{"id":5959,"date":"2012-03-08T13:40:01","date_gmt":"2012-03-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/08\/burundi-de-la-pluie-mais-trop-dans-le-nord\/"},"modified":"2012-03-08T13:40:01","modified_gmt":"2012-03-08T13:40:01","slug":"burundi-de-la-pluie-mais-trop-dans-le-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2012\/03\/08\/burundi-de-la-pluie-mais-trop-dans-le-nord\/","title":{"rendered":"BURUNDI: De la pluie, mais trop dans le nord!"},"content":{"rendered":"<p>BUJUMBURA, 8 mars (IPS) &#8211; Dans le nord du Burundi, les agriculteurs entament timidement les travaux de la deuxi\u00e8me saison culturale. Ils craignent que des pluies trop abondantes pourrissent \u00e0 nouveau les plantes et emportent la terre dans les vall\u00e9es. Deux dangers face auxquels ils sont d\u00e9sarm\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Alors que les agriculteurs du nord du Burundi se pr\u00e9parent \u00e0 la deuxi\u00e8me saison culturale, ils craignent de ne pas r\u00e9colter assez comme lors de premi\u00e8re saison (septembre \u00e0 d\u00e9cembre) \u00e0 cause des pluies qui tombent trop dans cette r\u00e9gion.  &#8220;Ma r\u00e9colte en haricot a \u00e9t\u00e9 inf\u00e9rieure de plus de la moiti\u00e9 \u00e0 ce j&#39;attendais. Je n&#39;ai r\u00e9colt\u00e9 que 120 kilogrammes au lieu de plus de 300 kg sur ma propri\u00e9t\u00e9 d\u2019environ un hectare. Ce sont les pluies trop abondantes qui ont ab\u00eem\u00e9 les plantes&#8221;, se plaint Servillien, un agriculteur de la commune Mwumba, dans le nord de ce pays des Grands Lacs.<\/p>\n<p> La gestion des eaux de pluie reste difficile pour les cultivateurs. Des cultures vivri\u00e8res comme le haricot, la pomme de terre, la tomate&#8230; y r\u00e9sistent mal et pourrissent. Les agriculteurs, qui g\u00e9n\u00e9ralement produisent pour leur propre consommation, n\u2019ont pas les moyens d&#39;acheter les produits phytosanitaires pour traiter leurs cultures.  Ces produits co\u00fbtent trop chers \u2013 environ 20 dollars le kilo pour certains &#8211; pour des paysans qui ne cultivent que pour assurer leur survie et ont \u00e0 peine assez de semences d&#39;une saison \u00e0 l&#39;autre.  Pourrissement et \u00e9rosion D\u2019autres paysans, ignorant jusqu&#39;\u00e0 l\u2019existence de ces produits de traitement, sont r\u00e9sign\u00e9s et fatalistes: &#8220;La r\u00e9colte ne d\u00e9pend que de la nature. Quand la m\u00e9t\u00e9o roule bien, on r\u00e9colte bien et quand \u00e7a roule mal, on ne r\u00e9colte pas&#8221;, ressasse un agriculteur en train d&#39;essayer de vendre des choux ch\u00e9tif au petit march\u00e9 de Rukeco.  &#8220;Le gouvernement ne fournit que des engrais chimiques aux agriculteurs, indique Bosco, un agronome de la r\u00e9gion. Pour les produits de lutte contre les maladies caus\u00e9es par les pluies, on leur recommande de les acheter eux-m\u00eames dans les magasins&#8221;.<\/p>\n<p> Outre le pourrissement des plantes, les pluies tr\u00e8s abondantes entra\u00eenent la terre des collines et les cultures vers les vall\u00e9es. Une solution serait d&#39;\u00e9tablir des terrains selon les courbes de niveau, mais elle fait de moins en moins d&#39;adeptes d&#39;autant que le gouvernement a rel\u00e2ch\u00e9 son appel dans ce sens. Les agriculteurs refusent de construire des champs en terrasse, car ils estiment que cela r\u00e9tr\u00e9cirait encore plus leurs petites parcelles.  &#8220;Avec cette propri\u00e9t\u00e9 que vous voyez ici, si je trace une courbe de niveau, je resterai avec quoi?&#8221;, interroge ainsi un paysan de la colline Gakeceri, dont le champ est situ\u00e9 sur le versant d&#39;une colline. En contrebas, la route Ngozi-Buja est pourtant souvent recouverte par la boue que forme la terre arrach\u00e9e aux champs pendant les saisons pluvieuses.  Am\u00e9nager les bas-fonds Dans les vall\u00e9es, o\u00f9 stagnent les m\u00eames eaux, les producteurs sont oblig\u00e9s de r\u00e9colter et de vendre pr\u00e9cocement leurs cultures. &#8220;C&#39;est pour \u00e9viter que mes patates douces pourrissent dans les champs&#8221;, explique Cl\u00e9mence, une agricultrice de la colline Rwizingwe dans la commune de Ngozi. &#8220;Comme je ne peux pas les consommer toutes, je les achemine vers le march\u00e9; peu importe la somme que je trouverai, si petite soit-elle. Je n\u2019ai pas de choix&#8221;.<\/p>\n<p> En fait, bon nombre des marais de la r\u00e9gion pourraient \u00eatre am\u00e9nag\u00e9s pour assurer une meilleure circulation des eaux. Ils le sont rarement sauf sur intervention des donateurs comme le Programme alimentaire mondial ou l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture dans le cadre de projets.  Le gouvernement burundais se montre peu empress\u00e9 d&#39;am\u00e9nager ces zones et les agriculteurs n&#39;arrivent pas \u00e0 entretenir le peu d\u2019am\u00e9nagements cr\u00e9\u00e9s. C&#39;est le cas des travaux qui avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par une ONG dans la vall\u00e9e de Rugori, dans la commune de Busiga et de ceux effectu\u00e9s dans celles de Ngozi et Mwumba.<\/p>\n<p> Au moment de planter sur les versants des collines et dans les vall\u00e9es, les agriculteurs n&#39;ont, pour l&#39;heure, d&#39;autre recours que de prier le ciel d&#39;\u00eatre cl\u00e9ment cette fois avec eux.  *(Eric Nshemezimana est journaliste pour Syfia, une agence de presse bas\u00e9e \u00e0 Montpellier. Cet article est publi\u00e9 en vertu d&#39;un accord de coop\u00e9ration entre l\u2019agence de presse InfoSud et IPS).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BUJUMBURA, 8 mars (IPS) &#8211; Dans le nord du Burundi, les agriculteurs entament timidement les travaux de la deuxi\u00e8me saison culturale. 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