{"id":5694,"date":"2011-08-25T13:40:01","date_gmt":"2011-08-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/25\/mauritanie-des-efforts-encore-pour-lagriculture-irriguee\/"},"modified":"2011-08-25T13:40:01","modified_gmt":"2011-08-25T13:40:01","slug":"mauritanie-des-efforts-encore-pour-lagriculture-irriguee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/25\/mauritanie-des-efforts-encore-pour-lagriculture-irriguee\/","title":{"rendered":"MAURITANIE: Des efforts encore pour l\u2019agriculture irrigu\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>NOUAKCHOTT, 25 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le gouvernement de la Mauritanie s\u2019oriente, pour la premi\u00e8re fois, vers de nouvelles approches agricoles, notamment l\u2019insertion des dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs dans la culture irrigu\u00e9e et l\u2019introduction de la culture du bl\u00e9 pour lutter contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ces innovations interviennent apr\u00e8s une phase pr\u00e9c\u00e9dente centr\u00e9e, dans les ann\u00e9es 1990, sur l\u2019encadrement des paysans, la mobilisation d\u2019\u00e9quipements lourds en faveur des grands am\u00e9nagements et la garantie d\u2019un \u00e9coulement avantageux des produits des paysans \u00e0 travers des prix d\u2019achat int\u00e9ressants.<\/p>\n<p> La saison agricole 2011-2012 a vu la distribution de 1.500 hectares, dans la plaine de M\u2019Pouri\u00e9, non loin de la ville de Rosso, sur la rive du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, dans le sud de la Mauritanie, au profit de 125 dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs qui ont pr\u00e9alablement suivi une formation initiale en techniques culturales. Les pouvoirs publics ont aussi programm\u00e9 l\u2019introduction du bl\u00e9 dans les champs mauritaniens, dans six des 13 r\u00e9gions du pays.  En outre, le gouvernement a programm\u00e9 une extension des superficies emblav\u00e9es qui doivent passer, cette ann\u00e9e, 30.000 hectares alors que, l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, elles ne d\u00e9passaient gu\u00e8re 20.000 hectares dont 3.700 pour la riziculture. Ces nouvelles superficies seront exploit\u00e9es pour les cultures de bl\u00e9, de l\u00e9gumes et de fruits en fonction des caract\u00e9ristiques des sols.<\/p>\n<p> Autres nouveaut\u00e9s: des pr\u00e9paratifs \u00e9taient intenses en mars 2011 dans les services du cr\u00e9dit agricole, de la vulgarisation, du r\u00e9seau hydrographique, et de la lutte contre les ennemis des cultures aussi bien \u00e0 Nouakchott, la capitale qu\u2019\u00e0 Rosso et dans d\u2019autres localit\u00e9s.  Sous la pression de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de l\u2019ench\u00e9rissement des denr\u00e9es essentielles (riz, bl\u00e9, sucre), l\u2019Etat semble \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 rattraper le retard accus\u00e9.  Mais, dans les champs qui sont au stade des semis et de labour, dans les r\u00e9gions de Trarza, Brakna et Gorgol, dans le sud de la Mauritanie, tout ne se passe pas comme le souhaiteraient les producteurs agricoles.<\/p>\n<p> Mohamed El Ghaly Ould Maayouf, qui exploite un grand p\u00e9rim\u00e8tre sur la route Rosso-Bogh\u00e9 (sud du pays), estime que le co\u00fbt pour l\u2019exploitation est \u00e9lev\u00e9 (environ 1.300 dollars) pour un hectare de riziculture, se plaignant en particulier des frais exorbitants de main-d\u2019\u0153uvre, de carburant et de transport.  Maayouf se dit \u00e9galement pr\u00e9occup\u00e9 par les al\u00e9as climatiques et les pr\u00e9dateurs. Il se plaint notamment des typhas (plantes envahissantes) qui bloquent les canaux d\u2019irrigation. Il indique qu\u2019avec une bonne protection contre les granivores (oiseaux et rats) et les typhas, son rendement peut atteindre quatre tonnes \u00e0 l\u2019hectare de riz. Ce seuil, dit-il, \u00abme permet juste de r\u00e9cup\u00e9rer mes d\u00e9penses\u00bb, ajoutant que c\u2019est au-del\u00e0 de quatre tonnes que son activit\u00e9 pourrait g\u00e9n\u00e9rer de b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<p> Rabia Mint Zeidane, une dipl\u00f4m\u00e9e en sciences \u00e9conomiques au ch\u00f4mage, g\u00e8re son p\u00e9rim\u00e8tre de 10 hectares non loin de Rosso, qu\u2019elle exploite depuis mai 2011. Elle se dit d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 \u00abr\u00e9ussir dans ce domaine traditionnellement r\u00e9serv\u00e9 aux hommes\u00bb. Sous le soleil et loin de la famille et des amis, elle passe la journ\u00e9e avec ses deux ouvriers, occup\u00e9s \u00e0 curer les canaux d\u2019irrigation pour faciliter la mise en eau des terres de riziculture.  Mint Zeidane a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS que, comme ses coll\u00e8gues, elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une formation agricole initiale, obtenu un lopin de terre am\u00e9nag\u00e9, une subvention de 1.430 dollars environ et deux vaches laiti\u00e8res.  Salem Merrakchi, l\u2019ing\u00e9nieur agronome qui supervise la culture du bl\u00e9, affirme que de bons r\u00e9sultats sont attendus pour les p\u00e9rim\u00e8tres ayant respect\u00e9 les proc\u00e9d\u00e9s techniques. Il d\u00e9clare s\u2019attendre \u00e0 une production de plus de 3.840 tonnes de bl\u00e9 sur 1.882 hectares, mais souligne que certaines r\u00e9gions se sont av\u00e9r\u00e9es inappropri\u00e9es pour cette sp\u00e9culation.  \u00abCertaines difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la m\u00e9connaissance du bl\u00e9, \u00e0 la divagation des animaux, au retard dans la pr\u00e9paration des p\u00e9rim\u00e8tres et \u00e0 l\u2019absence d\u2019herbicides s\u00e9lectifs sur le march\u00e9 mauritanien, entravent cette exp\u00e9rience\u00bb, explique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Niang Samba Demba, pr\u00e9sident du Groupement des coop\u00e9ratives du p\u00e9rim\u00e8tre pilote du Gorgol 2, d\u00e9clare que la culture irrigu\u00e9e n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 bien pr\u00e9par\u00e9e et que beaucoup de paysans l\u2019avaient abandonn\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990 \u00e0 cause des pertes li\u00e9es aux pr\u00e9dateurs, \u00e0 la faiblesse des techniques de d\u00e9corticage du riz et aux al\u00e9as climatiques qui d\u00e9truisent les champs. Et les agriculteurs restaient endett\u00e9s aupr\u00e8s du Cr\u00e9dit agricole, ce qui les rendait in\u00e9ligibles pour tout nouveau pr\u00eat.  Demba ajoute: \u00abCette fois, nous n\u2019avons pas droit \u00e0 l\u2019\u00e9chec, les moyens sont disponibles et il y a la volont\u00e9 au plus haut niveau. C\u2019est une question de survie et d\u2019ind\u00e9pendance c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re\u00bb. Les paysans ont maintenant l\u2019eau, les tracteurs, les moissonneuses batteuses, les semences am\u00e9lior\u00e9es, les engrais de bonne qualit\u00e9 et l\u2019encadrement technique.<\/p>\n<p> Toutefois, Daouda N\u2019Diaye, qui exploite un p\u00e9rim\u00e8tre \u00e0 Bogh\u00e9, d\u00e9plore le nombre limit\u00e9 de tracteurs pour le labour et plaide pour trois saisons agricoles: une saison hivernale (pendant les pluies), une contre-saison chaude, et une contre-saison froide.<\/p>\n<p> Pour sa part, Alioune Awbek, un paysan du Trarza, demande la r\u00e9activation du Fonds des catastrophes pour soutenir les producteurs qui s&#39;exposent aux al\u00e9as naturels en pleine campagne.  Bettar Ould El Bou, directeur du Cr\u00e9dit agricole, indique que son institution a accord\u00e9, pendant dix ans, plus de 43,3 millions de dollars de pr\u00eats. Mais non seulement une bonne partie des pr\u00eats n\u2019est pas investie dans l\u2019agriculture, mais encore \u00e0 peine 30 pour cent sont rembours\u00e9s au cr\u00e9dit agricole. L\u2019institution a effectu\u00e9 une r\u00e9forme pour mieux surveiller l\u2019usage r\u00e9el des pr\u00eats.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NOUAKCHOTT, 25 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le gouvernement de la Mauritanie s\u2019oriente, pour la premi\u00e8re fois, vers de nouvelles approches agricoles, notamment l\u2019insertion des dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs dans la culture irrigu\u00e9e et l\u2019introduction de la culture du bl\u00e9 pour lutter contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2011\/08\/25\/mauritanie-des-efforts-encore-pour-lagriculture-irriguee\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":874,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,37,11,6,1,20,29],"tags":[],"class_list":["post-5694","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-afrique-cultiver-le-futur","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-travail","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5694","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/874"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5694"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5694\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5694"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5694"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5694"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}