{"id":6095,"date":"2012-06-11T13:40:01","date_gmt":"2012-06-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/06\/11\/niger-des-femmes-accedent-a-lautonomie-financiere-grace-au-maraichage\/"},"modified":"2012-06-11T13:40:01","modified_gmt":"2012-06-11T13:40:01","slug":"niger-des-femmes-accedent-a-lautonomie-financiere-grace-au-maraichage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/06\/11\/niger-des-femmes-accedent-a-lautonomie-financiere-grace-au-maraichage\/","title":{"rendered":"NIGER: Des femmes acc\u00e8dent \u00e0 l\u2019autonomie financi\u00e8re gr\u00e2ce au mara\u00eechage"},"content":{"rendered":"<p>DIOGA, Niger, 11 juin (IPS) &#8211; Aminata Douramane et trois enfants s\u2019activent \u00e0 d\u00e9sherber des planches de l\u00e9gumes sur une portion du site de cultures mara\u00eech\u00e8res exploit\u00e9 par les femmes du village de Dioga et des hameaux environnants, dans la commune rurale de Torodi, dans l\u2019ouest du Niger. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Douramane, 60 ans, aid\u00e9e par ses trois petits-fils, cultive la laitue, la tomate, le chou, l\u2019oignon, l\u2019aubergine, le gombo, la courge&#8230;, a constat\u00e9 IPS sur place. \u00abJe produis parall\u00e8lement aussi du moringa depuis trois ans\u00bb, dit-elle, montrant un lopin de terre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des planches, sur lequel se dresse sa plantation de 85 arbustes de Moringa Oleifera sur 110 m\u00e8tres carr\u00e9s.<\/p>\n<p> \u00abLes trois enfants (deux filles et un gar\u00e7on) que vous avez trouv\u00e9s en train de m\u2019aider sont mes petits-enfants. La plus grande a 13 ans et le benjamin huit ans. Ils vont tous \u00e0 l\u2019\u00e9cole, c\u2019est lorsqu\u2019il n\u2019y a pas cours qu\u2019ils viennent me donner un coup de main\u00bb, explique Douramane \u00e0 IPS.     Sur le site verdoyant d\u2019une superficie d\u2019environ trois hectares, d\u2019autres femmes sont \u00e9galement absorb\u00e9es par l\u2019entretien de leurs cultures. \u00abJe suis l\u00e0 pour m\u2019assurer que l\u2019ouvrier, qui m\u2019aide, arrose bien les plantes. Comme il fait tr\u00e8s chaud maintenant, pour bien donner, les cultures ont besoin de beaucoup d\u2019eau\u00bb, explique \u00e0 IPS, Ze\u00efnabou Boure\u00efma, une autre femme mara\u00eech\u00e8re.  \u00abAu d\u00e9part, nous \u00e9tions une cinquantaine de femmes \u00e0 nous lancer dans cette activit\u00e9 sur ce p\u00e9rim\u00e8tre mis gratuitement \u00e0 notre disposition par le chef de village en 2002, \u00e0 travers le groupement &#39;Cernafa&#39; (qui signifie l\u2019entraide en langue djerma) que nous avons cr\u00e9\u00e9\u00bb, indique Douramane, la pr\u00e9sidente du groupement. \u00abLes conditions \u00e9taient tr\u00e8s difficiles \u00e0 cause du manque d\u2019eau; on nous prenait m\u00eame comme des folles\u00bb, se souvient-elle.  \u00abMais aujourd\u2019hui, nous sommes plus de 100 femmes dans le groupement et \u00e0 travers ce mara\u00eechage, nous faisons la fiert\u00e9 du village et m\u00eame de la commune rurale de Torodi. Avec nos \u00e9conomies, nous avons d\u00fb acheter une terre de 4,2 hectares il y a trois ans \u00e0 400.000 francs CFA (environ 772 dollars) pour r\u00e9pondre aux sollicitations et diversifier nos activit\u00e9s culturales\u00bb, ajoute-t-elle.  Selon Salou Moumouni, directeur de l\u2019\u00e9cole du village et conseiller informel du groupement, \u00abce qui a motiv\u00e9 les femmes de Dioga \u00e0 s\u2019adonner \u00e0 ce mara\u00eechage, c\u2019est d\u2019abord l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire qui est chronique dans la zone. Juste apr\u00e8s la campagne agricole, les maris partent en exode vers les villes de la sous-r\u00e9gion, abandonnant les femmes et les enfants sans nourriture souvent\u00bb.<\/p>\n<p> \u00abC\u2019est avec les recettes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la vente de leurs produits mara\u00eechers qu\u2019elles tiennent les foyers jusqu\u2019au retour des hommes\u00bb, indique Moumouni \u00e0 IPS, soulignant l\u2019autonomie financi\u00e8re \u00e0 laquelle elles sont parvenues gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement de leurs activit\u00e9s.<\/p>\n<p> \u00abJ\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de soutenir b\u00e9n\u00e9volement le groupement parce que j\u2019ai constat\u00e9 qu\u2019il est anim\u00e9 par des femmes tr\u00e8s courageuses, pr\u00eates \u00e0 surmonter n\u2019importe quel obstacle pour sortir de la d\u00e9pendance\u00bb, souligne-t-il.    Bibata Garba, une autre femme du groupement, confie \u00e0 IPS: \u00abAu d\u00e9but de l\u2019activit\u00e9, toute la campagne qui va de d\u00e9cembre \u00e0 avril, je gagnais \u00e0 peine 60.000 FCFA (environ 115 dollars) dans ce mara\u00eechage, mais actuellement, je fais des recettes de plus de 210.000 FCFA (405 dollars) sur la m\u00eame p\u00e9riode, gr\u00e2ce aux bons rendements que j\u2019obtiens\u00bb.  \u00abCette d\u00e9termination des femmes de Dioga \u00e0 lutter contre la faim et la pauvret\u00e9 \u00e0 travers le mara\u00eechage nous a conduits \u00e0 leur porter assistance \u00e0 partir de 2004, en renfor\u00e7ant leurs capacit\u00e9s, notamment en technique agricole et en vie associative\u00bb, d\u00e9clare Amadou Boubacar, pr\u00e9sident de Action pour un d\u00e9veloppement durable (ADD), une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Niamey, la capitale nig\u00e9rienne.<\/p>\n<p> \u00abNous avons dot\u00e9 le groupement de quatre puits modernes, d\u2019un ch\u00e2teau pour le syst\u00e8me d\u2019arrosage goutte-\u00e0-goutte que nous avons install\u00e9 sur le site avec l\u2019appui de l\u2019Icrisat, et d\u2019une motopompe. Nous lui fournissons aussi des semences et des engrais et nous avons \u00e9galement alphab\u00e9tis\u00e9 ses membres\u00bb, souligne Boubacar \u00e0 IPS. (Icrisat est l\u2019Institut international de recherches sur les cultures des zones tropicales et semi-arides) bas\u00e9 \u00e0 Niamey.<\/p>\n<p> Selon Boubacar, les interventions de ADD au profit du groupement des femmes ont re\u00e7u un appui financier de Carrefour canadien international (CCI), une ONG canadienne bas\u00e9e au Qu\u00e9bec.  D\u2019apr\u00e8s A\u00efssa Boukari, tr\u00e9sori\u00e8re du groupement, les autorit\u00e9s nig\u00e9riennes et d\u2019autres partenaires, comme l\u2019ONG Oxfam, la Coop\u00e9ration suisse, leur apportent \u00e9galement une assistance en mat\u00e9riel aratoire et en intrants, notamment des arrosoirs, des r\u00e2teaux, des tuyaux, des dabas, des semences&#8230;<\/p>\n<p> \u00abLes principales cultures pratiqu\u00e9es sur le site sont les l\u00e9gumes (laitue, tomate, oignons, chou, courge, gombo, poivron&#8230;, mais depuis trois ans, le moringa aussi est introduit avec l\u2019encadrement de ADD. Le groupement dispose \u00e9galement d\u2019un verger comportant des manguiers, des citronniers, des goyaviers, d\u2019orangers&#8230;\u00bb, explique Moumouni.  \u00abIl est difficile de quantifier la production de laitue et de l\u00e9gumes qui sont vendus sur pied ou r\u00e9colt\u00e9 et achemin\u00e9 directement sur les march\u00e9s par les exploitantes; par contre nous connaissons les recettes de vente qui se chiffrent \u00e0 pr\u00e8s de cinq millions de FCFA (plus de 9.500 dollars) de d\u00e9cembre 2011 \u00e0 avril 2012\u00bb, indique Boukari \u00e0 IPS. \u00abEt la production n\u2019est pas finie, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019\u00e9taler, depuis trois ans, sur toute l\u2019ann\u00e9e\u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Selon le gouvernement, les cultures irrigu\u00e9es, dont celles du mara\u00eechage, ont permis de produire cette ann\u00e9e dans le pays un \u00e9quivalent c\u00e9r\u00e9alier d\u2019environ 325.000 tonnes, contre un d\u00e9ficit global de quelque 600.000 tonnes enregistr\u00e9 au cours de la campagne agricole 2011-2012. Ce d\u00e9ficit est \u00e0 l\u2019origine de la crise alimentaire qui affecte encore 8,3 millions des 15,7 millions de Nig\u00e9riens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DIOGA, Niger, 11 juin (IPS) &#8211; Aminata Douramane et trois enfants s\u2019activent \u00e0 d\u00e9sherber des planches de l\u00e9gumes sur une portion du site de cultures mara\u00eech\u00e8res exploit\u00e9 par les femmes du village de Dioga et des hameaux environnants, dans la&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/06\/11\/niger-des-femmes-accedent-a-lautonomie-financiere-grace-au-maraichage\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":299,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,39,30,29],"tags":[],"class_list":["post-6095","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6095","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/299"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6095"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6095\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}