39;ampoules ou de mat\u00e9riels \u00e9lectriques qu&#39;elle utilise, et le prix du kilowatt est 250 FCFA (environ 47 cents).  \u00abGr\u00e2ce \u00e0 ce joyau, les 1.300 \u00e2mes qui vivent dans les 115 concessions du village, o\u00f9 est implant\u00e9e la centrale \u00e0 biomasse, sont connect\u00e9es au r\u00e9seau, sauf trois maisons actuellement en construction. Et on a une production en \u00e9lectricit\u00e9 non consomm\u00e9e de plus de 80 pour cent\u00bb, affirme-t-il \u00e0 IPS.  Le ministre s\u00e9n\u00e9galais de l\u2019Energie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye, a promis d\u2019\u00e9tudier les moyens d\u2019exporter l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 de la centrale de Kalom vers d\u2019autres localit\u00e9s et d\u2019accorder \u00e0 ce village l\u2019autorisation de vendre l\u2019\u00e9nergie produite sur place.  \u00abNon seulement vous avez le droit d\u2019avoir de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 au m\u00eame titre que les populations des villes, mais aussi en tant qu\u2019originaire du monde rural, je sais comment le manque de courant peut freiner le d\u00e9veloppement de la cit\u00e9\u00bb, d\u00e9clare le ministre \u00e0 IPS. Il a promis d\u2019en discuter avec l\u2019Agence s\u00e9n\u00e9galaise pour l\u2019\u00e9lectrification rurale afin d\u2019obtenir que la production \u00e9nerg\u00e9tique g\u00e9n\u00e9r\u00e9e \u00e0 Kalom puisse servir aux autres villages de la communaut\u00e9 rurale.  Selon Alioune Diouf, responsable du suivi des projets du Programme national de biogaz au minist\u00e8re de l&#39;Energie et des Mines (PNB), le gouvernement avait initi\u00e9 le PNB au S\u00e9n\u00e9gal en 2006 dont l\u2019objectif \u00e9tait d\u2019assurer durablement l\u2019approvisionnement des m\u00e9nages p\u00e9ri-urbains et ruraux en \u00e9nergie pour l\u2019\u00e9clairage et la cuisson.<\/p>\n<p> &#8220;Ainsi des projets d&#39;\u00e9lectrification \u00e0 base de r\u00e9sidus ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s en 2008 dans les r\u00e9gions de Kaolack, Fatick (ouest du pays), Ziguinchor et Kolda (sud)&#8221;, dit-il \u00e0 IPS, indiquant que 325 biodigesteurs ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s dans les r\u00e9gions concern\u00e9es de juin 2010 \u00e0 la mi-2012. &#8220;Nous envisageons environ 8.000 d\u2019ici \u00e0 2013&#8221;, ajoute Diouf.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KALOM, S\u00e9n\u00e9gal, 15 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le village de Kalom, dans la communaut\u00e9 rurale de Ngayokheme, dans l\u2019est du S\u00e9n\u00e9gal, a acquis sa centrale \u00e9lectrique \u00e0 biomasse \u00e0 la fin-juin 2012. 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