{"id":6138,"date":"2012-07-03T13:40:01","date_gmt":"2012-07-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/07\/03\/guinee-des-femmes-qui-tirent-un-petit-revenu-du-maraichage\/"},"modified":"2012-07-03T13:40:01","modified_gmt":"2012-07-03T13:40:01","slug":"guinee-des-femmes-qui-tirent-un-petit-revenu-du-maraichage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/07\/03\/guinee-des-femmes-qui-tirent-un-petit-revenu-du-maraichage\/","title":{"rendered":"GUINEE: Des femmes qui tirent un petit revenu du mara\u00eechage"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 3 juil (IPS) &#8211; Des groupements de femmes pratiquent le mara\u00eechage en Guin\u00e9e, dans les zones p\u00e9riurbaines de Conakry, la capitale, o\u00f9 cette activit\u00e9 est en pleine expansion et leur rapporte un revenu leur assurant une relative autonomie.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A Kobaya, dans la banlieue de Conakry, IPS a visit\u00e9 un groupement de 14 femmes qui exploitent un bas-fond de trois hectares pour des cultures mara\u00eech\u00e8res. Ces terres humides et fertiles leur sont lou\u00e9es par des propri\u00e9taires coutumiers, \u00e0 l\u2019\u00e9quivalent de 130 dollars par mois.  Sur leur terre, les femmes ont construit un magasin de fortune qui abrite des outils rudimentaires (dabas, binettes, r\u00e2teaux, arrosoirs&#8230;), des sacs et des caisses destin\u00e9s au transport de leurs productions vers les march\u00e9s. Deux puits ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9s en 2007 et 2010 pour arroser les plantes.  &#8220;Nous produisons des tomates, des pommes de terre, des oignons, des laitues, des piments, des concombres&#8230;&#8221;, d\u00e9clare Fanta Camara, pr\u00e9sidente du groupement.  La plupart des membres disposent de leur propre potager pour l\u2019autoconsommation. Mais le groupement est n\u00e9 en 2007 en vue de faire du mara\u00eechage pour la commercialisation.  &#8220;Le mara\u00eechage a une fonction \u00e9conomique et sociale. Il offre des emplois et constitue une source de revenus&#8221;, affirme Mo\u00efse Koundouno, technicien agricole de la commune de Ratoma, \u00e0 Conakry. Il ajoute que &#8220;cette activit\u00e9 constitue plus de 50 pour cent des sources de revenus pour la moiti\u00e9 des mara\u00eechers p\u00e9riurbains&#8221;.   Cependant, l\u2019association n\u2019a d\u00e9velopp\u00e9 aucune technique moderne pour intensifier sa production de contre-saison. Elle veut pourtant produire des denr\u00e9es sur toute l\u2019ann\u00e9e en utilisant comme engrais les seules crottes des animaux.  &#8220;Nos l\u00e9gumes sont cultiv\u00e9s et r\u00e9colt\u00e9s naturellement, sans artifices&#8221;, ajoute Ramata Tour\u00e9, responsable de la vente. &#8220;Avec l\u2019aide d\u2019un technicien agricole, nous avons r\u00e9parti notre surface pour diverses cultures en fonction des saisons&#8221;.   &#8220;Cette r\u00e9partition a permis de r\u00e9colter, sur chaque 100 m\u00e8tres carr\u00e9s consacr\u00e9s \u00e0 un type de culture: une tonne et demie d\u2019oignons, deux tonnes de tomates, deux tonnes et demie de choux ainsi que de grandes quantit\u00e9s d\u2019aubergines, de carottes et de gombos&#8221;, affirme Dramane Fofana, un technicien agricole qui assiste b\u00e9n\u00e9volement ces femmes.   Dans les zones de production mara\u00eech\u00e8re comme Kobaya, l\u2019offre de l\u00e9gumes est importante pendant la saison s\u00e8che (de novembre \u00e0 avril), avec une pointe en janvier et f\u00e9vrier. A Kobaya, les femmes ont fait des cultures mara\u00eech\u00e8res leur principale activit\u00e9 de contre-saison.<\/p>\n<p> Les femmes mara\u00eech\u00e8res de Kobaya utilisent des circuits de commercialisation g\u00e9n\u00e9ralement courts: la vente directe sur leur p\u00e9rim\u00e8tre, ou par un interm\u00e9diaire &#8211; un grossiste commun\u00e9ment appel\u00e9 &#39;Bana-bana&#39;.   Abdoul Karim Bangoura, g\u00e9rant du march\u00e9 de fruits et l\u00e9gumes de Madina, un quartier de Conakry, confirme que quelque 370 groupements op\u00e8rent dans ce grand march\u00e9 et brassent des centaines de milliers de dollars chaque ann\u00e9e, sans pouvoir donner de pr\u00e9cision.  Le prix des produits mara\u00eechers varie beaucoup. Selon la p\u00e9riode de l&#39;ann\u00e9e, ils peuvent aller du simple au triple pour certains produits. Toutefois, Ramatoulaye Tour\u00e9, la tr\u00e9sori\u00e8re du groupement, estime le chiffre d\u2019affaires annuel de l\u2019association \u00e0 environ 10.000 dollars.<\/p>\n<p> &#8220;Les b\u00e9n\u00e9fices tir\u00e9s de la vente de la production sont partag\u00e9s entre les membres du groupement, apr\u00e8s d\u00e9duction des charges, notamment la location du terrain et l\u2019achat des intrants&#8221;, explique-t-elle \u00e0 IPS.   Beaucoup d\u2019adh\u00e9rentes interrog\u00e9es par IPS se r\u00e9jouissent de leurs r\u00e9sultats. \u00abJ\u2019ai re\u00e7u environ 500 dollars \u00e0 la fin de 2011. Avec ce montant, j\u2019ai pu entretenir mes enfants et soutenir mon mari qui est au ch\u00f4mage\u00bb, a confi\u00e9 Hawa Dabo, une m\u00e8re de cinq enfants.  Toutefois, il arrive souvent que les pertes post-r\u00e9coltes soient importantes. Ce constat a emmen\u00e9 le groupement \u00e0 envisager la transformation locale de certains produits depuis d\u00e9cembre 2010.   &#8220;Nous transformons le piment et la carotte sous forme de pur\u00e9e. Ils sont conserv\u00e9s dans un bocal et revendus pendant la p\u00e9riode d\u2019hivernage lorsque les prix grimpent. Le bocal peut \u00eatre vendu deux fois son prix ordinaire&#8221;, affirme Dabo.   Selon le rapport 2009 du Cr\u00e9dit rural de Guin\u00e9e, une institution de micro-cr\u00e9dit, &#8220;la population guin\u00e9enne est essentiellement rurale, environ 30 pour cent est urbaine contre 70 pour cent de ruraux, mais 64 pour cent des exploitations agricoles font moins de deux hectares&#8221;.   Dans ces zones p\u00e9riurbaines, le droit foncier coutumier est encore appliqu\u00e9. Et souvent, la terre est obtenue par h\u00e9ritage ou pr\u00eat\u00e9e, sa vente \u00e9tant interdite. Cette situation est pr\u00e9judiciable au mara\u00eechage.   &#8220;La terre manque car l\u2019urbanisation menace le mara\u00eechage. Les mara\u00eechers sont de plus en plus oblig\u00e9s de s\u2019\u00e9loigner de la capitale&#8221;, souligne Taliby Sako, g\u00e9rant d\u2019un restaurant. &#8220;Cet \u00e9loignement des sites de production entra\u00eene une augmentation du prix des produits. Le kilogramme de tomate co\u00fbte aujourd\u2019hui huit fois plus cher qu\u2019il y a cinq ans&#8221;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Le groupement de Kobaya rencontre d\u00e9j\u00e0 d\u2019autres difficult\u00e9s. &#8220;Nous d\u00e9plorons la divagation des animaux malgr\u00e9 l\u2019\u00e9rection de cl\u00f4tures v\u00e9g\u00e9tales, ainsi qu\u2019un manque de mat\u00e9riels et de produits phytosanitaires, qui affecte la qualit\u00e9 de nos produits&#8221;, se plaint Camara.  Selon le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, le gouvernement soutient la promotion du mara\u00eechage en Guin\u00e9e. Et, avec l\u2019aide de ses partenaires, il finance des projets ayant une forte incidence sur la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9. Il existe un Projet de d\u00e9veloppement social durable, de sept millions de dollars dont cinq millions sont financ\u00e9s par le Fonds africain de d\u00e9veloppement, et deux millions par le gouvernement.  Ce projet de 24 mois (janvier 2011-d\u00e9cembre 2012) vise le d\u00e9veloppement des capacit\u00e9s productives des pauvres, en particulier des femmes, par un appui aux activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus, dont le mara\u00eechage.  &#8220;Notre groupement ne b\u00e9n\u00e9ficie pas encore de cet appui. Mais nous comptons bien nous faire recenser aupr\u00e8s du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture pour profiter des avantages de ce projet ou de tout autre programme qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la promotion du mara\u00eechage&#8221;, d\u00e9clare Camara \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 3 juil (IPS) &#8211; Des groupements de femmes pratiquent le mara\u00eechage en Guin\u00e9e, dans les zones p\u00e9riurbaines de Conakry, la capitale, o\u00f9 cette activit\u00e9 est en pleine expansion et leur rapporte un revenu leur assurant une relative autonomie.<\/p>\n","protected":false},"author":920,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,12,1,39,30,29],"tags":[],"class_list":["post-6138","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-environnement","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6138","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/920"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6138"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6138\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6138"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6138"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6138"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}