{"id":6181,"date":"2012-08-02T13:40:01","date_gmt":"2012-08-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/02\/cote-divoire-les-armes-dictent-toujours-leur-loi\/"},"modified":"2012-08-02T13:40:01","modified_gmt":"2012-08-02T13:40:01","slug":"cote-divoire-les-armes-dictent-toujours-leur-loi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/02\/cote-divoire-les-armes-dictent-toujours-leur-loi\/","title":{"rendered":"COTE D\u2019IVOIRE: Les armes dictent toujours leur loi"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 2 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Au moment o\u00f9 la C\u00f4te d\u2019Ivoire est engag\u00e9e sur la voie de la normalisation, les tueries dans l\u2019ouest du pays et les bruits des armes entendus encore \u00e0 Abidjan et ailleurs, confirment que la page sanglante de la crise post\u00e9lectorale est encore loin d\u2019\u00eatre tourn\u00e9e.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Plus d\u2019un an apr\u00e8s l\u2019accession du pr\u00e9sident Alassane Ouattara au pouvoir, de nombreuses personnes, plus ou moins identifi\u00e9es, continuent de porter des armes de guerre et d\u2019en faire usage dans les rues de la capitale \u00e9conomique ivoirienne, mais aussi dans l\u2019ouest, le centre-ouest et l\u2019est de ce pays d\u2019Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n<p> A Abobo, Adjam\u00e9 et Yopougon, trois grandes communes d\u2019Abidjan, IPS a constat\u00e9 que des soldats portant des tenues disparates, pr\u00e9sent\u00e9s tant\u00f4t comme d\u00e9mobilis\u00e9s, tant\u00f4t comme forces r\u00e9guli\u00e8res par les autorit\u00e9s gouvernementales, r\u00e8gnent en ma\u00eetres avec des armes au poing. Ils r\u00e9gulent la circulation et effectuent des contr\u00f4les de routine.  Toutefois, ces soldats troublent la qui\u00e9tude des populations par l\u2019usage non contr\u00f4l\u00e9 de leurs armes. Par exemple, le 24 juillet, \u00e0 Abobo, un affrontement a eu lieu entre une faction des Forces r\u00e9publicaines de C\u00f4te d\u2019Ivoire (FRCI) et des soldats de la police militaire des FRCI, faisant trois morts. Cette commune avait d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9, d\u00e9but-mars, le meurtre d\u2019un jeune homme par des soldats, pour 600 francs CFA (environ 1,2 dollar) que les soldats lui r\u00e9clamaient.<\/p>\n<p> Le 27 juillet, au cours d\u2019un contr\u00f4le, des soldats FRCI ont mitraill\u00e9, \u00e0 Yopougon, un car de transport en commun. Le chauffeur du v\u00e9hicule avait refus\u00e9 de se soumettre \u00e0 leur injonction. Trois passagers ont \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9s, selon des t\u00e9moins. Deux jours plus tard, \u00e0 Abengourou (est du pays), c\u2019est un car de transport qui a \u00e9t\u00e9 mitraill\u00e9 par des hommes en armes, faisant cinq bless\u00e9s, de source hospitali\u00e8re.   En outre, ces combattants effectuent des rafles syst\u00e9matiques, proc\u00e8dent \u00e0 des arrestations et \u00e0 de longues p\u00e9riodes de d\u00e9tentions de personnes, souligne la Ligue ivoirienne des droits de l\u2019Homme (LIDHO), une organisation non gouvernementale bas\u00e9e \u00e0 Abidjan.<\/p>\n<p> &#8220;Cela donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre dans un no man\u2019s land&#8221;, d\u00e9plore Ren\u00e9 Hokou Legr\u00e9, pr\u00e9sident de la LIDHO. &#8220;Ce qui est inqui\u00e9tant, c\u2019est que ces soldats semblent ne pas r\u00e9pondre \u00e0 une hi\u00e9rarchie. Or, leurs actes ne peuvent plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des actes isol\u00e9s, puisqu\u2019ils sont \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition&#8221;, indique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Depuis d\u00e9cembre 2011, en effet, les FRCI (forces r\u00e9guli\u00e8res) et des suppl\u00e9tifs dozos (chasseurs traditionnels) sont mis en cause par les populations dans des tueries de personnes innocentes.<\/p>\n<p> Par exemple, \u00e0 Vavoua (centre-ouest du pays), le 18 d\u00e9cembre, \u00e0 la suite d\u2019une altercation entre un des leurs et un civil, les FRCI avaient tu\u00e9 six civils. Une semaine apr\u00e8s, dans des circonstances quasi-identiques, ces forces causaient la mort de quatre personnes \u00e0 Sikensi (sud).<\/p>\n<p> A la mi-f\u00e9vrier 2012, ce sont une dizaine de morts (des civils en majorit\u00e9) qui ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9s dans des affrontements entre les FRCI et les populations d\u2019Arrah (est du pays), qui exigeaient le d\u00e9part de ces soldats de leur localit\u00e9.<\/p>\n<p> &#8220;Chacun devrait comprendre que la justice priv\u00e9e est inacceptable dans un Etat de droit. Le recours aux autorit\u00e9s l\u00e9gales reste la voie l\u00e9gale pour le r\u00e8glement de tout diff\u00e9rend quelle que soit sa nature&#8221;, rappelle Yacouba Doumbia, pr\u00e9sident par int\u00e9rim du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), bas\u00e9 \u00e0 Abidjan.<\/p>\n<p> Pour sa part, le politologue Marcellin Tanon, bas\u00e9 \u00e0 Abidjan, constate une sorte de laisser-aller. &#8220;Chaque fois, le gouvernement a tent\u00e9 de justifier les actes et d\u00e9douaner ces forces militaires. Donc elles agissent en toute impunit\u00e9 et les \u00e9v\u00e9nements de Du\u00e9kou\u00e9 (ouest) doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme l\u2019aboutissement d\u2019une s\u00e9rie d\u2019impunit\u00e9s&#8221;, affirme-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le 20 juillet, en repr\u00e9sailles au meurtre de quatre personnes au cours d\u2019un braquage dans un quartier de Malink\u00e9s, \u00e0 Du\u00e9kou\u00e9, un groupe d\u2019individus a attaqu\u00e9 un camp de d\u00e9plac\u00e9s peupl\u00e9 de Gu\u00e9r\u00e9s, faisant officiellement 11 morts, dont certains par balles. Des organisations de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme avaient mis en cause des chasseurs traditionnels dozos, des soldats FRCI et la passivit\u00e9 des casques bleus des Nations Unies.<\/p>\n<p> Mais \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale, le ministre de la D\u00e9fense, Paul Koffi Koffi, a annonc\u00e9, le 22 juillet, la pr\u00e9sence, dans ce camp, d\u2019ex-miliciens favorables \u00e0 l\u2019ancien pr\u00e9sident Laurent Gbagbo qui sortaient r\u00e9guli\u00e8rement du camp pour commettre des exactions.  Tanon estime que cette situation est due \u00e0 l\u2019\u00e9chec du processus de d\u00e9sarmement des ex-combattants engag\u00e9s par les parties bellig\u00e9rantes depuis la r\u00e9bellion de 2002 qui avait divis\u00e9 le pays en deux pendant pr\u00e8s d\u2019une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p> Cet avis est partag\u00e9 par Maurice Zagol, un autre politologue bas\u00e9 \u00e0 Abidjan. &#8220;Le probl\u00e8me de ces soldats, qui ont aid\u00e9 le pr\u00e9sident Ouattara \u00e0 s\u2019installer au pouvoir, est tr\u00e8s complexe. Faire usage de la force pour les combattre ouvrira la voie \u00e0 une autre r\u00e9bellion&#8221;, affirme-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &#8220;N\u2019emp\u00eache, il faut mener un d\u00e9sarmement complet des ex-combattants, car \u00e0 la longue, il faudra craindre que les populations crient leur ras-le-bol et mettent en doute la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir&#8221;, pr\u00e9vient Zagol.<\/p>\n<p> Joint au t\u00e9l\u00e9phone par IPS, le porte-parole du minist\u00e8re de la D\u00e9fense, le capitaine L\u00e9on Allah, a soutenu que tout \u00e9tait mis en \u0153uvre par l\u2019\u00e9tat-major des arm\u00e9es pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la circulation des armes et de la forte pr\u00e9sence des soldats dans les rues.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 2 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Au moment o\u00f9 la C\u00f4te d\u2019Ivoire est engag\u00e9e sur la voie de la normalisation, les tueries dans l\u2019ouest du pays et les bruits des armes entendus encore \u00e0 Abidjan et ailleurs, confirment que la page&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/08\/02\/cote-divoire-les-armes-dictent-toujours-leur-loi\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,7,3,29],"tags":[],"class_list":["post-6181","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6181","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6181"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6181\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6181"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6181"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6181"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}