{"id":6137,"date":"2012-07-02T13:40:01","date_gmt":"2012-07-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/07\/02\/cameroun-les-bakas-chasses-des-forets-reservees-pour-lexploitation\/"},"modified":"2012-07-02T13:40:01","modified_gmt":"2012-07-02T13:40:01","slug":"cameroun-les-bakas-chasses-des-forets-reservees-pour-lexploitation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/07\/02\/cameroun-les-bakas-chasses-des-forets-reservees-pour-lexploitation\/","title":{"rendered":"CAMEROUN: Les Bakas chass\u00e9s des for\u00eats r\u00e9serv\u00e9es pour l\u2019exploitation"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 2 juil (IPS) &#8211; Pendant que Lysette Mendum \u00e9coute le bruit des bulldozers qui traversent la for\u00eat pour y tracer une route vers un site minier pr\u00e8s de son petit village d\u2019Assoumdele dans le bloc forestier de Ngoyla-Mintom, dans la r\u00e9gion de l&#39;Est du Cameroun, elle n&#39;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi effray\u00e9e dans sa vie.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ce bloc forestier fait 943.000 hectares d\u2019une for\u00eat relativement intacte qui est \u00e0 cheval entre une partie de l&#39;est et du sud du Cameroun. Et elle constitue la maison de Mendum.<\/p>\n<p> Mais tout ce \u00e0 quoi cette veuve baka pense quand elle entend les bulldozers, c\u2019est comment l&#39;avenir est incertain pour ses trois enfants. Les Baka indig\u00e8nes, historiquement appel\u00e9s pygm\u00e9es, sont un groupe ethnique d&#39;environ 35.000 personnes qui ont traditionnellement v\u00e9cu dans les for\u00eats du sud-est du Cameroun.<\/p>\n<p> Mais maintenant, ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s de leurs maisons traditionnelles du fait de l&#39;effort du gouvernement visant \u00e0 d\u00e9velopper cette nation d\u2019Afrique centrale en une \u00e9conomie \u00e9mergente.<\/p>\n<p> &#8220;Le gouvernement du Cameroun et certains Blancs nous ont d\u00e9plac\u00e9s du c\u0153ur du bloc forestier de Ngoyla-Mintom et nous ont r\u00e9install\u00e9s dans ce village situ\u00e9 dans son enceinte. Maintenant, nous allons au fond de la for\u00eat dans la journ\u00e9e et revenons le soir. Nous n\u2019y sommes pas autoris\u00e9s la nuit&#8221;, a indiqu\u00e9 Mendum \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Puisque des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res et d&#39;exploitation foresti\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficient de concessions sur de grandes portions des for\u00eats du pays, les agences de protection de l\u2019environnement ont exprim\u00e9 leur inqui\u00e9tude par rapport \u00e0 la situation.<\/p>\n<p> Des 22,5 millions d&#39;hectares de for\u00eat du Cameroun, 17,5 millions, soit environ 78 pour cent, sont class\u00e9s comme for\u00eats productives et sont attribu\u00e9es \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s d&#39;exploitation foresti\u00e8re, selon des statistiques du minist\u00e8re des For\u00eats et de la Faune (MINFOF).<\/p>\n<p> Sur les 17,5 millions d&#39;hectares de for\u00eats productives, le gouvernement a d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9 des concessions foresti\u00e8res pour 7,5 millions d&#39;hectares. Dans le sous-district de Ngoyla o\u00f9 vit Mendum, une soci\u00e9t\u00e9 australienne d\u2019exploration et de d\u00e9veloppement du minerai de fer a obtenu des droits miniers.<\/p>\n<p> Une source au MINFOF a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS qu&#39;un taux modeste de 20 pour cent des 17,5 millions d&#39;hectares de for\u00eats productives a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 comme r\u00e9serves naturelles, qui comprennent des parcs nationaux, des r\u00e9serves de chasse, des jardins botaniques et zoologiques, des sanctuaires et des zones de chasse.<\/p>\n<p> &#8220;Le gouvernement distribue des permis d&#39;exploitation foresti\u00e8re et mini\u00e8re depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 \u00e0 diverses entreprises dans un effort visant \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de la richesse et \u00e0 devenir une \u00e9conomie \u00e9mergente d&#39;ici \u00e0 2035. Mais cela a eu pour effet la privation des pygm\u00e9es bakas de l&#39;acc\u00e8s aux for\u00eats qu\u2019ils ont toujours consid\u00e9r\u00e9es comme leur habitat naturel&#8221;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, David John Hoyle, directeur de la conservation au Fonds mondial pour la nature (FMN).<\/p>\n<p> C&#39;est parce que la Loi 1994 sur la faune, les for\u00eats et la p\u00eache interdit l&#39;\u00e9tablissement humain \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur des aires prot\u00e9g\u00e9es, qui comprennent les zones marqu\u00e9es pour les parcs nationaux et l&#39;exploitation foresti\u00e8re. Cette loi limite \u00e9galement l&#39;acc\u00e8s \u00e0 ces zones.  Alors, \u00e0 partir de 2000, le gouvernement a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9placer les Bakas des for\u00eats productives et a tent\u00e9 de les int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p> Mfou&#39;ou Mfou&#39;ou, le directeur de la conservation au MINFOF, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que le gouvernement travaillait avec ses partenaires pour s\u2019assurer que les for\u00eats sont g\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re durable.<\/p>\n<p> &#8220;Cela signifie \u00e9galement la protection des droits des Bakas,&#8221; a-t-il dit.<\/p>\n<p> Il a d\u00e9clar\u00e9 que son minist\u00e8re a sign\u00e9 un accord de 1,7 million de dollars avec le minist\u00e8re des Affaires sociales pour lui permettre de mettre en \u0153uvre de meilleures pratiques dans l&#39;int\u00e9gration socioculturelle et \u00e9conomique des Bakas dans la soci\u00e9t\u00e9. Mais cela a \u00e9t\u00e9 contre leur gr\u00e9.<\/p>\n<p>  &#8220;Les Bakas vivent dans les for\u00eats du sud du Cameroun depuis des milliers d&#39;ann\u00e9es, et ils ont v\u00e9cu en totale harmonie avec la for\u00eat&#8221;, a soulign\u00e9 Hoyle.<\/p>\n<p> Pour les Bakas, cela a \u00e9t\u00e9 une exclusion d\u00e9vastatrice de leur terre traditionnelle et de ses ressources.<\/p>\n<p> &#8220;Au d\u00e9but, nous pensions que nos gens pourraient b\u00e9n\u00e9ficier de toutes ces soci\u00e9t\u00e9s qui viennent ici, mais tout ce que nous avons obtenu \u00e0 la fin a \u00e9t\u00e9 une interdiction d\u2019aller dans certaines parties de la for\u00eat pr\u00e8s du Parc national de Boumba Bek&#8221;, a affirm\u00e9 Ernest Adjima, pr\u00e9sident de la &#39;Sanguia Bo Buma Dkode&#39;, une association baka, qui en bakola, la langue d\u2019origine, signifie &#8220;Un seul c\u0153ur&#8221;.<\/p>\n<p> Samuel Naah Ndobe, coordinateur du Centre camerounais pour l&#39;environnement et le d\u00e9veloppement, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que le gouvernement veut maintenant installer les Bakas sur des terres agricoles situ\u00e9es le long des routes principales du pays.<\/p>\n<p> &#8220;Mais les Bakas doivent fouiller la for\u00eat pour la chasse, et les terres agricoles situ\u00e9es le long des routes principales sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme appartenant aux tribus dominantes bantoues. Alors, quand les Bakas sortent de la for\u00eat pour s&#39;installer ici, les Bantous leur disent simplement &#39;Vous n&#39;avez pas de terre ici, celle-ci nous appartient&#39;&#8221;.<\/p>\n<p> Mais maintenant, quand ils retournent dans les for\u00eats, ils sont trait\u00e9s comme des visiteurs ind\u00e9sirables.<\/p>\n<p> &#8220;Nous ne pouvons pas nous emp\u00eacher d\u2019\u00eatre effray\u00e9s parce que tous les jours, des \u00e9trangers viennent nous pr\u00eacher un nouvel \u00e9vangile d&#39;exploitation mini\u00e8re. Et au fur et \u00e0 mesure que les jours passent, nous voyons des restrictions syst\u00e9matiques sur nos droits&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Mendum \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Naah Ndobe a affirm\u00e9 que lorsque les Bakas tentent d\u2019acc\u00e9der aux for\u00eats, les gardes forestiers et les conservateurs les expulsent syst\u00e9matiquement.<\/p>\n<p> &#8220;Sans une terre qui leur appartient, ces premiers occupants sont maintenant tr\u00e8s vuln\u00e9rables. Ils n&#39;ont plus droit \u00e0 la terre dont ils ont joui et qu\u2019ils ont consid\u00e9r\u00e9e comme leur habitat pendant des si\u00e8cles&#8221;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 2 juil (IPS) &#8211; Pendant que Lysette Mendum \u00e9coute le bruit des bulldozers qui traversent la for\u00eat pour y tracer une route vers un site minier pr\u00e8s de son petit village d\u2019Assoumdele dans le bloc forestier de Ngoyla-Mintom, dans&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/07\/02\/cameroun-les-bakas-chasses-des-forets-reservees-pour-lexploitation\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":810,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,13,11,10,12,1,3],"tags":[],"class_list":["post-6137","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-developpement","category-droits-humains","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6137","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/810"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6137"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6137\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6137"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6137"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6137"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}