{"id":6012,"date":"2012-04-16T13:40:01","date_gmt":"2012-04-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/04\/16\/senegal-les-intermediaires-profitent-des-efforts-des-producteurs-danacarde\/"},"modified":"2012-04-16T13:40:01","modified_gmt":"2012-04-16T13:40:01","slug":"senegal-les-intermediaires-profitent-des-efforts-des-producteurs-danacarde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/04\/16\/senegal-les-intermediaires-profitent-des-efforts-des-producteurs-danacarde\/","title":{"rendered":"SENEGAL: Les interm\u00e9diaires profitent des efforts des producteurs d\u2019anacarde"},"content":{"rendered":"<p>ZIGUINCHOR, S\u00e9n\u00e9gal, 16 avr (IPS) &#8211; Les producteurs de l\u2019anacarde, en Casamance, dans le sud du S\u00e9n\u00e9gal, en plus des difficult\u00e9s li\u00e9es aux ph\u00e9nom\u00e8nes naturels, sont aussi confront\u00e9s au business des interm\u00e9diaires qui s\u2019enrichissent sur leur dos. R\u00e9sultat: les producteurs sont d\u00e9courag\u00e9s et la production tend \u00e0 baisser.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon les statistiques de la Chambre de commerce de Ziguinchor, la capitale r\u00e9gionale, cette fili\u00e8re agricole commerciale a produit quelque 40.000 tonnes de noix d&#39;anacarde en 2011. Ce qui repr\u00e9sente 20 milliards de francs CFA (environ 40 millions de dollars) de recettes, g\u00e9n\u00e9rant plus de 220.000 emplois la m\u00eame ann\u00e9e.   Mais en avril, cette ann\u00e9e, la production est seulement de 8.000 tonnes, alors qu\u2019elle \u00e9tait plus de 15.000 tonnes \u00e0 cette m\u00eame p\u00e9riode l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, indique Isma\u00ebla Di\u00e9m\u00e9, pr\u00e9sident de la Coop\u00e9rative des producteurs agricoles de la Casamance. La production d\u2019anacarde s\u2019\u00e9tend d\u2019avril \u00e0 juin, et la vente d&#39;ao\u00fbt \u00e0 novembre, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Di\u00e9m\u00e9 d\u00e9clare \u00e0 IPS que les difficult\u00e9s des producteurs de l\u2019anacarde sont d\u2019abord li\u00e9es \u00e0 un manque d\u2019organisation, et ils ne peuvent pas d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats face \u00e0 d\u2019autres acteurs de la fili\u00e8re. \u00abTant qu\u2019on sera \u00e0 l\u2019\u00e9tat de non organisation, il sera difficile \u00e0 un partenaire, quel qu\u2019il soit, de venir vers nous, parce qu\u2019on n\u2019aura pas am\u00e9lior\u00e9 nos techniques culturales, nos rendements; bref, on n\u2019aura pas un visage qui inspire confiance\u00bb.   Elimane Dram\u00e9, transformateur de noix d&#39;anacarde, qui exploite une unit\u00e9 semi-industrielle d\u2019une capacit\u00e9 de 250 tonnes par an et emploie 43 personnes, d\u00e9nonce l\u2019ostracisme des banques qui, dit-il, acceptent de leur pr\u00eater \u00e0 peine le tiers des montants qu\u2019ils demandent, tout en leur fixant des d\u00e9lais de remboursement qui n\u2019arrangent pas les petits producteurs.  La principale difficult\u00e9, explique-t-il \u00e0 IPS, c\u2019est le financement de la production qui est saisonni\u00e8re. Le producteur a besoin d&#39;un magasin de stockage dont la construction n\u00e9cessite de l&#39;argent; mais les banquiers refusent souvent de lui faire de pr\u00eat.<\/p>\n<p> Les producteurs du secteur se plaignent \u00e9galement des ennuis d\u2019ordre technique, de stockage, d\u2019acheminement des produits du lieu de production vers les centres urbains. Ils d\u00e9noncent en outre les prix d\u00e9risoires pratiqu\u00e9s sur le march\u00e9, pour les noix d\u2019anacarde, s\u2019estimant victimes des interm\u00e9diaires qui cassent les prix pour ensuite revendre cher leurs produits aux exportateurs indiens.  Idrissa Diatta, producteur \u00e0 Diattacounda, situ\u00e9e \u00e0 80 kilom\u00e8tres de Ziguinchor, souligne que l\u2019une des difficult\u00e9s majeures, c\u2019est la vente de l\u2019anacarde \u00e0 un prix d\u00e9risoire, car les interm\u00e9diaires ach\u00e8tent le kilogramme \u00e0 300 FCFA (environ 60 cents US) sur les lieux de production, et vont le revendre \u00e0 800 FCFA (1,7 dollar) aux Indiens.  Il estime que la meilleure mani\u00e8re de contourner cette difficult\u00e9 du prix de vente est de traiter directement avec les Indiens, mais les interm\u00e9diaires s\u2019y opposent chaque fois que les producteurs tentent de le faire. \u00abLes Indiens ne viennent jamais sur le terrain, ils confient souvent le travail aux interm\u00e9diaires. Nous pensons nous organiser et envoyer une d\u00e9l\u00e9gation aux Indiens acheteurs qui sont \u00e9tablis \u00e0 Dakar (la capitale s\u00e9n\u00e9galaise) afin de discuter avec eux\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> \u00abLes interm\u00e9diaires \u00e9changent 100.000 FCFA (200 dollars) contre une tonne et demie d\u2019anacarde. D\u2019autres proposent 10.000 FCFA (20 dollars) pour deux sacs d\u2019anacarde. Or, le kilogramme d\u2019anacarde peut remonter \u00e0 400, voire 500 FCFA (environ un dollar). Ce sont les interm\u00e9diaires qui nous appauvrissent\u00bb, d\u00e9plore-t-il.  Abdoulaye Diatta, un autre planteur, explique que parfois, les interm\u00e9diaires disent que l\u2019offre est plus forte que la demande, ce qui entra\u00eene la chute du prix. \u00abM\u00eame si le dollar a chut\u00e9 ou que l\u2019offre est sup\u00e9rieure \u00e0 la demande, on ne voit pas une seule noix d\u2019anacarde tra\u00eener dans la brousse. Tout se vend. Pr\u00e9sentement, ils sont en train d\u2019\u00e9changer un sac de riz contre deux sacs d\u2019anacarde\u00bb, fustige-t-il.<\/p>\n<p>  Mais, Jean-Marie Badji, un interm\u00e9diaire, affirme que le prix de l\u2019anacarde varie selon les cours mondiaux et qu\u2019ils n\u2019inventent rien pour tromper les producteurs.  \u00abD\u2019abord, nous nous d\u00e9pla\u00e7ons dans les villages pour collecter l\u2019anacarde. Les routes sont compl\u00e8tement d\u00e9grad\u00e9es et les transporteurs nous taxent. A cela, s\u2019ajoute l\u2019enclavement complet des localit\u00e9s. Et si on ne paye pas le kilogramme parfois entre 250 et 300 FCFA (moins d\u2019un dollar), nous risquons de faire faillite\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS.  Badji ajoute que parfois, ce sont les producteurs m\u00eames qui fixent le prix du kilogramme. \u00abNous \u00e9tions dans la semaine du 2 au 6 avril dans le village de Koundomp. A cause de l\u2019enclavement du milieu, le producteur n&#39;a pas pu vendre son produit. Lorsqu\u2019il nous a aper\u00e7us, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 vendre tout son stock \u00e0 200 FCFA (40 cents) le kilogramme. Je ne pouvais pas refuser\u00bb, dit-il.  L\u2019adjoint au gouverneur de Ziguinchor, Ibra Fall, charg\u00e9 des affaires administratives de la r\u00e9gion, pense que les difficult\u00e9s de la fili\u00e8re sont li\u00e9es \u00e0 la sous-exploitation locale de la noix et de la pomme d\u2019anacarde.<\/p>\n<p> \u00abAvec moins de cinq pour cent comme taux de transformation locale, la seule alternative qui s\u2019offre aux producteurs, c\u2019est vendre, sans un r\u00e9el pouvoir de n\u00e9gociation, les noix brutes aux exportateurs. Quant \u00e0 la pomme d\u2019anacarde, elle pourrit sous les arbres, une faible quantit\u00e9 \u00e9tant utilis\u00e9e pour faire du vin de cajou\u00bb, souligne-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ZIGUINCHOR, S\u00e9n\u00e9gal, 16 avr (IPS) &#8211; Les producteurs de l\u2019anacarde, en Casamance, dans le sud du S\u00e9n\u00e9gal, en plus des difficult\u00e9s li\u00e9es aux ph\u00e9nom\u00e8nes naturels, sont aussi confront\u00e9s au business des interm\u00e9diaires qui s\u2019enrichissent sur leur dos. 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