{"id":5972,"date":"2012-03-19T13:40:01","date_gmt":"2012-03-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/19\/sante-benin-gerer-les-dechets-biomedicaux-pour-proteger-la-vie-des-populations\/"},"modified":"2012-03-19T13:40:01","modified_gmt":"2012-03-19T13:40:01","slug":"sante-benin-gerer-les-dechets-biomedicaux-pour-proteger-la-vie-des-populations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/19\/sante-benin-gerer-les-dechets-biomedicaux-pour-proteger-la-vie-des-populations\/","title":{"rendered":"SANTE-BENIN: G\u00e9rer les d\u00e9chets biom\u00e9dicaux pour prot\u00e9ger la vie des populations"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 19 mars (IPS) &#8211; Aicha, 15 ans environ, vend des \u00e9pices sous forme de poudre au march\u00e9 Dantokpa, la plus grande place commerciale du B\u00e9nin, \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique. Mais, les emballages qu\u2019elle utilise sont des flacons de s\u00e9rum et de p\u00e9nicilline vid\u00e9s de leur contenu.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00abMa maman va souvent trier les bouteilles au Centre national hospitalier universitaire (CNHU) ou dans certains centres de sant\u00e9 o\u00f9 nous avons des amis. On lave ensuite les bouteilles et on les remplit avec les condiments tels que les crevettes en poudre, le piment rouge, le gingembre&#8230;\u00bb, d\u00e9clare Aicha \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Ces flacons font partie des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux qui devraient subir un traitement professionnel. Raymond Da Silva, le surveillant g\u00e9n\u00e9ral du CNHU, affirme: \u00abNous essayons de faire ce que nous pouvons en incin\u00e9rant nos d\u00e9chets. Mais la question des bouteilles de s\u00e9rum reste un casse-t\u00eate pour toutes les formations sanitaires du B\u00e9nin\u00bb.  Il avertit aussit\u00f4t pour dire que ces flacons ne sont pas sains pour la sant\u00e9 humaine: \u00abNe prenez jamais au march\u00e9 des amuse-gueule ou des \u00e9pices emball\u00e9es dans ces flacons. C\u2019est \u00e0 vos risques et p\u00e9rils\u00bb.<\/p>\n<p> Selon un d\u00e9cret du 15 novembre 2002 portant gestion rationnelle des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux au B\u00e9nin, est consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9chet biom\u00e9dical tout d\u00e9chet d\u2019origine biologique ou non r\u00e9sultant des activit\u00e9s m\u00e9dicales ou param\u00e9dicales.<\/p>\n<p> Amina Sylla, chef service gestion des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux \u00e0 l\u2019organisation non gouvernementale (ONG) Bethesda, d\u00e9sapprouve le manque d\u2019int\u00e9r\u00eat des centres de sant\u00e9 \u00e0 bien g\u00e9rer leurs d\u00e9chets. \u00abDans leurs t\u00eates, ils n\u2019acceptent pas de sortir de l\u2019argent pour des d\u00e9chets, et pourtant nous g\u00e9rons les d\u00e9chets d\u2019une quarantaine d\u2019h\u00f4pitaux\u00bb de Cotonou et environs. Elle indique que Bethesda leur prend 200 francs CFA (environ 40 cents US) par kilogramme de d\u00e9chets.<\/p>\n<p> Nikita Topanou, environnementaliste, pr\u00e9sident de Flambeau du progr\u00e8s, une ONG locale charg\u00e9e de la collecte des d\u00e9chets m\u00e9nagers dans la commune d\u2019Abomey-Calavi, dans le sud du B\u00e9nin, d\u00e9plore les d\u00e9chets biom\u00e9dicaux m\u00e9lang\u00e9s aux d\u00e9chets m\u00e9nagers lors de leur travail. \u00abUne attitude irresponsable que nous nous employons \u00e0 d\u00e9courager. Nous faisons surtout de la sensibilisation pour que toutes les formations sanitaires g\u00e8rent professionnellement leurs d\u00e9chets\u00bb.<\/p>\n<p> A Porto-Novo, la capitale politique du B\u00e9nin, dans le sud-est, les centres de sant\u00e9 peinent \u00e0 g\u00e9rer professionnellement leurs d\u00e9chets. Pourtant, Bethesda constate que certains centres de la ville refusent de payer pour faire enlever leurs d\u00e9chets, souligne Sylla IPS.<\/p>\n<p> A Parakou, dans le nord-est du B\u00e9nin, le Centre hospitalier d\u00e9partemental (CHD) dispose d\u2019un incin\u00e9rateur qui est utilis\u00e9 par plusieurs autres centres de sant\u00e9 de la ville. Issa Mama Djibril, directeur du CHD, explique \u00e0 IPS: \u00abNous essayons de g\u00e9rer au mieux nos d\u00e9chets et sommes tr\u00e8s utiles \u00e0 tous les h\u00f4pitaux qui nous entourent. La grande difficult\u00e9 est comment veiller \u00e0 ce que nos agents fassent le travail dans les normes, ce qui n\u2019est pas \u00e9vident\u00bb.<\/p>\n<p> A H\u00eavi\u00e9, une banlieue \u00e9loign\u00e9e de Cotonou, l\u2019ONG Bethesda a acquis un vaste domaine hors agglom\u00e9ration pour rester conforme \u00e0 la r\u00e9glementation en vigueur exigeant que les \u00e9tablissements d\u2019incin\u00e9ration soient \u00e0 plus de 200 m\u00e8tres derni\u00e8res les habitations. Elle y convoie tous les d\u00e9chets collect\u00e9s dans ses h\u00f4pitaux partenaires pour proc\u00e9der \u00e0 leur incin\u00e9ration de fa\u00e7on professionnelle.<\/p>\n<p> \u00abJ\u2019arrive \u00e0 br\u00fbler huit bidons de 50 kg par jour si l\u2019incin\u00e9rateur marche bien. Mais en cas de panne, je n\u2019en fais que trois\u00bb, indique C\u00e9lestin Houndjo, le g\u00e9rant du site.  Par contre \u00e0 Pahou, environ 26 kilom\u00e8tres de Cotonou, Bethesda a un autre site d\u2019incin\u00e9ration des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux, qui est en pleine agglom\u00e9ration parce qu\u2019il existait avant l\u2019installation des populations. \u00abNous travaillons la nuit. Dans la journ\u00e9e, les populations se plaignent de la fum\u00e9e et des gaz qui s\u2019\u00e9chappent de l\u2019incin\u00e9rateur\u00bb, explique \u00e0 IPS, Yaovi Koffi, le g\u00e9rant du site.  Ces gaz peuvent se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e8s toxiques, selon Eustache Hou\u00e9to, directeur du laboratoire Pr\u00e9cis Plus. \u00abLorsque la combustion est incompl\u00e8te, il peut y avoir du monoxyde de carbone. Or, un environnement riche en monoxyde de carbone est tr\u00e8s pauvre en oxyg\u00e8ne\u00bb, souligne-t-il. \u00abLes personnes vivant dans ces milieux peuvent suffoquer, d\u00e9velopper des toux persistantes et m\u00eame mourir d\u2019asphyxie. On peut aller jusqu\u2019\u00e0 dire que le mauvais traitement des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux r\u00e9duit l\u2019esp\u00e9rance de vie des populations\u00bb.<\/p>\n<p> Dr Agossou S\u00e8nami, un sp\u00e9cialiste ORL affirme que \u00able traitement non ad\u00e9quat des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux peut provoquer un effet abrasif &#8211; li\u00e9 \u00e0 la muqueuse nasale. Les individus expos\u00e9s vont d\u00e9velopper des rhinites, des sinusites et m\u00eame un cancer. Les liquides mal g\u00e9r\u00e9s entra\u00eenent rapidement des infections nosocomiales &#8211; contract\u00e9es en milieu hospitalier\u00bb.<\/p>\n<p> Conscient des d\u00e9fis de ce secteur, le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 du B\u00e9nin, \u00e0 travers la Direction de l\u2019hygi\u00e8ne et de l\u2019assainissement de base, tente de jouer son r\u00f4le. \u00abNous faisons essentiellement de la formation, de la sensibilisation et du suivi dans les 34 zones sanitaires que compte le B\u00e9nin, avec plus de 1.000 unit\u00e9s sanitaires priv\u00e9es et publiques\u00bb, ont indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Pie Djivo et Achille Kangni, qui sont les points focaux de la gestion des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux au minist\u00e8re.<\/p>\n<p> Un guide de gestion des d\u00e9chets biom\u00e9dicaux dans la ville de Cotonou, a \u00e9t\u00e9 produit par le B\u00e9nin en coop\u00e9ration avec le Canada en d\u00e9cembre 2008. Il recommande une clarification des r\u00f4les et responsabilit\u00e9s des acteurs impliqu\u00e9s en vue d\u2019un bon fonctionnement du syst\u00e8me.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 19 mars (IPS) &#8211; Aicha, 15 ans environ, vend des \u00e9pices sous forme de poudre au march\u00e9 Dantokpa, la plus grande place commerciale du B\u00e9nin, \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique. 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