{"id":5980,"date":"2012-03-23T13:40:01","date_gmt":"2012-03-23T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/23\/tchad-la-famine-expose-les-enfants-a-la-malnutrition-aigue\/"},"modified":"2012-03-23T13:40:01","modified_gmt":"2012-03-23T13:40:01","slug":"tchad-la-famine-expose-les-enfants-a-la-malnutrition-aigue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/23\/tchad-la-famine-expose-les-enfants-a-la-malnutrition-aigue\/","title":{"rendered":"TCHAD: La famine expose les enfants \u00e0 la malnutrition aigu\u00eb"},"content":{"rendered":"<p>N\u2019DJAMENA, 23 mars (IPS) &#8211; &#8220;Dieu seul sait ce que nous serons demain, mes enfants et moi: depuis deux mois, n\u2019avons plus rien \u00e0 manger \u00e0 la maison, nous vivons comme des mendiants&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Henriette Sanglar, m\u00e8re de quatre enfants, habitant le quartier Moursal, \u00e0 N\u2019Djamena, la capitale tchadienne.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abLa famine gagne du terrain, m\u00eame ici \u00e0 N\u2019djamena. De tous les 14 enfants que j\u2019ai pes\u00e9s aujourd\u2019hui (17 mars), rares sont ceux dont l\u2019\u00e2ge et le poids sont conformes. On dirait que ces enfants ne mangent pas depuis deux semaines, les petits (huit) souffrent cruellement de malnutrition\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Diane Nelmall Ko\u00efd\u00e9r\u00e9, infirmi\u00e8re au centre de sant\u00e9 du quartier Ardepdjoumal, dans la capitale.<\/p>\n<p> \u00abA Tassino, un village du district de Mangalm\u00e9, dans la r\u00e9gion centrale du Gu\u00e9ra (l\u2019est du pays), des femmes creusent dans les fourmili\u00e8res \u00e0 la recherche de grains laiss\u00e9s par les fourmis\u00bb, affirme Stephen Cockburn, coordinateur r\u00e9gional des campagnes et politiques de l\u2019organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam pour l\u2019Afrique de l\u2019ouest, lors d\u2019un passage \u00e0 N\u2019Djamena.<\/p>\n<p> M\u00eame dans le sud du pays, une r\u00e9gion agricole, la famine frappe par endroits. Dans le petit village de B\u00e9pala, Blandine Kar\u00e9beye, avec son enfant de deux ans au dos et un autre de cinq ans \u00e0 la main, a d\u00e9barqu\u00e9 chez son jeune fr\u00e8re Joseph Ngarmadji au quartier Hab\u00e9na, dans la capitale.  Elle ne souhaite repartir au village que lorsque la pluie commencera \u00e0 tomber, sous pr\u00e9texte que les villageois ont \u00e9puis\u00e9 leurs vivres et pour survivre, ils arrachent les fruits et racines de certains arbres qui ne se consomment pas en p\u00e9riode normale.<\/p>\n<p> Si la famine frappe ainsi de plein fouet, au c\u0153ur m\u00eame de la capitale, consid\u00e9r\u00e9e comme le &#8220;grenier&#8221; de tous les Tchadiens qui y acheminent les vivres produits sur l\u2019ensemble du territoire, pour y \u00eatre vendus, ce n\u2019est pas la partie sah\u00e9lienne du pays qui \u00e9chappera. Cette zone re\u00e7oit moins de 300 millim\u00e8tres d\u2019eau par an.<\/p>\n<p> Comme en 2011, la famine s\u00e9vit notamment cette ann\u00e9e dans l\u2019est du Tchad, touchant principalement les r\u00e9gions du Kanem, du Gu\u00e9ra, du Salamat, qui sont des zones semi-d\u00e9sertiques. Les faibles pr\u00e9cipitations entra\u00eenent de faibles rendements agricoles. La saison des pluies dans ces zones sah\u00e9liennes ne dure que trois mois contre neuf mois de saison s\u00e8che.<\/p>\n<p> Souvent, trois mois apr\u00e8s les r\u00e9coltes, les populations \u00e9puisent leurs r\u00e9serves de vivres, m\u00eame les semences pour la saison agricole \u00e0 venir ne sont pas \u00e9pargn\u00e9es. Pour leur survie, elles ne comptent que sur l\u2019aide des organisations humanitaires ou tentent l\u2019exode vers les grands centres urbains o\u00f9 elles peuvent trouver facilement de &#8220;petits jobs&#8221; tels le m\u00e9nage dans des foyers, la blanchisserie, le jardinage.<\/p>\n<p> &#8220;Les enfants et les femmes constituent la couche sociale la plus vuln\u00e9rable. Une situation comme celle-ci o\u00f9 l\u2019insuffisance de nourriture fait augmenter les prix du march\u00e9 de 100 \u00e0 200 pour cent a des effets d\u00e9vastateurs et un impact n\u00e9gatif sur les plus fragiles&#8221;, d\u00e9plore Marcel Ouattara, repr\u00e9sentant du Fonds des Nations Unies pour l\u2019enfance (UNICEF) au Tchad.  \u00abLa crise frappe des familles qui ont un acc\u00e8s limit\u00e9 aux services de sant\u00e9 de base et qui sont confront\u00e9es \u00e0 la malnutrition de mani\u00e8re r\u00e9currente\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p> Face \u00e0 cette situation, le gouvernement a constitu\u00e9 des stocks de quelque 4.000 tonnes de c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 l\u2019Office national pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (ONASA), une structure \u00e9tatique mise sur pied pour pr\u00e9venir la famine.  A l\u2019annonce de la famine cette ann\u00e9e, le prix d\u2019un sac de c\u00e9r\u00e9ales de 100 kilogrammes (ma\u00efs, mil, sorgho) \u00e9tait de 40.000 francs CFA (environ 80 dollars) sur le march\u00e9, mais le gouvernement l\u2019a fix\u00e9 \u00e0 10.000 FCFA (20 dollars) pour les m\u00eames vivres stock\u00e9s \u00e0 l&#39;ONASA.<\/p>\n<p> Cependant, les populations victimes de famine ne profitent pas assez de l\u2019aide du gouvernement pour deux raisons: elles n\u2019ont pas de ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires pour s\u2019acheter les vivres, malgr\u00e9 la forte r\u00e9duction du prix; ensuite, les grands commer\u00e7ants sautent sur l\u2019occasion en faisant des stocks importants qu\u2019ils pourront revendre au prix du march\u00e9 et tripler ainsi leur b\u00e9n\u00e9fice. La population se trouve donc comme prise entre deux feux.<\/p>\n<p> Le gouvernement m\u00e8ne des contr\u00f4les sur les march\u00e9s, parfois par des ministres, mais il ne s\u00e9vit pas contre les commer\u00e7ants qui organisent la fraude, se contentant de prof\u00e9rer des menaces verbales. Certains analystes d\u00e9noncent l\u2019absence de sanction comme un laxisme qui entretient la corruption.<\/p>\n<p> Le 19 mars, Adoum Djimet, ministre tchadien de l\u2019Agriculture et de l\u2019Irrigation, a tent\u00e9 de rassurer la population par rapport, selon lui, \u00e0 \u00abl\u2019image tr\u00e8s n\u00e9gative v\u00e9hicul\u00e9e par les m\u00e9dias internationaux suite \u00e0 la famine qui touche une partie du territoire\u00bb. Il a d\u00e9clar\u00e9 que \u00able gouvernement est en train de faire quelque chose pour voler au secours des compatriotes menac\u00e9s par la famine\u00bb.<\/p>\n<p> Mais, entre une aide annonc\u00e9e du gouvernement dont ni la nature ni le d\u00e9lai ne sont pr\u00e9cis\u00e9s et une intervention des agences humanitaires qui tarde \u00e0 se mettre en place, la population continue \u00e0 broyer du noir.<\/p>\n<p> Selon Codjo Edoux, chef de mission de M\u00e9decins sans fronti\u00e8res (MSF Hollande) au Tchad, \u00abla malnutrition continuera par s\u00e9vir tant qu\u2019une r\u00e9ponse urgente et \u00e9nergique n\u2019\u00e9mane pas des autorit\u00e9s et des humanitaires\u00bb.<\/p>\n<p> Le gouvernement avait reconnu, d\u00e9but janvier, l&#39;ampleur de la famine en annon\u00e7ant le prix r\u00e9duit des c\u00e9r\u00e9ales, et en lan\u00e7ant un appel \u00e0 la communaut\u00e9 internationale. Un agent du Programme alimentaire mondial, qui a requis l\u2019anonymat, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que des vivres sont en route pour N&#39;Djamena, mais sont encore bloqu\u00e9s au port de Douala, au Cameroun, pays voisin du Tchad.<\/p>\n<p> Plusieurs ONG pr\u00e9viennent que la saison des pluies approche \u00e0 grands pas et que si rien n\u2019est fait dans un bref d\u00e9lai, toutes les zones affect\u00e9es par la famine seront inaccessibles par la route.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u2019DJAMENA, 23 mars (IPS) &#8211; &#8220;Dieu seul sait ce que nous serons demain, mes enfants et moi: depuis deux mois, n\u2019avons plus rien \u00e0 manger \u00e0 la maison, nous vivons comme des mendiants&#8221;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Henriette Sanglar, m\u00e8re de&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/23\/tchad-la-famine-expose-les-enfants-a-la-malnutrition-aigue\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":763,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,37,34,11,10,12,1,39,3],"tags":[],"class_list":["post-5980","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-desert-rampant","category-developpement","category-droits-humains","category-environnement","category-headlines","category-jeunes-agriculteurs","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5980","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/763"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5980"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5980\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5980"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5980"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5980"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}